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Politique Publié

Pour Rabat et Washington, la reprise des tables rondes de Genève nécessite du temps

A quand l’organisation d’une troisième «table ronde de Genève» ? Si le Maroc demande d’abord que les choses se stabilisent en Algérie avant d’accepter de reprendre le chemin vers la ville suisse, les Etats-Unis estiment, eux aussi, qu’«il reste beaucoup de chemin à parcourir pour la reprise des pourparlers». 

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La délégation représentant le Maroc à la deuxième table ronde tenue les 21 et 22 mars 2019 près de Genève. / DR

Le 5 décembre 2018, est une date phare dans l’historique du conflit du Sahara occidental. Les Nations unies ont ainsi réuni, autour de la même table, de hauts représentants du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Polisario. L’ONU a ainsi fait mieux que lors des quatre rounds de négociations directes entre le royaume et le Front Polisario, à Manhasset, entre 2007 et 2008.

Le processus des tables rondes de Genève est alors né, avec une première réunion les 5 et 6 décembre 2018 puis une deuxième, les 21 et 22 mars 2019. Un succès attribué en son temps aux efforts personnels de l’ancien médiateur de l’ONU, Horst Köhler qui a toutefois bénéficié dans son entreprise d’un appui considérable de John Bolton, l’ex-conseiller de la Maison blanche à la sécurité.

Depuis presque neuf mois, ce nouveau cadre de pourparlers est en rade. En cause, la démission surprise, en mai dernier, de Köhler pour des «raisons de santé», et le retard dans la désignation de son successeur.

Reprise des pourparlers, Rabat et Washington ont des positions similaires  

Cet arrêt devrait se poursuivre encore pour quelques mois supplémentaires voire même plus. Selon nos sources, le Maroc ne se montre guère enthousiaste à reprendre le fil du dialogue tant que la situation politique en Algérie, qu’il considère comme le véritable protagoniste dans le conflit, ne s’est pas stabilisée. 

Les Algériens sont, en effet, appelés aux urnes le 12 décembre, pour élire un nouveau président. Une étape qui devrait être suivie par la nomination d’un nouveau gouvernement, à moins que les marches du Hirak, lancées depuis le 22 février, n’ordonnent de rebattre les cartes.

Rabat est, par ailleurs, assuré que le contexte international est en sa faveur, car l’administration Trump montre des signes de bienveillance à son égard. En témoigne, les déclarations d’un haut responsable au Département d’Etat à l’occasion d’un point de presse, tenu le 27 novembre à Washington.

«Evidemment, le Sahara occidental est une question prioritaire pour les Marocains et nous sommes engagés avec les Nations unies dans le but de faire avancer vers une solution politique», a-t-il déclaré. Et d’ajouter que la politique américaine «n’a pas changé : Nous considérons le plan d’autonomie du Maroc comme sérieux, réaliste et crédible».

Ce haut responsable a aussi annoncé que «la nomination d’un nouvel envoyé est proche». Néanmoins, il a précisé qu’«il reste beaucoup de chemin à parcourir pour la reprise des pourparlers». Une position qui, au grand dam du Polisario, se rapproche de celle défendue par le Maroc.

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