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Politique Publié

Le Polisario participera à la 7e édition de la TICAD, quid du Maroc ?

Pour annoncer sa détermination à prendre part au prochain sommet de la TICAD, le Polisario a pris part cette semaine à une réunion préparatoire à Addis-Abeba. Le Maroc, ayant protesté à deux reprises contre la présence du Front à ce rendez-vous, claquera-t-il la porte encore une fois ?

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Image d'illustration. / DR

Lundi et mardi, l’Union africaine (UA) et le gouvernement japonais ont organisé des réunions de préparation au 7ème sommet de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD). Une rencontre ayant réuni de «hauts fonctionnaires, dont des ambassadeurs» de pays africains à la veille du sommet prévu du 28 au 30 août 2019 à Yokohama, rapporte l’agence de presse zambienne Mwebantu.

Ce rendez-vous est prisé par le Front Polisario. Ainsi, une délégation du mouvement de Brahim Ghali n’a pas manqué à l’appel lancé par l’UA. En début de semaine, son représentant en Ethiopie et auprès de l’organisation continentale, Lamen Abaali, épaulé par «l’attaché culturel» du Polisario à Addis-Abeba, Ouidadi Salek, auraient assisté à la rencontre, comme le rapporte l’agence de presse du Polisario. Une présence qui «réitère le droit des Sahraouis à la participation de toutes les conférences et sommets sous les auspices de l’UA», ajoute l’agence du Polisario.

La participation du mouvement de Brahim Ghali aux préparatifs de ce sommet traduit la détermination du Front à prendre part, encore une fois, au prochain rendez-vous prévu au Japon. Reste à savoir si le Maroc prendra aussi part la 7e édition de la TICAD sans claquer la porte, comme ce fut le cas en octobre dernier.

Le Japon entre le marteau et l’enclume à cause du Polisario

En effet, lors d’une réunion ministérielle de préparation à ce même sommet, accueillie par le Japon du 5 au 7 octobre, la délégation marocaine s’était retirée de la salle à cause de la présence d’une délégation du Polisario et l’incapacité de Tokyo à tenir ses engagements à deux reprises. 

En visite au Maroc en décembre 2018, le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Kono a assuré que le Japon ne reconnaissait pas la pseudo «RASD». Pour lui, la présence du Polisario «ne signifie en aucun cas que le Japon reconnaît, implicitement ou explicitement», ce groupe comme un Etat. Et de souligner la nécessité de préserver les relations maroco-japonaises contre «tout élément susceptible d'affaiblir les bases sur lesquelles elles reposent».

Le pays du soleil levant s’est retrouvé entre l’enclume de l’Union africaine et le marteau du Maroc à deux reprises suite à cette affaire. Avant l’incident d’octobre 2018 avec la délégation marocaine conduite par Mohcine Jazouli, un autre incident avait eu lieu lors du 6ème Sommet de la TICAD organisé au Mozambique en août 2017. La délégation marocaine, conduite par Nasser Bourita et qui venait tout juste de protester contre la présence des éléments du Polisario, avait alors été empêchée d’accéder à la salle de la réunion ministérielle.

Le lendemain de cet incident et lors d’un tête-à-tête entre le chef de la diplomatie marocaine et son homologue japonais, Kono Taro avait exprimé son vif regret et sa «stupéfaction que les autorités du Mozambique aient contourné les procédures d’accès pour faire introduire les membres non invités du Polisario par une porte dérobée». Il avait rappelé «la position du Japon de ne pas inviter [le Polisario] aux travaux du processus de la TICAD». Une position qui se heurte à l’insistance de certains pays africains et à leurs soutiens inconditionnels aux partisans de Brahim Ghali.

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