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Nomad #42 : Le site archéologique de Tamuda, voyage au temps de la Maurétanie

Le site archéologique de Tamuda a ouvert ses portes au public en 2011. Une enveloppe de 4 millions de dirhams a été allouée à l’aménagement de l’ancienne ville. Le lieu témoigne de la présence maurétanienne au Maroc. Immersion avec l’article #Nomad de la semaine.

Temps de lecture: 3'
Le site archéologique de Tamuda. / Ph. Mohamed Amine Anqouda

Le site archéologique de Tamuda (région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima), de près de 5 hectares se trouve dans la vallée de l’oued Martil, à dix kilomètres de la côte méditerranéenne et à 5 kilomètres au sud-ouest de Tétouan sur la route de Chefchaouen. Tamuda marche sur les pas de Volubilis pour devenir une véritable attraction touristique.

L’appellation Tamuda vient du amazigh «Tamda» qui signifie marais ou étang. «C’est une appellation très logique car le site est à proximité d’un grand fleuve. Après la période de crue, des marais se forment dans la région», explique Mohamed Amine Anqouda, conservateur-adjoint du site de Tamuda contacté par Yabiladi. Le site se compose de deux parties distinctes, la ville maurétanienne et le camp militaire romain.

Les premières fouilles ont eu lieu par des chercheurs espagnols lors du protectorat, de 1921 à 1955. «Les fouilles marocaines ont commencé en 1995 il me semble, menées par le professeur Abdelaziz El Khiari de l’Institut national de l’archéologie et du patrimoine. A partir de 2005, le ministère de la Culture investit dans le site, classé désormais en tant que patrimoine national, pour l’aménagement. En 2011, le site est inauguré par l’ancien ministre de la Culture Bensalem Himmich», ajoute le responsable. Deux programmes de fouilles ont lieu chaque année, sous la direction du patrimoine culturel et deux universités espagnoles.

Le site archéologique de Tamuda. / Ph. Mohamed Amine AnqoudaLe site archéologique de Tamuda. / Ph. Mohamed Amine Anqouda

Une ville ravagée à deux reprises

La ville maurétanienne remonte au IIIe siècle avant JC. «Elle était composée de maisons, de boutiques, de voieries, de toutes les composantes d’une ville moderne», indique Mohamed Amine Anqouda. Elle opte pour une véritable ouverture sur les circuits commerciaux de méditerranée. Toutefois, un incendie ravage la ville vers l’année 38 avant JC. «Lors des fouilles on a trouvé d’épaisses couches de charbon. Selon les archéologues c’est une destruction par incinération», explique le responsable. Mais Tamuda est entièrement détruite vers 40 après JC, lorsque les troupes romaines entrent en Maurétanie et que la révolte d’Aedemon a lieu.

Un siècle plus tard, les Romains construisent sur les ruines un camp militaire, «pour contrôler les voies commerciales et la révolte des tribus qui refusaient cette occupation romaine», relate le conservateur-adjoint.

Quelques affiches au sein du site archéologique de Tamuda. / Ph. Mohamed Amine AnqoudaQuelques affiches au sein du site archéologique de Tamuda. / Ph. Mohamed Amine Anqouda

Toutefois, le site n’est pas intégré dans le circuit touristique de la ville de Tétouan. «Nous avons essayé de contacter le ministère du Tourisme, la direction régionale du tourisme, sans succès. Tétouan n’est qu’une ville de passage pour les touristes, ils restent maximum trois heures à visiter l’ancienne médina et repartent vers Tanger et Chefchaouen pour y passer la nuit», déplore Mohamed Amine Anqouda.

Ce site revêt une importance particulière, il témoigne de la période maurétanienne au Maroc qui soulève beaucoup de questionnements. «Quand les Romains sont venus au Maroc, ils ont construit sur les ruines des villes maurétaniennes. Il n’y a pas de possibilité d’étudier cette période minutieusement. Le seul site qui reste et qui est encore vierge, c’est la ville de Tamuda. Le camp militaire n’occupe qu’une partie de la ville.»

Les écrits anciens mentionnaient la ville de Tamuda, certains archéologues ont longuement cherché. «L’un d’entre eux, Charles Tissot un Français avait conclu que le site se trouve sous la ville de Tétouan. Son hypothèse est complètement erronée. C'est en 1921, que Cesar Luiz de Montalban, un espagnol fait la découverte du site», conclut le responsable.

Cet article a été écrit en collaboration avec Marocopedia, site qui met en valeur la culture et le patrimoine marocain. Ce dernier a créé une page spéciale pour la ville de Tétouan.

Informations pratiques

Horaires d'ouverture :

Du lundi au vendredi : 9h à 16h30.

Tarifs:

Adultes : 10 dhs

Enfants : 3 dhs

Groupes : 2 dhs

 

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