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Economie Publié

Investissements étrangers : France, Etats-Unis, pays du Golfe, le Maroc fait jouer la concurrence

La France peut se targuer de réunir, à elle seule, 40% des investissements directs à l’étranger réalisés au Maroc, mais pour combien de temps encore ? Si sa présence dans le royaume résiste mieux que prévu à une conjoncture difficile, la concurrence s’active à proximité. Etats des lieux. 

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La société émiratie TAQA investit massivement dans la centrale électrique de Jorf Lasfar. /DRTaqa

Les entreprises françaises sont à l’origine de 40% des investissements directs étranger réalisés au Maroc entre 2003 et 2012, selon la dernière note de l'ambassade de France au Maroc, rendue publique le dimanche 1er décembre. Dès le lendemain, le nouveau ministre marocain de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, entamait une visite aux Émirats Arabes Unis.

Avec l’effondrement du niveau des IDE français au Maroc de 58,5%, en 2011 et l’avance soudaine prise par les exportations espagnoles sur les exportations françaises à destination du royaume en 2012, il était aisé de conclure que la France serait bientôt contrainte d’abandonner sa position historique de premier partenaire économique du Maroc sous les assauts conjoints de l’Espagne et des pays du Golfe. «La France a perdu sa position de premier pays exportateur, pendant un an, au profit de l’Espagne car elle a mené une politique commerciale extrêmement agressive vue la situation dans laquelle elle était», explique à Yabiladi Khalid Idrissi Kaitouni, Directeur de l’appui aux investisseurs et à la création d’entreprise à la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.

IDE français en 2012 : +41%

La France n’a pas tardé à redresser la barre puisqu'en 2013, elle est redevenue le premier pays fournisseur du Maroc. Du côté des investissements au Maroc, ils bondissent de 41% en 2012, pour atteindre 12,6 milliards de dirhams. Une hausse des investissements qui se confirme en 2013 avec 23,5% de mieux à fin août 2013, par rapport à la même période de 2012. «Il n’y a pas eu de véritable baisse des IDE en 2011, en réalité, ce sont les décisions d’investissement qui ont été retardées en raison de la conjoncture que l’on sait», explique Khalid Idrissi Kaitouni.

Le bond de 41% enregistré par les IDE français s’explique «grâce notamment à la cession par la SNI du bloc de contrôle de la Centrale Laitière à la compagnie Gervais Danone pour un montant de 6,1 milliards de dirhams, ainsi que la cession de sa participation dans Bimo à Mondelez International (ex-Kraft Foods) pour un montant de 1,3 milliard», note le ministère de l’Economie et des Finances dans son rapport économique et financier pour le projet de loi de finances 2014.

Maroc pays allié stratégique de la France

La conjoncture, n’explique pas seule, la reprise en main de la France. «Bien sûr, ce redressement est aussi venu de la volonté politique de la France de conserver sa position de premier partenaire économique du Maroc ; le Maroc est un pays allié stratégique pour la France. L’ambassade a beaucoup travaillé pour soutenir les projets français au Maroc. Les secteurs les plus porteurs pour les entreprises françaises ici ont été identifiés (agro-alimentaire, ENR, «mieux vivre en ville»). Ca été très bien réfléchi», explique Khalid Idrissi Kaitouni.

Cette politique active se justifie d’autant plus que profitant de la mauvaise conjoncture européenne, d’autres pays prennent des positions au Maroc. Premiers sur la ligne : les pays du Golfe. En 2011, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis ont investi 7 milliards de dirhams au Maroc, faisant augmenter leur IDE de 51% par rapport à 2010. En 2012, ils atteignent 9,078 milliards. Les Emirats Arabes Unis ont maintenu deux années d’affilée une croissance de leurs investissements de 71%, «grâce notamment aux projets du groupe émirati TAQA, à travers sa filiale locale JLEC 5&6, chargée de la maîtrise d’ouvrage du projet d’extension de la centrale électrique de Jorf Lasfar», explique le rapport du ministère marocain de l’Economie.

L'arrivée des Etats-Unis

«La France ne se sent pas menacée, loin de là, assure cependant le directeur de l’appui aux investisseurs et à la création d’entreprise à la Chambre de commerce française et d’industrie du Maroc. Par contre, elle est très vigilante face à la concurrence des autres pays car tout le monde se positionne sur le marché marocain. Si la France veut conserver sa place et son rôle au Maroc, elle doit se montrer un peu plus agressive commercialement.» Selon le rapport du ministre marocain de l’Economie et des Finances, les deux-tiers des investissements au Maroc proviennent de la France (39%) et des Emirats Arabes Unis (25%). Aujourd’hui, apparaît aussi dans la liste un «petit» nouveau : les Etats-Unis sont devenus, en 2012, le troisième investisseur au Maroc, avec 1,6 milliard de dirhams d’IDE.

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