En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une meilleure utilisation de nos services. En savoir plus.X

Société Publié Le 09/01/2017 à 21h54

Kabbadj et Fizazi réagissent à l'interdiction de la "burqa" au Maroc

Plusieurs couturiers et commerçants d’habits traditionnels ont reçu l’ordre de se débarrasser de toutes les burqas (ou voile intégral) en leur possession dans un délai de 48 heures. Les agents du ministère de l’Intérieur les ont également informés de l’interdiction d’en produire ou d’en vendre, sous peine de saisie de la marchandise.

"La décision du ministère de l’intérieur qu’elle juge d’arbitraire et portant atteinte aux droits des femmes à s’exprimer et s’habiller librement." / Ph. AFP

Une décision qui fera date. Les agents du ministère de l'Intérieur ont fait la tournée des revendeurs de voile intégral (en arabe dans le texte "burqa") pour leur notifier l'interdiction immédiate de la vente et la destruction du stock. Les documents informant de cette nouvelle interdiction ont circulé sur les réseaux sociaux suscitant une série de réactions partisanes et opposées.  Les réactions ont fusé notamment au sein de la sphère islamiste concernée au premier chef. Nous avons choisi de recueillir les réactions de quelques figures du salafisme au Maroc.

Kabbadj :Une interdiction pour estomper le blocage du gouvernement

Hammad Kabbadj, dont la candidature aux élections législatives a été rejetée par le ministère de l’Intérieur, car jugé extrémiste, trouve qu’il est injuste d’interdire le voile intégrale alors que le port du maillot «occidental» sur les plages est considéré comme un droit inaliénable. «C’est inacceptable de défendre aux citoyennes de porter le niqab oriental, comme d’interférer dans sa commercialisation», s’indigne le salafiste. Dans une récente publication sur Facebook, ce membre du parti de la Justice et du Développement juge que cette interdiction va à l’encontre de la Loi et des Droits de l’Homme.

«Selon mon appréciation personnelle, dit-il, c’est un comportement pervers des pouvoirs publics influents, les mêmes qui avaient orchestré la fameuse "manifestation de Casablanca" contre Abdelilah Benkirane.»

D’un point de vue religieux, il ajoute que le niqab marocain (un ensemble de capuche et de voilette) est préférable pour celles désirant se voiler le visage aux autres modèles. Il réplique : «Il est faux de penser que le voile intégral est un radicalisme, c’est au contraire une vertu faisant l’unanimité de nos imams malékites qui l'acceptent». Ce vêtement est donc permis, conclut-il avant d'alerter les citoyens sur une polémique qui n'est qu'une tentative de diversion pour camoufler le blocage du gouvernement.

Fizazi : "La burqa n’est pas un vêtement marocain"

Mohamed Fizazi ne désapprouve pas l’interdiction du moment que les Marocaines peuvent toujours porter le hijab et "niqab marocain" largement utilisé dans des régions telles que le Sahara ou le Souss, ou encore dans la ville de Fnideq par exemple. Contacté par Yabiladi, il déclare : «Le vêtement est une caractéristique culturelle. Je réprouve l’importation d’autres cultures qui effaceront la culture locale. Je ne suis pas obligé de porter un habit d’Afghan, surtout que nous avons déjà le burnous, la djellaba, etc.»

Le prédicateur assure ne pas comprendre la raison principale de l’interdiction de la burqa, du moins n’arrive-t-il pas à trancher sur les motivations de l'interdiction du voile intégral, oscillant entre symbole du djihadisme terroriste et atteinte aux traditions marocaines. Aussi conclut-il :

«Mon épouse porte une voilette et une djellaba et personne ne s’est jamais opposé à cela.»

Société civile : Atteinte aux conventions internationales

La société civile a été également prompte à réagir, l’ONDH (Observatoire du Nord des droits de l'Homme)  publiant un communiqué le jour même. L’association condamne la décision du ministère de l’Intérieur qu’elle juge «arbitraire et portant atteinte aux droits des femmes à s’exprimer et s’habiller librement. L’habit étant un moyen d’expression de leurs identités, et convictions culturelles, politiques et sociales».  

L’observatoire ajoute que la décision est en contradiction avec «les conventions internationales dont le Maroc est signataire. La décision du ministère de l’Intérieur est considérée comme illégale et nulle car ne s’appuyant sur aucun texte juridique. C’est une tentative de conformisme imposé à la société marocaine par les parties derrière cette décision souhaitant attaquer la diversité et sévir contre les libertés».

