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Politique Publié

Quand l’Espagne d’Aznar expulsait (illégalement) des migrants vers le Maroc

L’Espagne, afin d’expulser des migrants vers le Maroc, a eu recours à un traité qui n’était toujours pas entré en vigueur. La Direction générale de la police espagnole révèle les chiffres accablants sur un traité controversé, relatif à la circulation des personnes, au transit et à la réadmission des étrangers entrés illégalement.

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Photo d'illustration./Ph.DR

L’Espagne a expulsé 827 migrants non-marocains vers le Maroc entre 1999 et 2012. Ces expulsions ont eu lieu bien avant l’entrée en vigueur de l’accord entre le Maroc et l’Espagne, relatif à la circulation des personnes, au transit et à la réadmission des étrangers entrés illégalement. Signé en 1992, le texte n’est entré en vigueur qu’en 2012, rapporte l’agence de presse espagnole Servimedia.

Ces chiffres accablants ont été fournis par la Direction générale de la police espagnole. Plus en détails, c’est sous le gouvernement de José María Aznar que le plus grand nombre de migrants expulsés vers le Maroc aurait été enregistré. En effet, lors de son deuxième mandant, entre 1999 et 2003, 723 migrants non-marocains ont été expulsés de l'Espagne vers le royaume.

Son successeur, José Luis Rodríguez Zapatero (2004-2006) avait également eu recours à ce traité. Au total, 94 migrants ont été expulsés entre 2005 et 2010. La plus grande opération avait été menée en 2005, lorsque 73 migrants ont été reconduits, d'un seul coup, au Maroc après avoir franchi la barrière de Melilla.

La tendance s’inverse dès l'entrée en vigueur du texte

Il est à noter que l’accord en question avait été signé le 13 février 1992 à Madrid, sous l’exécutif de Felipe González, rédigé dans une version espagnole et arabe. Il avait ensuite été paraphé par les ministres de l’Intérieur des deux pays, José Luis Corcuera et Driss Basri, en réponse à une entrée massive de 800 migrants à Melilla.

Suite à son entrée en vigueur et sa publication dans le Bulletin officiel de l'Espagne, le 21 octobre 2012, la tendance s’est inversée. Avec Mariano Rajoy, seuls 50 migrants ont été expulsés. «Neuf à travers l’accord en 2013, sept en 2014, sept autre en 2015 et 27 migrants en 2017», précise la même source.  

L’été dernier, 116 migrants avaient été expulsés depuis Ceuta vers le Maroc, par l’exécutif de Pedro Sanchez. L’affaire avait fait polémique, étant donné que les médias et responsables parlaient d’une première quant au recours à ce traité. La même année, 42 autres migrants ont été expulsés «à chaud» depuis Melilla, précise l’agence.

Outre les chiffres, l’agence Servimedia a sollicité, en vertu de la loi sur la transparence, les motifs et dates exacts des expulsions. Selon le traité en question, les motifs conduisant à l’expulsion doivent être communiqués aux autorités marocaines par l’Espagne. Cependant, la Direction générale de police a refusé de fournir ces données, souligne-t-on. De son côté, le ministère espagnol de l’Intérieur a refusé de se prononcer aux sujets de ces expulsions vers le Maroc, conclut l'agence. 

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