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PSA Maroc met à pied des salariés pour appartenance syndicale

PSA Maroc vient de mettre à pied six des salariés du bureau syndical. Les salariés syndiqués sont tenus à l’usure par leur direction, qui multiplie les moyens de pression pour obtenir un départ forcé ou l'abandon du projet de représentation syndicale.

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Photo d'illustration / DR.
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Après une dizaine de jours de tensions entre la direction des ressources humaines, l’administration et les ouvriers de PSA à Kénitra, l’usine automobile a décidé de mettre à pied certains de ses employés, qui ont refusé de signer leur retrait du bureau syndical de l’Union marocaine du travail (UMT) nouvellement créé au sein de l’entreprise.

Contactées par Yabiladi, plusieurs sources syndicales et d’autres proches de l’entreprise ont décrit «une guerre psychologique» menée par le management, qui fait pression particulièrement sur les 11 membres ayant créé le bureau. «Parfois, certains parmi eux sont appelés un à un et on leur dit que leurs camarades s’étaient retirés et qu’il ne restait qu’eux, ce qui est faux bien entendu», nous confie un témoin.

Ce dernier évoque aussi des «convocations individuelles, au cours desquelles les dirigeants du management et de la direction se relayent sur chacun des ouvriers à part, pendant trois heures et demi, pour les pousser à bout et signer des démissions du syndicat déjà prêtes». «L’un des salariés a fini par craquer en faisant une dépression nerveuse et sous les protestations de ses collègues, il a été hospitalisé en urgence», confient également nos sources internes. Sous le coup de pressions et menaces directes, le représentant syndical des salariés se serait retiré du bureau, indique-t-on encore.

Soutien de la CGT PSA France

Tout a commencé en effet le 8 février dernier, lorsque les 11 salariés ont déposé leur dossier de constitution du bureau auprès des autorités locales. «Avant même d’avoir un retour via l’octroi d’un récépissé, le directoire de l’usine a tout de suite été averti et le lendemain, il avait déjà toute la liste des membres, que l’administration a déjà commencé à tenté de persuader de l’inutilité d’un bureau syndical», ajoute un proche des équipes de l’usine. Dans ce contexte, les salariés et responsables syndicaux dénoncent que «PSA a failli à ses obligations légales internationales, auxquelles elle doit se tenir quand elle s’implante dans un pays tiers en tant que société étrangère».

Depuis plusieurs mois, les salariés de PSA dénoncent le non-paiement des heures supplémentaires et des jours normalement chômés mais travaillés. Leur situation a trouvé écho auprès de la CGT PSA en France, qui a exprimé son soutien aux collègues marocains et a promis de faire parler d’eux au sein du siège de PSA.

Délégué syndical de la CGT auprès des usines PSA en France, Jean-Marc Mercier a alors révélé la situation financière globale de l’entreprise. Selon lui, cette dernière a enregistré «2,5 milliards d’euros» de bénéfices, que «les actionnaires de PSA et Fiat vont se partager» en dividendes, sans améliorer la situation des salariés des usines.

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