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Société Publié

Les MRE de Tadla et Azilal n’ont pas enrichi leur région

Moins de la moitié des MRE de l’ex région Tadla-Azilal, premier foyer d’émigration du pays dans les années 2000, envoient de l’argent à leur famille, révèle le HCP. En dépit de ces transferts - ou en raison de leur faiblesse ? -, le taux de pauvreté de la province de Béni Mellal s’est à peine réduit, tandis que celui d'Azilal est le pire de tout le pays.

 

Photo d'illustration. / DR

«Seuls 43% des émigrés âgés de 30 à 39 ans, originaires de la région de Tadla Azilal, effectuent des transferts d’argent», révèle le Haut Commissariat au Plan (HCP) dans un extrait de l’enquête «Migration internationale au Maroc : Cas de la région de Tadla-Azilal», élaborée l’an dernier et rendue publique le 10 août dernier.

Dans les années 2000, celle-ci connaissait la plus forte émigration de tout le pays (voir carte). Aujourd’hui, «les montants transmis vers [les familles] sont relativement modestes. Seuls 20% d’entre elles ont reçu plus de 4 000 dirhams par an», précisent les auteurs de l’enquête.

Provenance des Marocains irréguliers arrêtés en Espagne au printemps 2001. / Source : El País du 2 octobre 2001 - A. Belguendouz. Réalisation cartographique : C. Arab, 2006.Provenance des Marocains irréguliers arrêtés en Espagne au printemps 2001. / Source : El País du 2 octobre 2001 - A. Belguendouz. Réalisation cartographique : C. Arab, 2006.

Des dépenses indirectement productives

Ces fonds -relativement modestes- envoyés par les MRE originaires de la région sont d’abord utilisés par les familles pour leur consommation courante et les frais médicaux. 6% des émigrants actuellement à l’étranger ont également fait des investissements, dont 71% au Maroc. Une proportion exceptionnellement faible : si la part des MRE à investir au Maroc à tendance à se réduire du fait de leur attachement progressif à leur pays d’accueil, elle était tout de même de 53% en 2005.

Comme ailleurs, les investissements des MRE de Tadla Azilal se font d’abord dans la pierre, de sorte que «les dépenses qui pourraient stimuler le développement économique de la région, telles que l’épargne (1,7%), le démarrage d’une entreprise (0,2%) ne représentent qu’une faible part. C’est le cas également de dépenses indirectement productives telles que les frais de scolarité (0,2%)», regrette le HCP.

Avec de faibles niveaux de transferts et des investissements productifs très marginaux, l’émigration a-t-elle permis à la région de Tadla-Azilal de se développer ? Ce questionnement reste aujourd’hui le leitmotiv de l’action publique marocaine à destination des MRE : trouver la bonne méthode pour que l’émigration profite au développement du pays et en particulier aux régions pauvres, où elle prend origine.

Des taux de pauvreté inquiétants

Le HCP, en livrant en juin la carte détaillée de la pauvreté basée sur le recensement général de la population de 2014, apporte une première réponse alarmante. A Béni Mellal, ville d’origine de la grande majorité des émigrés marocains irréguliers parvenus en Espagne en 2001, la situation s'est à peine améliorée. Le taux de pauvreté y était de 6,6%, contre 6% sept ans plus tard. Dans la province d’Azilal, il s’est même aggravé ces dix dernières années.

En 2007, date à laquelle le HCP réalisait la première carte de la pauvreté au Maroc, région par région, province par province, ville par ville, le taux de pauvreté dans la province d’Azilal était de 14,2% - l’un des plus fort du pays. Il plaçait cependant Azilal derrière Boulemane, Chichaoua, Errachidia, Essaouira, Fahs-Anjra, Jerada, Kenitra, Ouarzazate, Safi, Sidi Kacem, Taourirt, Tata, Zagora et Moulay Yacoub, où le taux de pauvreté était bien supérieur encore.

Sept ans plus tard, en 2014, les calculs du HCP montrent que le taux de pauvreté d’Azilal atteint aujourd’hui 20,7%, soit une hausse de 45,8%. La province d’Azilal est à présent la province la plus pauvre de tout le Maroc, devant Tinghir et Errachidia, qui atteignent également un taux de 20%.

