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Culture Publié

Diaspo #97 : Nour Ayadi ou le parcours d’une jeune pianiste de renommée internationale

Seule femme lauréate en France du Prix Cortot 2019 et du Concours international de piano de la princesse Lalla Meryem, Nour Ayadi a été sélectionnée en ce mois de juin pour participer à l'Académie de musique française. Portrait d’une jeune marocaine vivant en France, et qui rafle depuis quelques années, plusieurs prix à l’échelle internationale.

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La Marocaine Nour Ayadi a été sélectionnée en ce mois de juin pour participer à l'Académie de musique française. / Ph. DR

Considérée comme une étoile montante du piano en France, Nour Ayadi n’a que 20 ans. Née et ayant grandi à Casablanca jusqu’à ses seize ans, elle a enuite opté pour la France pour des études au Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) et à l'École Normale de Musique de Paris. «Leurs professeurs sont de renommée internationale et il y a un niveau professionnel très élevé, ce qui m’a poussé à les intégrer», nous confie-t-elle.

Parallèlement à ses études en musique, Nour Ayadi effectuera sa dernière année du baccalauréat scientifique qu’elle décroche, un an plus tard, pour intégrer Sciences Po Paris. Et ce n’était pas toujours évident. «C’était une question d’organisation et ma journée était divisée en deux et tout était calculé à l’heure près», nous déclare-t-elle.

Mais si Nour Ayadi a décidé de s’envoler vers la capitale française, c’est d’abord pour sa passion pour le piano, et une ferme volonté de performer dans l’univers professionnel de la musique. Car la carrière de cette jeune marocaine a débuté bien avant, au Maroc.

Un amour pour le piano né à l’âge de 4 ans

«J’ai commencé le piano à six ans à l’école de musique Salmon à Casablanca. Ma grande sœur faisait aussi du piano. Quand j’étais toute petite, j’écoutais ma sœur jouer et je voulais aussi apprendre», se rappelle-t-elle.

«A l’âge de 4 ans, ma sœur voyait que je m’intéressais beaucoup à cet instrument. Mes parents m’ont alors inscrit à la même école de musique que ma sœur. J’ai fait dix ans de piano dans cette école avant de partir en France.»

Nour Ayadi

Le 17 mai dernier à Paris, la Marocaine déroche le Prix Cortot 2019 à l'issue du concours du Diplôme supérieur de concertiste à l'Ecole normale de Musique Alfred Cortot, devenant ainsi la première femme et la première marocaine à être primée. C’est d’ailleurs grâce à cette distinction que Nour a été sélectionnée en ce mois de juin pour participer à l'Académie de musique française.

La pianiste marocaine Nour Ayadi. / Ph. DRLa pianiste marocaine Nour Ayadi. / Ph. DR

Elle est aussi lauréate de plusieurs compétitions internationales, comme le premier prix au concours des Virtuoses du cœur à Paris en 2019 et le grand prix au concours Flame à Paris. Cette Marocaine est surtout la première femme à décrocher, en 2016, le Concours international de piano de la princesse Lalla Meryem, dominé jusqu’à cette date par des pianistes étrangers. «Jusqu’avant, les pianistes n’osaient pas préparer et passer ce concours car jamais un Marocain n’a réussi à l’avoir, mais ils savent désormais qu’on peut tenter et le gagner», nous déclare-t-elle avec fierté. 

«Il y a du talent et du potentiel au Maroc»

A propos de ces concours, elle évoque «une étape naturelle». Car selon elle, il est important «d’avoir des échéances et des objectifs en fin d’année, surtout lorsqu’on est jeune». Elle souligne aussi un «lien particulier» et une «relation émotionnelle» qu’elle a eus lors de chacune de ces compétitions.

La jeune virtuose met en avant le rôle des parents qui poussent les enfants talentueux dans la bonne voie. Sa maman, professeure universitaire et coach parental, l’a toujours accompagnée lors des concours. Lors de certaines compétitions, c'était toute la famille qui effectuait le déplacement, puisque «c'était toujours un plaisir», nous confie son papa.

Nour Ayadi à l'Office des Nations Unies à Genève. / Ph. DRNour Ayadi à l'Office des Nations Unies à Genève. / Ph. DR

Et bien que les jeûnes de son âge ne s’intéressent pas forcément à la musique classique, elle estime que «du moment où il y a un intérêt pour l’art, c’est déjà positif». L’occasion pour elle de mettre aussi en exergue les efforts au Maroc pour promouvoir la musique classique à travers le développement de concours et de concerts.

«Être la première femme et la première marocaine à décrocher le Prix Cortot et le Concours international de piano de Son altesse royale la princesse Lalla Meryem ne peut qu’être un beau symbole pour mon pays. C’est peut-être aussi un exemple pour les jeunes et une source d’inspiration.»

Nour Ayadi

Elle croit au talent des jeunes marocaines et marocains. «Malgré tous les préjugés, il y a du talent et du potentiel au Maroc», nous déclare la talentueuse pianiste qui se produira notamment le 30 juin au Festival de Chambord (Château de Chambord), le 11 juillet au Festival les Spiriades (Val d'Oise) à Paris et le 21 juillet au Nohant Festival Chopin 2019.

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