43 commentaires
Unesuggestion
Date : le 22 janvier 2017 à 10h01
On a pu lire ici, une femme qui trouvait que (en hiver) des habits d'hiver avec capuche (= en public, amples et ne laissant apparaître que le visage et les mains) ne permettaient pas de respecter sa religion, car ces habits ne permettaient pas de distinguer la religion de celui/celle qui les porte. C'est la preuve évidente que les accoutrements présentés comme "imposés par la religion" sont d'abord des signes de reconnaissance et des manifestations de nature politique. C'est pareil avec les sacs-à-patates, en pire. Sans oublier que dans un contexte terroriste, on ne peut laisser se balader librement des gens qui se camouflent le visage et/ou peuvent transporter des explosifs ou des armes.
Al Hersini
Date : le 14 janvier 2017 à 06h42
Citation
à écrit:
abdelallah Re: niqab Bonjour (...) Deja les femmes du prophete saw cachaient leurs visages .le niqab n a rien avoir avec l etat islamique oh pardon plutot etat satanique. Les savants ont definis comme la femme doit s habiller les habits qui correspondent a leur description sont le jilbab et niqab ou sitar .
Contradiction dans un même message...d'un coté on parle de divergence et de l'autre que ça serait l'habit officiel... on vois bien la propagande wahabite à l'oeuvre, precher le vrai pour faire passer le faux avec vaseline. - Le voile de visage ou parler derrière un rideau relève des verset reservés aux épouses du Prophète (saws). Et pour ceux qui estiment que les musulmanes doivent prendre exemple sur les Mères et non sur les femme compagnon, alors ils se trompent et sont refuté par Allah lui même qui répète a plusieurs reprise dans les versets concerné "Ô vous femmes du Prophète, vous n'êtes pas comme les autres femmes..." ce qui prouve de manière irréfutable que ces ordre leur sont réserves au même titre que l'interdiction du remariage. Dire le contraire et pretendre que les musulmane doivent suivre ces directive est un orgueil digne d'Ibli car cela reviens à placer la "simple" croyante sur le même plan que les Nobles Epouses - De plus, le jilbeb actuel n'a strictement aucun lien ou ressemblance avec celui de l'époque prophetique. A cette epoque, ce grand rectangle de tissus (laine) était porté par les femmes et les hommes qui se drapaient dedans. Les vetement actuels les plus approchant sont l'hayek algérien et le chador iranien - Le voile de visage est loin de faire consensus... bien au contraire. D'ailleurs l'école malikite a majoritairement interdit son emplois contrairement a ce que pretend l'un des deux salafiste de l'article. Les hanafites l'ont recommandé en cas de fitna...reste encore a definir la fitna.Non ce n'est pas quelque voyeur dansles rues (il y en a toujours eu,cessons d'idé"aliserle passé) mais des contexte de guerre,d'invasion ou de troubles civile. Au delà,il serait fort étonnant que des savants des siècles passé aient pu légiférer les niqab ou le sittar actuel qu'ils n'avaient sûrement jamais vue en ifriqa (contrairement à la voilette). Quand a l'avis des savant de la secte salafiste, il n'engage qu'eux et ils ne sont pas les décisionnaire du véritable islam sunnite. Qu'ils commencent par corriger leur comportement haineux, ça fera des vacances a tout le monde
Isham33
Date : le 12 janvier 2017 à 14h32
@abdelallah 1729- Ibn 'Umar rapporte ces propos de l'Envoyé de Dieu Salla-llah allahi wa salam : "Quand un homme traite son frère de mécréant, l'insulte est (nécessairement) vraie pour l'un des deux. Si l'homme et tel qu'il l'a décrit (il sera traité comme tel) sans quoi l'accusation se retournera contre lui." (Bukhârî/Muslim) 1730- Abû Dharr a entendu l'Envoyé de Dieu Salla-llah allahi wa salam : "Quiconque traite quelqu'un de mécréant ou d'ennemi de Dieu verra son insulte se retourner conte lui si ce qu'il prétend n'est pas vrai." (Bukhârî/Muslim) Celui qui connait vraiment l'Islam et qui a peur du jugement ne peut appeler les autres musulmans mecréants
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com