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Coronavirus au Maroc : Les médecins proposent de n’hospitaliser que les cas graves

Face à une nouvelle vague de propagation du nouveau coronavirus et l’afflux massif vers les structures hospitalières dédiées, deux associations de professionnels de la santé au Maroc ont proposé une réorganisation des soins et des critères d’admission.

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Photo d'illustration / DR.
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Au vu de l'accélération de la propagation du nouveau coronavirus au Maroc, une réorganisation du protocole de prise en charge des patients serait nécessaire, selon les professionnels de santé. La Société marocaine de médecine d’urgence (SMMU) et la Société marocaine d’anesthésie, d’analgésie et de réanimation (SMAAR) ont proposé une feuille de route, réadaptée aux besoins.

Dans un document récent consulté par Yabiladi, les deux structures proposent de tenir compte de «l’augmentation exponentielle redoutée des cas de contamination au SARS-CoV-2» pour «réfléchir à une stratégie de gestion». Ceci permettrait de «contrôler efficacement l’évolution de l’infection», surtout que ces dix derniers jours, «les cas actifs recensés quotidiennement ont décuplé et les décès ont été multipliés par 5».

Autre «indicateur important de la pression sur le système hospitalier», le nombre de cas en réanimation «poursuit son accroissement», avertissent les auteurs du document. De ce fait, ils conseillent de tenir compte de «l’adaptation des moyens disponibles à l’intensité de la propagation virale et aux capacités d’accueil hospitalières locales».

Des tests sérologiques pour suivre les cas d’infection tardivement identifiés

Dans ce sens, le document rédigé par 27 professionnels de la santé revient notamment sur la gestion des tests sérologiques, la prise en charge des patients, symptomatiques ou non, ainsi que le renforcement des mesures préventives. Ils recommandent cette forme de tests en cas de «diagnostic initial pour les patients symptomatiques sans signes de gravité, avec non-disponibilité immédiate d’un test RT-PCR».

Le document souligne que l’analyse de sérologie devrait viser en premier lieu les patients «suivis en ambulatoire, cabinets ou cliniques privées» ou ceux en zones éloignées, chez qui les symptômes sont évocateurs d’une éventuelle infection au virus.

Selon les médecins, ce test doit être effectué aussi pour détecter des anticorps chez le personnel soignant asymptomatique, «chaque 15 jours» ou en complément de détection de cas contacts. Le même protocole doit être suivi pour détecter des anticorps chez ces cas contacts, «à J7 en complément de détection par RT-PCR».

Par ailleurs, le test sérologique servira au personnel d’hébergement collectif ne montrant pas de symptômes. Cette analyse sera initiale ou complémentaire à une identification de cas contacts par RT-PCR.

Réserver les structures hospitalières pour les cas graves

Concernant le volet de prise en charge des patients, les auteurs du documents estiment que le diagnostic et le suivi des lésions pulmonaires liées à une infection à la covid-19 «doit se faire prioritairement au sein de structures d’hospitalisation publiques et privées», de manière à ce qu’elles «suffisent à elles seules pour poser le diagnostic positif».

Dans le même registre, les médecins préconisent un scanner thoracique, «sans injection et en mode basse dose», en cas de «symptômes respiratoires évocateurs, relevant d’une prise en charge hospitalière, chez un patient covid+ ou suspect». Un scanner avec injection est par ailleurs recommandé, «en cas d’aggravation secondaires des symptômes ou en réanimation». Ce protocole ne sera pas indiqué dans le cadre du dépistage sur les cas asymptomatiques.

Au vu de la situation épidémiologique actuelle, «le SAMU-Centre 141 ne peut, à lui seul, être le point d’entrée de tous les appels et rester pleinement disponible pour les urgences, dans un contexte de forte mobilisation». Ainsi, ils estiment «nécessaire» de «préserver exclusivement l’accès aux capacités de prise en charge des urgences vitales, des cas graves et/ou complexes» à ce service. Pour les autres cas, il faudra «privilégier les autres circuits existants», comme les numéros verts, les services de protection civile, les SAMU privés ou les médecins de ville.

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