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Saints de Marrakech #3: Abou Al Abbes Sebti ou l’âme qui veille sur les plus démunis

«Quand tombe le soir, l’âme de Sidi Belabbes monte au sommet de la Koutoubia et ne redescend que lorsque tous les pauvres aveugles de cette ville, où abondent les mendiants, les infirmes et les lépreux, sont nourris et couchés», raconte la légende. C’est dire combien Abou Al Abbes Sebti, le plus célèbre des Sept saints de Marrakech, a été connu pour son engagement pour les personnes les plus démunies.

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Image d'illustration. / Ph. Etienne Dinet
Temps de lecture: 4'

Avant de devenir l’un des Sept Saints de Marrakech, Abou Al Abbes Sebti était un orphelin qui, fuyant l’atelier de tissus où il exerçait en tant qu’apprenti, a rejoint le cercle du maître Mohammed Abou Abdellah Al Fakhar, disciple et ami du célèbre Cadi Ayyad, afin d’apprendre les sciences. Il deviendra par la suite l’un des érudits et des soufis les plus célèbres de son époque. Sa vie, son parcours, ses prêches et sa réputation feront de lui l’un des plus fervents avocats des personnes pauvres, des personnes atteintes de cécité ou de la lèpre.

Abou Al Abbes Ahmed Ben Jaafar Al Khazradji Es-Sebti est né à Ceuta en 524 de l’hégire, correspondant à l'année 1129. A cette époque, cette ville marocaine est la destination prisée des oulémas, érudits et des étudiants du monde entier. D’un apprenti auprès d'un tisserand, Abou Al Abbes devient l’élève de Mohammed Al Fakhar et apprend le Coran, les hadiths, les sciences et les mathématiques.

Un Sebti à Marrakech aux premières années du règne des Almohades

Dès son jeune âge, l’érudit est un amoureux de la médiation, notamment quant au verset «Certes, Dieu vous ordonne la justice et les bonnes actions» et conclut donc que la justice commandait de «partager en deux tout ce qui lui écherrait».

On attribue notamment une des anecdotes à Al Fakhar et son élève Abou Al Abbes, comme le rapporte Henry de La Croix, comte de Castries dans «Les Sept patrons de Marrakech» (Editions inconnues, 1924).

«Le maître, selon un récit bien connu, remit un jour une volaille à chacun de ses élèves en leur disant de l’égorger dans un endroit où personne ne pourrait les voir. Tous revinrent avec la poule morte sauf Abou Al Abbes, qui n’avait pu trouver un endroit où Dieu ne le vît point.»

Extrait de «Les Sept patrons de Marrakech»

Après ses études à Ceuta, Abou Al Abbes demande à son cheikh la permission de se rendre à Marrakech. Il part à pied avec un compagnon, «voyageant le jour, priant le soir, couchant dans les mosquées de villages, nourris par les habitants et manifestant déjà des dons de clairvoyance», raconte Henry de La Croix.

La zaouia de Sidi Bel Abbes à Marrakech. / DRLa zaouia de Sidi Bel Abbes à Marrakech. / DR

«Lorsque j’avais 20 ans, je m’étais dirigé à Marrakech pour résider dans la petite montagne de Guiliz alors que la ville était assiégée par les Almohades», avait confié l’érudit, cité par Ahmed Taoufik, le ministre des Habous et des affaires islamiques dans un épisode des Dourouss Hassaniya en 2015.

Un prêcheur de la solidarité entre pauvres et riches

Arrivé à Marrakech en 1146, l’érudit passe quarante ans dans sa demeure située loin des murailles de la ville. «A Koudiat El Abid, près de l’ancien cimetière et d’un fort moderne, j’ai visité la grotte de Sidi Bel Abbes, la Khaloua, où l’on descend par un escalier de roches brutes, et où les femmes viennent répandre du henné, allumer des bougies et des lampes, faire brûler des parfums», raconte l’auteur de «Les Sept patrons de Marrakech».

Mais plusieurs versions existent quant aux raisons pour lesquelles Abou Al Abbes va enfin décider de descendre de la montagne de Guiliz pour s’installer à Marrakech. La plus connue d’entre elles serait qu’Abou Youssef Yaacoub Al Mansour lui rendra visite dans sa demeure pour l’inviter à s’installer dans la ville.

La zaouia de Sidi Belabbes à Marrakech. / Ph. DRLa zaouia de Sidi Belabbes à Marrakech. / Ph. DR

«Il lui donna un traitement pour enseigner le calcul et la grammaire, une maison et une école en habous, au fondouk (hôtel) Moqbil, sis quartier d’Agadir», raconte-t-on de même source.

