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Religion Publié

Hassan Kettani attaque Abou Hafs sur son appel à revoir l’héritage en islam

La révision des lois de l’héritage semble recueillir de plus en plus de soutien. Après les propos de Mohamed Sebbar, secrétaire général du CNDH, Abdelouahab Rafiki, alias Abou Hafs, est monté au créneau pour défendre ce que le Conseil supérieur des oulémas avait pourtant refusé il y a huit ans. Détails.

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Abdelouahab Rafiki alias Abou Hafs / DR

L’ancien détenu pour terrorisme, Abdelouahab Rafiki, est la cible de virulentes attaques de la part de son ex-compagnon de cellule Hassan Kettani. Celui-ci n’a pas fait dans la dentelle pour dénoncer l’appel du premier à la révision des règles régissant l’héritage en islam.

Invité dimanche à l’émission «Confidences de presse» diffusée par la chaîne 2M, le cheikh salafiste a invité les spécialistes à ouvrir le débat sur cette question, affirmant qu’elle «n’est pas une ligne rouge».

Dans son plaidoyer, Rafiki a précisé que les «contextes sociétaux» à l’origine de la promulgation des répartitions entre hommes et femmes «ont changé». «La structure sociétale et les rôles sociaux de l’homme et de la femme à l’intérieur de la société a également changé», a défendu Abou Hafs comme le rapporte le site d'actualité de 2M.

Abolir le «Taâssib» provoque l’ire d’El Kettani

Cependant le salafiste, qui a rejoint les rangs de l’Istiqlal à la veille des législatives du 7 octobre, a tenu à rassurer certains milieux plus conservateurs que lui sur le délai nécessaire pour une révision des lois de succession.

«Je ne dis pas l’égalité entre homme et femme doit entrer en vigueur dès aujourd’hui. Je suis parfaitement conscient de la complexité de la question et qu’elle est loin d’être facile. En revanche, ce que je demande est de discuter le sujet.»

Et de poursuivre en appelant à l’abolition du «Taâssib» afin de permettre aux filles de bénéficier de la totalité du patrimoine de leurs parents décédés au cas où elles n'ont pas de frère. Dès 2008, les associations féministes avaient placé cette revendication au cœur de leur action mais s'étaient heurtées à une fin de non-recevoir de la part du Conseil supérieur des oulémas.

De toute évidence de tels propos allaient susciter la réaction des radicaux et Hassan El Kettani a été le premier à dégainer. Il n’a pas hésité à insulter son ancien «frère», le traitant de «raté» et de «safih» (aliéné). Rafiki n’a pas souhaité répondre à ses attaques, mais n'a pas exclu l’option de demander la protection des autorités. Moins offensif qu’El Kettani, un site salafiste basé à Marrakech a mis un gant de velours pour critiquer les opinions de Rafiki.

Le passage d’Abou Hafs sur 2M ne semble pas fortuit. Il intervient deux semaines seulement après les déclarations du secrétaire général du CNDH, lors d’une conférence organisée par la fondation Al Faqih Al Tétouani, appelant à réviser les lois sur l’héritage.

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