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Attentats de Paris : Les responsables musulmans craignent l'amalgame et les représailles

Les heures qui ont suivi les attentats de Paris n’ont pas échappé aux amalgames contre les musulmans de France, notamment avec des agressions racistes et des mosquées vandalisées. Même si des messages positifs à l’encontre des musulmans se multiplient peu à peu, les responsables de la communauté craignent que les dérives s’empirent. 

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Après les attentats de Paris, les responsables musulmans craignent l’amalgame et les représailles. « Hélas, il y a toujours, face à ces situations, une suspicion à l'encontre des musulmans. C'est injuste, mais nous avons intégré que ce soupçon existe…», a expliqué dimanche à « Sud-Ouest» Anouar Kbibech, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

«Ce phénomène va se renforcer»

Ce week-end en effet, les actes islamophobes en France se sont multipliés suite aux attentats. Dès samedi, la mosquée de Créteil avait été taguée d’une croix rouge sang, révélait le CFCM le même jour. A Aubagne (près de Marseille), les responsables ont retrouvé une tête de sanglier accrochée sur les grilles de la mosquée de la ville,  rapporte  Le Monde. Des inscriptions, du genre «France réveille-toi !»- relevant du discours d’extrême-droite, ont été découvertes sur les portes d’une salle de prière musulmane et d’une boucherie halal à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques). A Pontarlier (Franche-Comté), les murs de la mosquée ont été marqués de tags racistes et du jambon a été déposé devant le lieu de culte. A Evreux, des inscriptions du type «mort aux musulmans» ou «la valise ou le cercueil» ont été inscrits sur la façade de la mairie et «en différents endroits » de la ville.

De plus, un homme d’origine maghrébine a été pris à parti et tabassé samedi lors d’une manifestation d’extrême droite. Interrogé par 20 Minutes, le président de l’Observatoire contre l’islamophobie et secrétaire général du CFCM, Abdallah Zekri, s’est dit «persuadé que ce phénomène va se renforcer». «On souffre des amalgames. On n'avait pas besoin encore de ça ! L'islam n'est pas cela, et tout le monde le sait. […] L'islam et les musulmans sont innocents de ce qui se passe. L'islamophobie augmente en France et nous craignons le pire», confie à Europe 1 Salim Amara, président de l'Association des Musulmans de Rosny (Seine-Saint-Denis).

Union et solidarité, les mots d'ordre

A Marseille, un collectif de 11 mosquées appelle le peuple français «à ne pas se laisser tenter par le cycle infernal des amalgames et des représailles, qui serait la meilleure façon de cautionner les actions criminelles des assassins parisiens». Pour les responsables, ce tragique événement devrait d’avantage souder les Français quel que soit leur religion. « Aujourd’hui plus que jamais, la communion dans la prière et le refus des amalgames sont nécessaires», a estimé pour sa part le Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC).

D’après le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), les Français doivent «rester solidaires et unis», ce qui serait «la meilleure réponse que nous puissions apporter aux tentatives de division».

A Brest, cet élan de solidarité est déjà manifeste. Les responsables de la mosquée ont découvert dimanche une guirlande de cœurs déposée portant des messages tels «pas d’amalgame» ou «partage ton cœur». Sur Twitter, un musulman émeut en partageant le message qu’il a reçu de sa mère après les attentats. Il a été apprécié même par des athées et retweeté plus de 3 000 fois.

Et sur le réseau social, de nombreux français font preuve de solidarité avec la communauté musulmane.

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@ matis79
Auteur : Tom Caliban
Date : le 19 novembre 2015 à 10h36
De tous temps il y a eu des assassins au nom d'un dieu ou d'une autorité spirituelle supérieure.
En revanche, jamais "au nom de la laïcité" ou au nom de l'agnostisme...

Je vis 50-50% au Maroc et en Belgique. J'ai vécu l'arrivée de la 1ère génération. Ils étaient heureux car ils voyaient un espoir d'une vie meilleure en sécurité, car ce qu'ils fuyaient avant tout, c'était la répression de la politique d'Hassan II sur les Rifains. Chaque semaine pendant les années '70 et '80 le JT annonçait un nouvel assassinat d'un opposant politique marocain à Bruxelles. Mais bon, tout était fait pour qu'ils soient bien dans leur nouvelle vie, beaucoup d'aides financières. Puis les problèmes sont venu avec la seconde génération: agressions, vols, insultes (de nos femmes surtout, pour leur manière de s'habiller, etc...), interdictions de traverser "leurs" quartiers sinon on se ramassait les frères, les cousins,... toute la smala masculine et on finissait à l'hôpital... Et cela a continué ensuite avec la 3ème génération. 49,5% des prisonniers sont d'origine marocaine selon les chiffres "touchy" des études universitaires - notamment de la KUL.