A titre de comparaison, la province d’Al Hoceima, sujette comme Azilal à un vaste mouvement d’émigration et agitée actuellement par le Hirak, qui dénonce l’abandon voire l’exclusion de la région par les pouvoirs publics, souffrait d’un taux de pauvreté de 6,9% en 2007, contre 2,2% en 2014.

3 commentaires
belmamoun
Date : le 12 août 2017 à 23h51
Ils n'attendent que les MRE pour développer le pays! Bizarre. Et les impôts alors ? Est ce que celui qui doit payer les impôts , les payent réellement ? Et la corruption ? Et le train de vie des ministres et des députés ? Les moyens de notre pays sont limités ( ni Gaz ni Pétrole ). Donc il faut une politique et une justice drastique. Celui qui doit quelque chose à l'Etat et au centime près, doit le cracher quelque soit son statut. Sinon, nous resterons à la traîne ...et dans peu de temps vous ne pouvez plus compter sur les MRE puisqu'on arrive déjà à la 3e voir 4è génération qui a d'autres préoccupation ...
youssef1851
Date : le 12 août 2017 à 23h07
Merci , clapfinal , vous avez tout dit , t"bark llah alyk, akhi galek,attendre le MRE , et que fait le dèputè, ?? amasser les milliards,comme celui de HAD SOUALEM 17 milliards de centimes cachès chez lui...
clapfinal
Date : le 12 août 2017 à 18h50
Attendre des MRE d'enrichir ou de subvenir aux besoins de leurs familles est tout simplement un aveu de faiblesse et d'inefficacité des politiques menées par les gouvernements successifs. En effet si la région de Beni mellal souffrait d'une grande pauvreté obligeant ses enfants à aller travailler ailleurs, les pouvoirs publics et tous les ministres qui se sont succédés n'ont rien fait pour arranger cela. Sinon à quoi sert il de payer grassement des personnes ministres, représentants....si c'est aux MRE de rendre moins dure la vie de leurs concitoyens. Le dernier discours du roi est d'une grande pertinence car il a dit exactement ce qui se passe dans les bureaux et les couloirs des services publics: RIEN, il ne s'y passe rien. Trés peu sont ceux qui travaillent, tous les autres s'occupent de leurs propres affaires, cherchent tous les moyens pou s'enrichir en dénigrant et humiliant le citoyen qui les paie avec ses impôts. Ils oublient qu'ils sontlà pour le citoyen, pour répondre à ses besoins et améliorer son quotidien. Ce ne sont pas les MRE qui sont responsables de l'éducation, de la santé, du travail, de la protection et de la quiétude des citoyens. Quel bilan peuvent présenter les différents dirigeants passés et dans tous les domaines économiques du pays: AUCUN. C'est grâce aux initiatives royales et aux plans de restructuration et d'aménagement du territoire pilotés par le palais que le Maroc a connu une avancée. D'ailleurs même les plans inaugurés par le Roi n'ont pas échappé à l'incompétence et à tricherie des dirigeants politiques, locaux et régionaux. Les MRE ont montré et montrent leur attachement à leur pays le Maroc par les énormes transferts qu'ils effectuent et qui représentent souvent la première ou la deuxième source de devises pour le pays, devançant d'ailleurs souvent le tourisme qui, soit dit en passant, est très très mal exploité car souvent livré à des personnes qui n'ont aucune idée sur le vrai tourisme. Le citoyen Marocain voit, impuissant et désabusé comment les ressources du pays sont dilapidées: des voitures de fonction, des maisons de fonctions, des voyages privés et non privés, etc...payés par les deniers publics, pendant ce temps, le marocain lambda peine à nourrir et à faire vivre dignement ses enfants. Conclusion: C'est aux dirigeants payés grassement de trouver les solutions pour améliorer le quotidien des Marocains. Les MRE aident leurs familles mais ne sont pas responsables de leur situation sociale.
Dernière modification le 12/08/2017 16:05
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