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Economie   Publié

Les prévisions mi-figue, mi-raisin du HCP pour 2019

La croissance économique devrait ralentir l’an prochain pour s'établir à +2,9%. 2019 sera une année moyenne sous tout rapport.

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Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, lors de la conférence de HCP à Casablanca, 10 juillet 2018 / Ph. Mustapha Fahmi - Yabiladi

En tablant sur une année agricole moyenne l’an prochain, le Haut Commissariat au Plan dans son bilan annuel présenté hier à Casablanca, mardi 10 juillet 2018, prévoit un ralentissement de l’économie nationale. De 3,1% prévus en 2018, la croissance économique devrait s’abaisser à 2,9% en 2019.

En dehors du secteur agricole dont l’évolution dépendra d’abord, rappelle le HCP, de la pluviométrie, le secteur non-agricole va continuer à bénéficier de la croissance de la demande intérieure en poursuivant sa lente progression : il devrait passer de 2,8% de croissance en 2017 à 3,1% en 2018 à 3,2% en 2019.

En dépit des aléas climatiques et avec constance, la croissance du secteur non-agricole au Maroc augmente ainsi lentement et régulièrement depuis 2015. «Elle reste cependant encore très loin des niveaux - autour de +5 et +6% - qu’elle atteignait au début des années 2000 », rappelle Ayache Khellaf, directeur de la Prévision et de la Prospective au HCP.

L’économie toujours suspendue à la pluviométrie

Si aucune catastrophe météorologique ne s’abat sur le Maroc, celui-ci sera seulement exposé, pour l’année à venir, au risque de voir les prix du pétrole augmenter fortement à la faveur de la croissance de l’économie mondiale. Le HCP parie pour l’instant sur un baril à 70 dollars. Si son prix devait augmenter, il viendrait encore accroître le niveau des importations déjà régulièrement tiré par l’augmentation de la consommation qui ne trouve pas de réponse dans la production nationale.

Même si, l’an prochain, la demande intérieure (consommation des ménages et des administrations publiques) doit connaître un ralentissement - elle passe de +3,5% à +2,9% en 2019 - le déficit commercial va continuer à se creuser. Il est passé de 17,9 % du PIB en 2017 à 18,5% en 2018 et devrait atteindre 18,7% en 2019. Il pourrait ainsi faire perdre 0,3 point à la croissance contre 0,7 point en 2018 et 0,5 point en 2017.

«Le déficit commercial est la cause principale des besoins de financement de notre économie», rappelle Ayache Khellaf. Aujourd’hui, le besoin de financement a tendance à ralentir passant de 3,9% en 2018 à 3,6% en 2019 avec le ralentissement de la croissance mais conserve un niveau élevé que le Maroc doit couvrir par le recours à l’endettement. Dans la mesure où une grande partie de l’investissement - en perpétuel augmentation : 32,8% du PIB en 2018 contre 32,6% un an plus tôt - est réalisé par l’Etat, c’est sur ce dernier que s’exerce la pression.

«Nous constatons que le rythme d’augmentation des rentrées fiscales a beaucoup diminué passant de 11% entre 2000 et 2008 à 4% depuis 2008, souligne Ahmed Lahlimi, alors que la pression fiscale au Maroc atteint des niveaux alarmant proches de ceux constatés dans les pays développés.» Dans ce contexte, l’endettement public continue d’augmenter. Il est passé de 69,5% du PIB en 2012 à 82% en 2017 et atteindra près de 82,9% en 2019.

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