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Société Publié

Tanger : Colère des magistrats après l’agression d’un collègue par deux mokhzanis

A Tanger, un magistrat vient s’ajouter à la liste des victimes de l'excès de zèle de certains représentants des autorités, suscitant l’ire de ses collègues.

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Photo d’illustration / Archive - DR

Le respect de l’état d’urgence sanitaire a été entaché par certains abus de pouvoir de la part d’éléments des forces publiques. Il y a eu ainsi le cas du caïd qui giflait des citoyens ou encore un autre qui a empêché de manière musclée une équipe de la chaîne télévisée amazighe de tourner un reportage à Tiflet. Il y a quelques jours, c'était au tour d'un magistrat d'en faire les frais. 

Le vendredi 15 mai, le substitut du procureur du roi près du tribunal de première instance de Tanger, Kassem El Hichoui a été agressé par deux mokhaznis au niveau du quartier Benkirane (autrefois Chouk) alors qu’il se dirigeait vers le marché. «L’homme, âgé d’une cinquantaine d’année, est connu pour son intégrité. Discret, il vit dans ce quartier populaire depuis dix ans. Il est d’ailleurs très apprécié par les habitants et ses collègues au travail», nous confie une source locale.

Vive émoi dans le quartier mais aussi au sein de la magistrature. La section de Tanger du Club des magistrats a immédiatement exprimé son entière solidarité avec la victime. Sur un ton empreint de défi, elle a même lancé un appel à la présidence du parquet général pour rendre public un communiqué sur l’agression du magistrat par les deux membres des Forces auxiliaires, conformément au droit constitutionnel des Marocains d’accéder à l’information, tout en veillant à respecter le secret de la procédure.

Retournement de situation

Hier, le substitut a diffusé sur le groupe WhatsApp du Club des magistrats un témoignage poignant détaillant les conditions de son agression. Mais aujourd'hui, Kassem El Hichoui a finalement renoncé à poursuivre ses agresseurs, a indiqué Aissam Benallal, le président de la section de Tanger du Club des magistrats sur les réseaux sociaux.

En renonçant à poursuivre en justice ces agresseurs, la page de cet incident est-elle pour autant tournée ? Sur la page Facebook du Club des magistrats, les réactions condamnant la violence subie par leur collègue ont cédé la place à une grande déception. Des voix se sont interrogées sur les conditions du retrait de la plainte.

Le président de la section du Club a essayé cet après-midi de calmer les esprits, en appelant à la retenue, et en invitant ses collègues à s’abstenir de tout commentaire pouvant nuire à la santé et au moral de leur collègue. Mais le retrait de la plainte a pris de court les magistrats tangérois. En premier lieu le président du Club, Aissam Benallal qui apportait ce dimanche soir un démenti catégorique aux «rumeurs». «C’est sans fondement», avait-il martelé.

Quelques heures après l’annonce du retrait de la plainte, la page Facebook du Club des magistrats annoncait que l’Amicale Hassania des magistrats, la grande rivale, a joué un rôle déterminant dans ce dénouement. Dans une dépêche MAP, l'Amicale déclare que le magistrat en question «a décidé aujourd’hui, de son plein gré, de renoncer à sa plainte dans un cadre qui préserve sa dignité». 

Article modifié le 2020.05.18 à 23h43

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