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Société Publié

Maroc : Appel de 27 ONG contre les violences pendant le confinement

27 organisations de la société civile, actives dans l’écoute des femmes victimes de violences, appellent les autorités publiques à répondre aux violences domestiques, pendant le confinement lié à la pandémie du coronavirus. Dans ce sens, elles proposent un processus adapté à l’urgence sanitaire et conforme aux principes des droits humains.

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Photo d'illustration / European Parliament - Flickr

L'état d'urgence sanitaite exige que toutes les personnes se confinent chez elles. Cependant, «la maison est déjà le lieu le plus dangereux pour les femmes». A partir de cette observation, 27 organisations de la société civile marocaine ont alerté, ce vendredi, sur la recrudescence du phénomène. Dans leur lettre parvenue à Yabiladi, elles préviennent que ce taux risque d’augmenter «à cause des tensions déjà constatées au sein des foyers», accentuées par les effets socio-économiques de la pandémie.

Dans ce sens, les ONG soulignent qu’«autant les femmes ont besoin plus que jamais de services de santé, de soutien économique, de protection policière et juridique, d’un logement sûr et stable, autant elles ont le sentiment de n’avoir nulle part où aller» en cette période de confinement. Ainsi, l’urgence est de «surmonter les défis de répondre à une demande accrue» de services, d’hébergement et d’accompagnement, «tout en respectant les consignes de confinement».

Pour que les mesures d’urgence sanitaire tiennent compte des besoins des femmes victimes de violence en temps de pandémie, les ONG signataires recommandent aux autorités compétentes de «donner des consignes aux forces de l’ordre pour se déplacer immédiatement aux domiciles», même en l’absence d’un ordre du procureur. Elles proposent aussi d’«émettre des ordonnances de protection d’urgence de manière préventive, en attendant ou en l’absence des poursuites ou de jugement pénal final».

Accompagner à la fois l’urgence sanitaire et la lutte contre les violences

Cet écrit a été adressé à la ministre de la Solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille, à celui de la Justice et à celui de la Santé, à la présidente de la Commission nationale pour la protection des femmes victimes de violence, ainsi qu’au président du ministère public. Il est signé par des ONG actives dans les milieux urbain, préurbain et rural, dont Mobilising for Rights Associates, l’Association de lutte contre le SIDA (ALCS) ou encore l’Association Tahadi pour l’égalité et la citoyenneté (ATEC). Depuis le 27 mars, cette dernière propose d’ailleurs un accompagnement à distance pour les victimes de violence.

Afin de couper court à l’impunité durant la période de l’urgence sanitaire, ces ONG préconisent également une prolongation ou une suspension des délais de prescription, des dates d’expiration des ordonnances de protection et celles de dépôt de plainte et d’audience. En cas de violence domestique avérée pendant l’urgence sanitaire, elles proposent d’en tenir compte comme circonstance aggravante, permettant d’aller jusqu’à «la peine maximale pour toutes les infractions – crimes et délits».

Dans une approche de proximité joignant la lutte contre les violences domestiques à l’urgence sanitaire, les ONG recommandent aussi d’établir «des permanences téléphoniques avec un numéro d’urgence gratuit, local et simple à retenir, que les femmes victimes de violences peuvent appeler» pour une assistance immédiate. Il est également proposé d’activer un service de SMS d’urgence, «avec géo localisation instantanée», pour que les autorités locales puissent identifier facilement les signalements et cibler les interventions.

En 2019 déjà, les résultats de la deuxième enquête nationale du Haut-Commissariat au Plan ont montré que «l’espace domestique est celui le plus marqué par la violence, avec une prévalence de 52% (6,1 millions de femmes)».

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