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Culture   Publié

La Cour marocaine du Metropolitan Museum of Art, un hommage à l'art mérinide

Depuis 2011, le Metropolitan Museum of Art accueille une Cour marocaine ayant nécessité un voyage à Fès et le travail de plusieurs mois d’artisants marocains. La conception de cette cour est inspirée par Al Attarin et Al Bu-'Inaniyya, deux Madrasas de Fès du XIVe siècle construites sous le règne des sultans merinides.

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La Cour marocaine au Metropolitan Museum of Art. / DR
La Cour marocaine au Metropolitan Museum of Art. / DR

En novembre 2011, le Metropolitan Museum of Art a ouvert ses nouvelles galeries d'art des terres arabes, de la Turquie, de l'Iran, de l'Asie centrale et plus tard de l'Asie du Sud, abritant sa collection d'art islamique.

Parmi les parties vitales de cette installation figure la Patti Cadby Birch Court, une cour marocaine construite par une équipe d'experts, conservateurs, historiens, designers et artisans pendant plusieurs mois. «En complément des œuvres exposées, qui s'étalent sur les quatorze cents dernières années, la Cour marocaine propose une expérience de l'espace et de l'architecture tout en démontrant des traditions artistiques qui prospèrent encore dans le monde islamique», décrit un reportage du MET, intitué «Building the Moroccan Court». Une vidéo qui «documente un merveilleux voyage de Fès à New York et la création d'une cour du XXIe siècle selon les méthodes traditionnelles du XVe siècle».

Une réalisation qui a été rendue possible grâce à la Fondation Patti et Everett B. Birch, intervenant ainsi dans un contexte particulier. «Dans un renversement typique de notre époque, alors que l'art contemporain de nos plus grands musées semble anhistorique, l'historique se sent à nouveau résolument contemporain. Lorsque, le 1er novembre 2011, le Met a rouvert ses galeries islamiques, l'excitation s'est répandue loin du centre-ville», raconte Jason Farago, critique d'art américain, dans un article de la revue Frieze.

En fait, «le Metropolitan Museum of Art a développé une installation permanente fascinante qui élève les nouvelles galeries d'art des terres arabes, en contactant l'architecte marocain Adil Naji et son réseau d'artisans pour développer la nouvelle Cour marocaine», précise de son côté le Dwell.

La construction de la Cour marocaine du Met. / DRLa construction de la Cour marocaine du Met. / DR

Un hommage à deux Madrasas de Fès du XIVe siècle et à l’art merinide

Il affirme ainsi que si la majeure partie de l'aile est aménagée comme une exposition d'objets, la Cour marocaine, achevée en neuf mois est en revanche un «exemple de ce que les musées peuvent faire en utilisant des connexions mondiales : créer une installation encapsulante qui transporte les visiteurs à travers le monde et il y a 500 ans».

«Dans la recréation de cet espace social important tel qu'il apparaîtrait au XIVème siècle, la lumière blanche traverse le centre du plafond, donnant une impression de lumière naturelle et de plein air ; les carreaux sur les murs sont disposés de manière scientifique exigeant une compréhension approfondie des mathématiques, tandis que la sculpture en plâtre à main levée des arches entourant l'espace est florale et fluide», décrit-on.

Dans une déclaration à Dwell, l’architecte marocain a souligné les différentes compétences requises pour chaque facette de la mise en œuvre de sa conception, faisant part de son appréciation des quinze artisans marocains avec lesquels il a travaillé - y compris ses propres frères - qui ont chacun plus d'une décennie d'expérience dans leur métier.



En fait, cette galerie est une combinaison d'œuvres acquises et de savoir-faire contemporain, détaille-t-on sur le blog du Met Museum. Le musée newyorkais informe qu’il s’agit de «quatre colonnes autoportantes de la période nasride (qui) proviennent de l'Alhambra, tandis que les murs, les colonnes restantes et le plafond ont été construits sur place par Arabesque, une société d'artisans marocains». Leur conception est inspirée, elle, de deux Madrasas de Fès du XIVe siècle : Al Attarin et Al Bu-'Inaniyya, toutes deux construites sous le règne des sultans merinides.

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