«C’est depuis ce jour que les habitants de Marrakech s’habituèrent à voir circuler dans leurs rues un curieux personnage à la fois goguenard et bon enfant, éloquent, bienveillant, serviable et bourru, vêtu en général convenablement, ou d’un simple pantalon de laine, parfois un bâton ou un fouet à la main, pour frapper ceux qui ne faisaient pas la prière, psalmodiant le Coran, s’essayant pour bavarder avec les passants et les boutiquiers, plaisantant, engageant à faire l’aumône (…)»

Extrait de «Les Sept patrons de Marrakech»

Un érudit engagé pour les pauvres 

On raconte notamment comment l’érudit, pour lequel «l’avarice était au cœur des malheurs», errait dans les rues de la ville pour inciter les gens à donner des aumônes. Il n’hésitait pas à partager tout ce dont il disposait avec les pauvres. Dans son ouvrage «Attachaouf», Ibn Ziyat Ettadli racontait comme ce personnage liait toutes les affaires à l’importance de la bienfaisance. «Il avait même défini trois phases : le partage des biens, la bienfaisance et le remerciement du tout puissant pour sa bénédiction», avait-il écrit. D’ailleurs, c’est à Abou Al Abbes qu’on attribue le concept de Abbassia qui consiste à «offrir ses premières marchandises vendues de la journée aux plus démunis».

La légende raconte aussi que «quand tombe le soir, dit-on à Marrakech, l’âme de Sidi Belabbes (prononciation courante de Abou Al Abbes) monte au sommet de la Koutoubia et ne redescend que lorsque tous les pauvres aveugles de cette ville, où abondent les mendiants, les infirmes et les lépreux, sont nourris et couchés».

La mosquée de Sidi Belabbes à Marrakech. / Ph. DRLa mosquée de Sidi Belabbes à Marrakech. / Ph. DR

Et la réputation d’Abou Al Abbes n’a fait que s’accroître après sa mort à Marrakech en 1204. D’un petit mausolée érigé par les Almohades, le sultan saadien Abou Faris fera construire une mosquée adjacente au mausolée primitif en 1603 avant que le sultan alaouite Moulay Ismail ne bâtisse, en 1720, une majestueuse coupole au mausolée. Même Hassan II entreprendra, en 1998, des travaux pour la réfection du sanctuaire. Ce dernier est même, jusqu’à aujourd’hui, le symbole de la solidarité des Marrakchis et des Marocains, visité surtout les mercredis par les personnes nécessiteuses et les généreuses.

abou_selsebil
Date : le 03 octobre 2022 à 07h14
Wa alaykoum asalam wa rahmatullah. Non la critique (ma critique) est dirigée vers l’auteur de cet acte odieux et qui n’est autre que l’auteur de ce vilain article. Quant aux gouverneurs musulmans nous leur devons écoute et obéissance (dans l’obéissance à الله) et avons envers eux un devoir de bon conseil (en secret et non pas en public). Surtout qu’au Maroc on remercie الله ils n’ont jamais empêché personne, surtout sous le règne de l’émir des croyants Muhammad 6, d’appeler au Tawhid et de dénoncer le shirk (l’associationnisme), mais malheureusement le laxisme vient de toute cette immense majorité de prêcheurs qui n’ont de regard que dans leur compte bancaire et dans la main des fidèles ignorants auprès desquels tu les trouves tels des croque-morts lors des funérailles des leurs venant réciter Sourate Yacin ou autres sourates et versets ayant été révélés pour être lus au sein et éveiller les consciences des vivants et non pas des morts! Qu’الله nous guide et permette de réformer de la meilleure des manières.
The Ceo
Date : le 02 octobre 2022 à 10h47
Salam alikoum cette critique est envers l’Etat marocain et non envers les marocains hormis à ceux qui y adhèrent qui soient marocaine ou non. Au Maroc , trop de choses grave ont été laissé passe qui sont resté impunies jusqu’à ce jour.Revenir en arrière ça va être dur.
Citation
abou_selsebil à écrit:
Ce Yassine Benargane appelle à la religion des polythéistes antéislamiques tranquillement sans que personne dans la rédaction de ce journal sensé être musulman ne lui dise quoi que ce soit! Eh ben dis donc y’a du boulot
Foulene 78
Date : le 02 octobre 2022 à 10h15
Le shirk (l'association) http://www.3ilmchar3i.net/2017/08/le-shirk-l-assiociationnisme-audio-dossier.html Comprendre le shirk http://alghourabaa.com/index.php/at-tawhid/comprendre-le-shirk/25-le-polytheisme-ash-shirk-definitions-et-varietes
Foulene 78
Date : le 02 octobre 2022 à 10h09
D'après Houdheyfa Ibn Al Yaman (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Je jure par Celui qui détient mon âme dans Sa main ! Vous allez certes ordonner le bien et interdire le mal ou sinon Allah va vous envoyer un châtiment venu de Lui puis vous L'invoquerez mais Il ne vous exaucera pas ». (Rapporté par Ahmed et authentifié par Cheikh El-Albani dans Sahih Al Jami n°7070) عن حذيفة بن اليمان رضي الله عنه قال رسول الله صلّى الله عليه و سلّم : و الذي نفسي بيده ! لتأمُرَنَّ بالمعروف و لَتَنْهَوُنَّ عن المنكر أو ليُوشِكَنَّ الله أن يبعث عليكم عقابًا من عنده ثم لتدعنه فلا يستجيب لكم (رواه أحمد و حسنه الشيخ الألباني في صحيح الجامع رقم ٧٠٧٠)
abou_selsebil
Date : le 02 octobre 2022 à 08h04
Ce Yassine Benargane appelle à la religion des polythéistes antéislamiques tranquillement sans que personne dans la rédaction de ce journal sensé être musulman ne lui dise quoi que ce soit! Eh ben dis donc y’a du boulot
Dernière modification le 03/10/2022 07:14
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