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Religion Publié

Inde : Près de deux millions de musulmans déchus de leur nationalité

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En 2018, des membres du Parlement ont tenu un rassemblement contre un projet de loi accusé de viser les musulmans du pays / Ph. Prakash Singh (AFP)

A la suite d’un recensement de la population de l’Etat de l’Assam (Inde) qui compte 33 millions d’habitants, la Cour suprême a publié, samedi, la nouvelle liste des citoyens (National Register of Citizens). Celle-ci apprend que 1,9 million d’habitants, la plupart musulmans, seront déchus de leur citoyenneté, devenant ainsi des apatrides. En effet, le journal Le Monde souligne que les personnes ne figurant pas sur le registre actualisé sont désormais considérés comme «étrangers illégaux».

Le média français rappelle qu’en juillet 2018, une version provisoire de la liste a exclu quatre millions de citoyens. «Ils avaient jusqu’au 31 décembre 2018 pour faire appel et tenter de fournir des pièces supplémentaires, attestant de leur nationalité indienne ; la moitié a pu être réintégrée», explique la même source. Dans cet Etat frontalier au Bangladesh, la publication du registre définitif intervient trois semaines après la révocation de l’autonomie du Cachemire.

Selon Le Monde, ce recensement a commencé il y a quatre ans, sous le premier mandat du chef du gouvernement Narendra Modi, qui n’est cependant pas à l’origine de l’initiative. En effet, c’est la Cour suprême, qui a «exigé en 2015 la mise en œuvre du recensement, une décision ancienne (1985) qui n’avait jamais été appliquée», souligne le journal, ajoutant par ailleurs que ce sont les partisans de Modi qui ont «agi au plan local pour le mettre en œuvre et nommer les magistrats» chargé de ce projet.

Ce dernier a provoqué l’ire de l’opposition depuis 2016, avec la multiplication d’accusations au gouvernement de «jouer sur les divisions entre les communautés» et même des inquiétudes sur un «bain de sang» qui pourrait être provoqué par la publication de la liste définitive qui relègue les citoyens musulmans en Indiens de seconde zone.

En dépit de cette contestation, Amit Shah qui est actuellement ministre de l’Intérieur met en œuvre ce qui précédemment fait partie de ses promesses électorales. Par ailleurs président du Bharatiya Janata Party dont Modi est issu, il a en effet promis en avril dernier d’«éliminer tous les infiltrés du pays à l’exception des bouddhistes, des hindous et des sikhs».

Réagissant à ce qui a été relayé par la presse internationale à ce sujet, la diplomatie du pays indique que ces derniers reprennent des faits «non conformes à la réalité».

Par le biais de l'ambassade d'Inde au Maroc, les représentations diplomatiques du pays indiquent ainsi que «le gouvernement indien a signé l'accord d'Assam en 1985 avec la promesse de veiller aux intérêts des citoyens de cet Etat» et que «la Cour suprême de l'Inde a chargé le gouvernement de respecter l'engagement pris en 2013. Cela a conduit à la mise à jour du Registre national des citoyens d'Assam en 2015».

Par ailleurs, la diplomatie indienne précise que «ce n'est pas un processus dirigé par l'exécutif, mais supervisé directement par la Cour suprême avec laquelle l'exécutif agit conformément aux directives de celle-ci».

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