Je me rappelle d'un père marocain qui m'a dit un jour voici bien 25 ans, désemparé: "que voulez-vous, on ne sait plus quoi faire, nos garçons nous échappent avec toutes ces bandes. L'argent facile, c'est tout ce qui les intéressent, et cela se passe dans la rue..." J'attendais des nouvelles de mon petit frère, il était entre la vie et la mort après avoir été tabassé par l'un d'eux.

A présent cela va beaucoup mieux dans la cohabitation. Mais dans les quartiers où il y a majorité de marocains rifains (et j'y habite), beaucoup de jeunes continuent à très mal se comporter. Et cela me choque d'autant plus que lorsque je me trouve dans le tram à Casa ou Rabat, ou encore à Beni Mellal, les jeunes ne se comportent jamais ainsi. Car ils sont très différents. Ils connaissent le respect.

Mais le problème actuel, c'est que dans ces bandes de jeunes il y a parfois un type qui les pousse à faire de l'Islam une religion identitaire de LA communauté. Cela se fait à l'insu des parents. Et ça dérape. Les mères sont inquiètes, les pauvres. Les parents de ces jeunes radicalisés sont les premières victimes: dans leur chair de mère, de père, pour le regard que leur porte les autres...

Le "métier" de mère et de père est le plus noble mais aussi le plus dur, car aucune école ne peut l'apprendre. On l'apprend sur le tas, on improvise tout le temps. Comme parents on commet des erreurs, sans doute, mais aussi de belles réussites. Et au bout du compte, nos enfants font leurs choix, c'est leur liberté.
A CHAMALI
Auteur : matis79
Date : le 18 novembre 2015 à 18h40
Chamali, tu dis:
"aucun européen ne fait de terrorisme au nom de Jésus, ni aucun asiatique au nm de Bouddha.''

Tu devrais te renseigner un peu, mais je peux te citer au moins deux choses.

Breivik en Norvège en 2011.
En Birmanie les bouddhistes (pas tous biensur) massacrent des musulmans (les Rohingyas) au nom de Bouddha.
Aux états-Unis certains illuminés, auteurs de tueries le font au nom de Jésus.
Il y a malheureusement des terroristes partout, mais on les voit plus aujourd'hui dans le monde Musulman.

Pour ce qui est des problèmes d'éducation, ou du rôle de la famille. Malheureusement la famille c'est fondamental, mais insuffisant dans certains contextes, le modèle du père ou du grand frère est parfois pas positif pour certains jeunes. Le rôle de l'éducation est aussi celui de l'école, où les enfants passent la majorité de leur temps.
On peut être parents, et ne pas laisser sortir ses enfants le soir, mais quand ils sont au collège où au lycée, comment sait-on exactement ce qu'ils font et qui ils fréquentent?

L'environnement est très important, et parfois ça dépasse le cadre stricte de la famille, l'éducation c'est aussi l'école, le collège, les amis, les loisirs, le sport à côté,... comment tout contrôler quand on est parents?
Dans certains quartiers les situations échappent plus facilement au contrôle des parents, que l'on voit subir. J'ai écouté le témoignage de deux mères de famille belge, dont l'une est d'origine marocaine. Elles étaient touchantes, elle parlaient très bien toutes les deux, plutôt instruites et intelligentes il semblait. Elles expliquaient commet elles ont perdu le contrôle sur leurs enfants partis en Syrie, et comment ils ont changé, et également comment elles se sont senties seules, et perdues sans moyens d'agir.
@FATEM95 et Nadori-Pur
Auteur : Tom Caliban
Date : le 18 novembre 2015 à 18h35
Vous avez pointé la seule cause... et la solution.
Cause et solution à la bêtise humaine, quelles que soient les confessions, les cultures, les choix de vie ou les origines.

L'EDUCATION.

C'est l'unique arme valable, l'unique remède au mal.
Et si on ajoute l'amour de l'autre, à la connaissance on apporte la conscience.
C'est pas aussi si simple que ça...
Auteur : Daït Aoua
Date : le 18 novembre 2015 à 16h48
Maintenant je comprends...mais malheureusement la vie en Europe de nos frères n'est pas aussi simple qu'on le croit....

C'est un gros problème assez complexe et difficile...je plains les parents.....!!!!

Qui est parfait dans ce bas monde...??????????????????
Exactement
Auteur : Oujdaoui.
Date : le 18 novembre 2015 à 11h04
Ta totalement raison , les grands responsables se sont les parents qui laissent leurs enfants de 12 a 14 ans traînez dans les rues en pleine nuit ,
Tous les parents doivent éduquez leurs enfants a partir de leurs bas âges jusqu'à la fin de leur adolescence et pourquoi pas plus loin , car un adolescent a l'âge de 12 ou 14 ans sans éducation ignore complètement le
sens d'une éducation .
Dernière modification le 18/11/2015 11:06
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