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Politique Publié

Le Hirak en Algérie a-t-il impacté négativement la machine du Polisario ?

Le Hirak en Algérie a-t-il impacté négativement la machine du Polisario ? M’Hamed Khadad, son coordinateur avec la MINURSO, répond par la négative. Néanmoins et par rapport aux années précédentes, le mouvement de Brahim Ghali a notamment réduit ses activités en Europe et aux Etats-Unis.

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Plusieurs cortèges, dans lesquels des drapeaux algériens étaient visibles, se sont formés le 23 février 2019 à la mi-journée à Alger. / Ph. Farouk Batiche DPA / dpa Picture-Alliance / AFP

Plus que quelques jours avant l’adoption par le Conseil de sécurité d’une nouvelle résolution sur le Sahara occidental. Cette année, le Polisario a rompu avec une tradition bien établie. Force est de constater que sa mobilisation sur la scène internationale pour l’échéance d’avril s’est révélée faible.

Les traditionnelles tournées de M’Hamed Khadad dans certaines capitales européennes se sont nettement réduites, se résumant à l’étape russe. Le 11 avril, le coordinateur du Front avec la MINURSO a d’ailleurs été reçu par le représentant spécial du président russe pour le Proche-Orient et l’Afrique, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

Durant la même période en 2018, Khadad s’était déplacé au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, où il s’était entretenu avec des diplomates des deux pays européens. Sans compter l’escale suédoise, un rendez-vous fixe sur l’agenda du responsable sahraoui.

Oubliée la conférence intitulée «Le Droit des peuples à la résistance : le cas du peuple sahraoui»

Aux Etats-Unis, le Polisario et ses lobbys n’ont guère brillé. Révolu le temps où la Commission des droits de l’Homme au Congrès américain examinait la situation au Sahara occidental, avec comme invités Aminatou Haidar ou Eric Goldstein, de Human Rights Watch. En 2019, c’est Washington qui a tendu la main au Polisario en envoyant début mars une diplomate de son ambassade à Rabat pour rencontrer la présidente de la CODESA.

Par ailleurs, à Alger, la 7e édition de la conférence internationale intitulée «Le droit des peuples à la résistance : le cas du peuple sahraoui» a été reportée en silence à une date ultérieure. Les précédentes sessions, organisées annuellement début avril dans la capitale algérienne, connaissaient la participation de hauts responsables du Polisario. L’année dernière, Brahim Ghali y avait été présent.

A ces observations, il y a lieu de noter que l’échéance d’avril 2019 n’a pas poussé les partisans du Polisario à descendre à Laayoune ou Dakhla. Le 20 avril, une marche annoncée avec des drapeaux du Front dans la capitale de la province n’a pas été organisée. Ses promoteurs voulaient répondre au grand meeting de l’Istiqlal.

Hier à Laayoune, un sit-in devant réclamer un référendum d’autodétermination a subi le même sort. La police était présente mais les manifestants ont préféré rester chez eux. Leur dernière action, à laquelle Aminatou Haidar avait pris part, remonte au 29 mars.

Cette faible mobilisation observée du Polisario serait-elle la conséquence du Hirak en Algérie ? Pour M’Hamed Khadad, l’instabilité politique que connaît le parrain algérien «n’a aucune incidence sur la position de ce pays», a-t-il affirmé dans des déclarations à l’agence Sputnik.

Cependant, la direction du Front et ses relais au Sahara et en Europe ont montré un certain dynamisme lors de l’examen, par le Parlement européen, des accords de pêche et agricole intégrant le Sahara occidental avec le Maroc. Et cela bien avant le 22 février, date de la première marche de contestation en Algérie.

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