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Hind Boutrabch a laissé ses diplômes de côté pour lancer un projet de charrette à café à Marrakech

Hind Boutrabch a abandonné son travail dans une entreprise privée, pour lancer un projet de charrette à café cette année à Marrakech. Et bien qu’impactée par la pandémie du coronavirus, ces circonstances l’ont amenée à réfléchir au développement de son projet, pour surmonter la baisse des revenus.

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Hind Boutrabch est à l'origine du projet de charrette à café à Marrakech, baptisé «Insta Presso». / DR
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Comme tous les matins, Hind Boutrabch se réveille à 5h30 du matin, achève ses préparatifs avant 8h et conduit son café ambulant, à la recherche des amoureux de cette boisson énergisante et stimulante dans les rues de Marrakech.

Elle confie à Yabiladi qu’elle gare sa charrette à café en premier lieu devant l'un des centres d'appels de la ville, au grand plaisir de ses clients qui se comptent par dizaines dans cet endroit. A dix heures du matin, elle la déplace dans le quartier Guéliz pour rencontrer d'autres clients, désormais habitués de ce type de café qu'elle prépare sous leurs yeux. Elle continue à fournir ses services aux clients jusqu'à six heures du soir, lorsqu’elle rentre enfin chez elle pour se reposer et recommencer le même rituel le lendemain.

Une charrette à café

Hind Boutrabch a vu le jour dans la ville de Guelmim. Elle s’est installée ensuit à Agadir après avoir obtenu son baccalauréat pour intégrer l'Université Ibn Zohr. Mais sa résidence dans la capitale du Souss n'a pas duré longtemps. La Marocaine a alors décidé de poursuivre ses études dans une spécialité qui lui permettrait d'accéder rapidement au marché du travail. Elle a ainsi obtenu un diplôme en comptabilité puis un certificat en secrétariat en 2013.

D’un emploi au sein d’une coopérative de vente de matériaux naturels pendant deux ans, où elle a appris les techniques de vente et de communication avec les clients, la jeune femme a rejoint, en 2015, une agence de voyages à Marrakech, où elle a travaillé comme assistante administrative pendant deux ans.

Parallèlement à son cursus universitaire, Hind a continué à chercher un travail plus indépendant. Elle s’est dirigée vers le marketing digital, ce qui lui a fait gagner la confiance de nombreux clients. C’est ainsi qu’elle a choisi de renoncer à son travail pour se consacrer entièrement au commerce.

«J'ai loué une boutique afin d'élargir le cercle des clients, mais je l'ai rapidement fermée. Transférer un projet du virtuel vers monde réel a été une mauvaise expérience.»

Hind Boutrabch

Mais ce premier échec lui a servi de tremplin pour un nouveau projet, avec une idée originale au Maroc. Elle opte donc pour la mise en place d’un café ambulant. «J'ai été inspirée par Internet après avoir pris connaissance des expériences de jeunes femmes à l'étranger. Mon enthousiasme s'est encore accru lorsque j'ai appris que j'étais la première femme à travailler sur un tel projet au Maroc», déclare-t-elle.

Un projet qui s’adapte dans le contexte de la pandémie du coronavirus

Heureusement pour elle, sa famille a été son meilleur soutien pour la réussite de son projet. «J'ai donc acheté tous les outils nécessaires et appris à préparer le café sur Internet et aussi grâce à l'aise d'un ami qui a de l'expérience dans ce domaine. Ensuite, je suis passé du monde professionnel», explique-t-elle.

Sur son premier jour de travail, elle se rappelle avoir conduit, pour la première fois, sa charrette dans la rue en janvier 2020. «Les passants croyaient que je faisais de la publicité pour une entreprise. Ils n'ont pas bien compris le concept, car il ne leur est pas familier», se remémore-t-elle. Ce jour-là, aucun client n'a demandé une tasse de son café. «Ce n’est qu’après quelques jours que j'ai réussi à attirer des clients.» Mais elle évoque toutefois quelques difficultés.

«Travailler dans la rue lorsqu’on est une femme n'est pas chose facile. Je suis soumise à du harcèlement, ce qui me fait peur fréquemment.»

Hind Boutrabch

Néanmoins, la jeune femme affirme que cette expérience lui a appris à compter sur elle-même et à renforcer son caractère.

Deux mois après le lancement du projet, le nombre de ses clients a considérablement augmenté, mais les circonstances liées à la pandémie du coronavirus ont fait baisser son revenu quotidien. Face à cette situation, Hind a décidé de développer son projet, et a fait appel à un jeune homme pour lancer une nouvelle phase. Ainsi, elle livre désormais ses commandes les clients jusqu’à chez eux.

La jeune femme aspire également à étendre son projet dans le futur, en créant un café mais tout en préservant sa «petite charrette». Une femme entrepreneure qui ne se laisse pas abattre par la morosité ambiante, lui préférant l'action.

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