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Tebboune : «Hassan II était d’accord que le Sahara est une question de décolonisation»

Même en assurant que son pays n’a pas de problème avec le Maroc, le président algérien a réitéré la position de son pays quant au dossier du Sahara occidental. Il a également exprimé la détermination de son pays de s’«imposer» comme médiateur pour une solution à la crise libyenne, mais aussi pour le dossier malien.

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune. / DR
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«Le Maroc est un pays frère et si les Marocains ont des problèmes avec nous, qu’ils nous les exposent», a déclaré dimanche, le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Dans une interview télévisée accordée au directeur de la rédaction du journal Le soir d’Algérie, Nacer Belhadjoudja et au rédacteur en chef du journal El Khabar, Mohamed Baghali, il est ainsi revenu sur les relations maroco-algériennes, affirmant que «les deux peuples s’aiment». «Nous sommes francs et j’ai dit à plusieurs occasions que l’Algérie n’a aucun problème avec le Maroc», a rappelé avant d’insister sur le fait que pour son pays, «la question du Sahara est une affaire de décolonisation».

Pour étayer son argumentaire, Abdelmadjid Tebboune a ainsi souligné que «même le défunt roi Hassan II était d’accord» avec cette position. «Lorsqu’il était venu en Algérie avec le roi Fahd d’Arabie saoudite pour rencontrer le président algérien, les trois dirigeants s’étaient mis d’accord à ce que ce dossier reste exposé devant l’ONU et que les relations fraternelles reprennent (entre le Maroc et l’Algérie, ndlr), ce qui avait été fait de 1989 à 1994», rappelle-t-il.

Quant à l’éventualité d’une «trêve» entre les deux voisins ennemis, avec des attaques par déclarations interposées ayant sensiblement baissé ces derniers mois, le président algérien a assuré n’avoir «jamais diffamé ou insulté le Maroc». «Notre presse ne l’a jamais fait», a-t-il fait savoir, laissant croire que c’est la presse marocaine et les responsables du royaume qui insulteraient l’Algérie. «A Chacun sa culture», enchaîne-t-il.

L’Algérie déterminée à voler la vedette au Maroc sur les dossiers libyen et malien

La nouvelle interview télévisée du président algérien lui a aussi permis d’envoyer plusieurs messages à Rabat sur les dossiers libyen et malien. Ainsi, sur la première question, Abdelmadjid Tebboune a tenu à attribuer la réussite du dialogue entre les parties que Bouznika a accueilli début septembre, aux Nations unies et frères-ennemis libyens, sans mentionner le Maroc.

«Nous avons dit que la crise libyenne est la nôtre et qu’aucun dialogue ne se fera sans nous et je le répète», lance-t-il aux deux journalistes. «De toutes les façons, ce qui a été décidé récemment, avec l’aval de l’ONU, soulèvera une autre forme de légitimité. Les Nations unis ne refusent pas l’idée d’élections et nous avions une proposition de légitimité provisoire, comme celle que nous avions adoptée chez nous en 1992», souligne-t-il.  

«Nous nous imposerons pour participer à une solution en Libye. Nous sommes des voisins, avec plus de 1000 kilomètres de frontières. Nous avons donc un avis sur ce qui se passe en Libye et quelle que soit la solution, ils doivent nous y inclure. Autrement, nous assumerons nos responsabilités.»

Abdelmadjid Tebboune

Sur la crise malienne, qui intéresse aussi le Maroc, le président algérien a fustigé la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), lui reprochant de ne pas avoir consulté l’Algérie dans sa tentative de proposer une solution à la crise dans ce pays.

«La solution de la crise malienne sera à 90% algérienne et nous affirmons que la solution à la problématique du nord du Mali ne sortira pas du cadre de l'Accord d’Alger (signé le 15 mai et 20 juin 2015, ndlr). Notre ministre des Affaires étrangères se rendra prochainement dans ce pays pour suivre cette question de près», a-t-il annoncé.

Abdelmadjid Tebboune réitère ainsi la détermination de son pays de s’imposer comme unique et principal médiateur pour la crise malienne, contrairement au dossier libyen où le Maroc a réussi, lui, à réunir autour d’une même table les principaux belligérants.

A rappeler que les militaires au pouvoir au Mali, depuis le putsch du 19 août, ont rencontré, mardi 25 août à la base de Kati, l’ambassadeur du Maroc, Hassan Naciri, 48h seulement après avoir reçu l’ambassadeur algérien à Bamako.

Article modifié le 2020/09/21 à 15h03

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