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Nasser Bourita : L’opération de rapatriement se poursuit mais «l’Opération Marhaba 2020 n’aura pas lieu»

Le royaume met en place, cette semaine, 30 vols depuis 17 destinations pour rapatrier plus de 4 600 Marocains bloqués à l’étranger, a annoncé Nasser Bourita. Le ministre a également précisé que l’opération Marhaba 2020 du retour des Marocains résidant à l’étranger n’aura pas lieu.

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Le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita. / DR
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Le Maroc s’apprête, cette semaine, à rapatrier plus de 4 600 Marocains bloqués à l’étranger à travers 30 vols de Royal air Maroc, a déclaré ce lundi le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

Devant les députés à la Chambre des représentants, le chef de la diplomatie a précisé que les appareils de la RAM seront exploités à 100%, alors que seulement les deux tiers des avions étaient jusque-là mobilisés pour ces opérations. «Cela nous permet d’augmenter de 50% le nombre de rapatriés», a-t-il précisé.

30 vols pour rapartier 4 644 Marocains bloqués dans 17 pays

Ainsi, «de dimanche 21 au dimanche 27 juin, 30 vols sont à programmer, soit le même nombre durant un mois et demi passés. L’opération concernera plusieurs pays. Outre les pays où il y a un grand nombre de Marocains bloqués, comme la France, nous rapatrierons les Marocains se trouvant dans les pays voisins», a-t-il annoncé.

Il s’agit, selon lui, de 17 pays, à savoir la Turquie, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche, la Mauritanie, la Tunisie, les Emirats arabes unis, la France, le Portugal, la Suisse, la Pologne, les Pays-Bas, le Sénégal, la Belgique, l’Italie et le Royaume-Uni. Et d’ajouter que ces opérations bénéficieront à 4 644 personnes, soit une hausse de plus de 73%.

«A la fin de la semaine, nous aurons rapatriés 7 800 Marocains bloqués à l’étranger», a-t-il déclaré, en précisant que dès la semaine prochaine, l’opération se poursuivra auprès des Marocains bloqués en Allemagne, en Egypte, les pays du Golfe, la Turquie et d’autres pays.

Quant aux Marocains bloqués en Asie ou en Amérique latine, Nasser Bourita a annoncé que les autorités pensent à «créer un hub à Istanbul, Doha ou Paris, pour les regrouper puis les rapatrier». «Nous utiliserons aussi les avions qui viendront rapatrier des ressortissants étrangers depuis le Maroc pour nous ramener des Marocains. C’est le cas notamment du Canada et des Etats-Unis», précise-t-il.

Nasser Bourita a rappelé, avoir «déclaré qu’on ne pouvait pas rapatrier les Marocains» avant la mi-mai, «pour des raisons objectives». «Dès le contrôle de la situation épidémiologique, le Maroc a commencé à se mobiliser pour rapatrier ses ressortissants. Ainsi, depuis le 15 mai, l’opération de rapatriement a bénéficié à 3 151 personnes», a-t-il ajouté, en précisant que ces opérations se sont «déroulées dans des conditions précises et un protocole sanitaire strict», pour concerner des «personnes vulnérables».

L’opération Marhaba 2020 n’aura pas lieu

L’opération de rapatriement «passera à la vitesse supérieure», affirme-t-il en promettant une «opération qui sera différente dès cette semaine», avec l’augmentation du nombre de personnes rapatriées. «Nous viserons les citoyens vulnérables, soit près de 8 000 personnes, sachant que le Maroc n’a pas les moyens de rapatrier 70 ou 80 000 personnes bloquées à l’étranger», tranche-t-il. Et de promettre que son ministère «réfléchit à d’autres formules pour ces derniers, en prenant par exemple en charge que les frais de vols et de dépistage». 

Quant à l’opération Marhaba 2020, le ministre a noté qu’il s’agit «d’un concept qui implique une préparation depuis avril, une coordination avec des pays, une animation et l’intervention de plusieurs institutions».

«En tant que concept, l’opération n’aura pas lieu, car nous n’avons rien préparé en avril, tandis que les pays européens avaient leurs frontières fermées à l’époque. Maintenant, pour le retour des Marocains résidant à l’étranger, cela est tout à fait normal et dépendra de quatre conditions.»

Nasser Bourita

Le ministre a ainsi cité «l’ouverture des frontières internationales», «les mesures mises en place par les pays de transit, comme l’Espagne et l’Italie, pour assurer le passage», «la situation épidémiologique internationale, surtout que l’OMS craint une deuxième vague, ainsi que nationale» et le «protocole sanitaire pour chaque personne rentrant de l’étranger». Et de préciser que «si le Maroc a un protocole clair, avec un confinement de 9 jours et deux tests PCR, cela impactera l’opération de retour». «Jusqu’à ce que le Maroc change ce protocole, tout Marocain ou étranger arrivant dans le royaume doit y être soumis», assure-t-il.

Des déclarations qui ont déplu à certains parlementaires, ayant considéré qu’avec cette stratégie, le Maroc «ferme la porte tout en ouvrant les fenêtres», sans pour autant donner de dates.

Article modifié le 2020/06/22 à 20h52

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