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Plusieurs Etats arabes (dont le Maroc) sur la réserve au sommet arabe de la Mecque

Le roi Mohammed VI n’a pas adressé de message au sommet arabe de la Mecque. Une réunion consacrée exclusivement à l’Iran et aux Houthies au Yémen, reléguant ainsi la question palestinienne au second plan.

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Les dirigeants arabes posent pour une photo de famille avant le sommet de la Ligue arabe à la Mecque en Arabie saoudite le 31 mai 2019 / Ph. Bandar Aldandani - AFP
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La Mecque a accueilli, hier, un sommet extraordinaire de la Ligue arabe. L’événement s’est avéré très court avec seulement quelques interventions, un repas du «Sehour» et la lecture de la déclaration finale. De nombreux participants n’ont pas eu l’occasion ou voulu prendre la parole, c’est le cas notamment des représentants du Maroc, de l’Algérie, du Qatar et de la Libye.

Au niveau maghrébin, Béji Caïd Essebsi et Mohamed Ould Abdel Aziz ont prononcé deux discours devant leurs pairs. Le Tunisien était le premier intervenant en en sa qualité d’ancien président du dernier sommet ordinaire arabe, organisé le 31 mars à Tunis. Quant au Mauritanien, à deux mois de céder le pouvoir, il a saisi l'occasion pour réaffirmer sa proximité avec Riyad et Abou Dhabi.

Le conclave s’est conclu par une la lecture de la Déclaration de la Mecque. Une fois n’est pas coutume, le dossier palestinien a été relégué au second plan. Ce n’est que vers la fin du communiqué que deux lignes ont été réservées au conflit israélo-palestinien pourtant d'une actualité brûlante.

«En ce qui concerne la question palestinienne, la question arabe centrale, le sommet a affirmé son adhésion aux résolutions du sommet arabe 29, du "sommet d’Al Qods" (tenu en avril 2018 en Arabie saoudite, ndlr) et aux résolutions du 30e sommet arabe à Tunis».

Déclaration de la Mecque

L’Iran a éclipsé la Palestine

A l’exception de ce petit passage, la Déclaration a été consacrée exclusivement à l’Iran et ses alliés chiites au Yémen. Les chefs d’Etats arabes «condamnent les actions des milices terroristes houthies soutenues par l'Iran» accusées d’attaquer «deux stations de pompage de pétrole en Arabie saoudite et le sabotage commis sur des navires de commerce dans les eaux territoriales des Émirats arabes unis».

Ils «dénoncent et condamnent l'ingérence persistante de l'Iran dans les affaires intérieures du Royaume de Bahreïn», et se disent «solidaires» avec «les pays arabes qui font face aux ingérences iraniennes dans leurs affaires intérieures, directement ou indirectement, dans le but de déstabiliser leur sécurité et leur stabilité».

Cette unanimité de façade s’est immédiatement brisée lorsque l’Irak a exprimé son opposition à la «Déclaration de la Mecque», résolument anti-Iran. D'ailelurs, hormis les manifestations verbales de soutien à Riyad et à Abou Dhabi, les pays arabes ne se sont pas engagés à envoyer de troupes arabes pour contribuer à assurer la sécurité des installations pétrolières en Arabie saoudite et les eaux territoriales des Emirats arabes unis.

Enfin, il est lieu de signaler que la réunion de la Mecque a connu l’absence de certains chefs d’Etats importants de la région arabe. Outre celle du roi Mohammed VI, il est lieu de citer celles du président algérien par intérim, du chef du gouvernement d’union nationale en Libye, de l’émir du Qatar, du président libanais et du sultan d’Oman.

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