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Politique Publié

Quand Abbassi Madani rassurait Hassan II sur la position du FIS sur la question du Sahara

Abassi Madani est décédé ce mercredi 24 avril au Qatar. C’est en juillet 1990 à Alger que le leader du Front Islamique du Salut avait rencontré le roi Hassan II. Retour sur la relation de l’islamiste algérien avec le Maroc.

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Abbassi Madani, leader du FIS / DR

Abbassi Madani, le secrétaire général du Front Islamique du Salut (dissout en 1991), est décédé mercredi 24 avril à Doha au Qatar où il s’était établi depuis 2004. Le défunt était l’un des rares politiques algériens, aux côtés d’Ahmed Benballa, à se prononcer ouvertement contre les velléités de démembrement du Maroc.

Pour lui l’affaire du Sahara se résume en une «question artificielle» qui relève d’un «plan colonial», avait-il déclaré dans une interview accordée en 2003 à Attajdid, l’ancien journal du Mouvement unicité et réforme. Deux ans plus tard, il réitèrera sa position sur la chaîne Al Jazeera.

«Nous pensons que les deux peuples (Marocain et Algérien) forment un même peuple et forment une seule nation. Comment imaginez-vous que nous acceptions le jeu du soi-disant Sahara occidental? Si le peuple marocain le (le Sahara) veut, il est dans son droit.»

Abbassi Madani

Quand Hassan déplorait la dissolution du FIS

Cette position de Madani est largement partagée par les islamistes algériens n’ayant pas flirté avec le pouvoir. En revanche pour les autres, ils n’avaient pas hésité à jeter davantage d’huile sur le feu le conflit entre Rabat et Alger. Abderrazzak Makri, le chef du Mouvement de société pour la  Paix, en fait d'ailleurs partie.

La popularité du FIS en Algérie était très suivie au Maroc. En témoigne l’intérêt du roi Hassan II de connaitre de très près cette formation politique bien ancrée dans la société algérienne. Le deuxième sommet de l’Union Arabe du Maghreb, organisé à Alger en juillet 1990, lui avait offert alors l’occasion d’accorder une audience à Abbassi Madani. Pour ne pas indisposer ses hôtes, le roi avait tenu à recevoir d’autres chefs de partis.

L’entrevue a permis au leader du FIS de rassurer Hassan II sur la question du Sahara. «Notre position à ce sujet est très proche de celle du royaume du Maroc», avait-il révélé lors de l’interview accordée à Al Jazeera en 2005.

Tout en scrutant la montée du FIS, le monarque observait publiquement le silence sur une question relevant de la politique interne de l’Algérie. Ce n’est qu’après l’arrêt par les militaires du processus électoral en décembre 1991 que le roi a mis un terme à sa réserve. «Dommage que les autorités algériennes ont interdit le Front Islamique du Salut en janvier 1992. C’était un laboratoire pour tester l’efficacité de l’islamisme», avait-il déclaré sur une chaîne française. Il était, d’ailleurs, le seul chef d’Etat de la région et bien au-delà à déplorer la dissolution du FIS de Madani.

Pour rappel, à l’époque le pouvoir marocain était en discussion avancée avec les «frères» de Benkirane qui voulaient franchir le pas de la prédication vers la politique.

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