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Religion Publié

Harcelé par son pays, l'ex-chef des Ahmadis en Algérie demande l'asile au Maroc

L’ex-chef de la communauté Ahmadiyya en Algérie, Mohamed Fali se trouve actuellement au Maroc pour demander l'asile, et ainsi échapper à la «persécution» pratiquée contre lui et les Ahmadis par les autorités algériennes.

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Mohamed Fali, ancien président de la communauté Ahmadiyya en Algérie a déposé une demande d'asile au Maroc. / DR

L’ex-président de la communauté Ahmadiyya en Algérie (2009 à 2018), Mohamed Fali est arrivé au Maroc fin décembre dernier, par un vol de l’aéroport international d'Alger-Houari-Boumédiène, reliant la capitale algérienne à l'aéroport Mohamed V de Casablanca.

Mohamed Fali, 46 ans, a affirmé à Yabiladi que la raison pour laquelle il est venu au Maroc est «le harcèlement et la pression» auxquels il est exposé en Algérie. «J'ai plus de sept procès», nous déclare-t-il.

L’ancien chef de la communauté Ahmadiyya en Algérie a précédemment été arrêté en septembre 2017 et accusé de «collecte de fonds sans permis», «insulte au prophète Mohammed», «formation d’une association non autorisée». Il a été condamné, pour ces accusations, à six mois de prison avec sursis. «Les autorités algériennes ont saisi mon passeport et il m'a été interdit de quitter le pays», raconte-t-il.

Cependant, après le Hirak algérien né en février 2019, Mohamed Fali demande de récupérer son passeport. Il choisit alors de quitter le pays, après la récupération de son document de voyage.

«Le fait d’avoir cessé de travailler à cause du harcèlement dont je faisais l’objet m’a empêché d'obtenir un visa pour aller en Europe, alors que par le passé, j’ai voyagé dans plusieurs pays européens», regrette-t-il. Ainsi, après avoir consulté des amis, ces derniers lui suggèrent l’exil vers la Tunisie ou le Maroc. «Dans le royaume, il n’y a aucune difficulté ou restriction. Certains membres de ma famille vivent ici, et je ne me sens pas étranger», fait-il savoir.

Le HCR tranchera fin janvier pour sa demande d’asile

Mohamed Fali précise que les Ahmadis marocains lui ont réservé un «accueil chaleureux» et qu'il vit actuellement dans «de très bonnes conditions». «Les Ahmadis marocains sont libres, mais ils ne souffrent pas de harcèlement et exercent leurs activités normalement. Ce qui me plaît au Maroc, c’est qu’il est un pays ouvert», ajoute-t-il.

Il affirme aussi que le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Maroc a fixé à la fin de ce mois de janvier la date de dépôt de sa demande d'asile. «Je pense que ma demande ne sera pas rejetée», croit-il savoir. Le cas échéant, Mohamed Fali rappelle son expérience en Algérie. «Ce que j’ai vécu là-bas est incomparable à la situation ici», note-t-il, avant de souligner qu’il sera, dans ce cas, contraint de rentrer en Algérie.  

Pour rappel, plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, avaient appelé ces dernières années l'Algérie à renoncer aux «graves persécutions» des Ahmadis, considérés comme minorité religieuse. Le gouvernement du voisin de l’Est justifie sa vaste campagne contre les affiliés à ce courant religieux en brandissant la carte de la «sécurité religieuse» du pays.

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