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Santé Publié

Les conseils d’experts pour garder une bonne santé mentale en situation de confinement 

L’état d’urgence sanitaire nécessitant un confinement peut s’avérer comme une expérience traumatisante pour certains. Ainsi, le psychiatre Mohamed Hassoun et des psychologues Abdelhak Azdad et Ahmed Al Hamdaoui recommandent de rester attentifs à certains symptômes.

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Photo d'illustration. / DR

Rester confiné dans son appartement ou sa maison plusieurs semaines, peut devenir toxique pour la santé mentale humaine. Presque une semaine après l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, plusieurs Marocains constatent, en effet, un changement de leurs comportements pour s’adapter à ce nouveau mode de vie. D’autres font état de réactions au confinement, comme l’anxiété, l’ennui ou encore le stress.

Pour le psychiatre, psychanalyste et directeur de l'hôpital psychiatrique Béni Makada à Tanger, Mohamed Hassoun, les réactions face à cette situation restent «normales et dépendent de la personnalité et des connaissances de chacun». «Il y a ainsi ceux qui développent de l’anxiété, de la panique et du stress excessif et qui souffrent déjà de troubles tout au long de l’année et les autres personnes dites ‘’saines’’», différencie-t-il.

Comment le confinement impacte la vie des Marocains ?

«L’excès de stress et d’anxiété peuvent être alarmants voire même handicapants ou invalidants», met-il en garde. Et d’ajouter qu’«une personne prédisposée et en isolement peut développer une dépression aigue, aggravée par le manque d’activité et de contacts».

De son côté, le psychologue et neuropsychologue clinicien Abdelhak Azdad rappelle que cette «pandémie est un événement majeur» pour les Marocains. «La génération actuelle n’a jamais vécu de pareilles circonstances. Cela a constitué un choc pour certains», ajoute-t-il. Il y voit aussi «des choses positives, comme la confiance dans l’Etat, le sentiment de citoyenneté, le renforcement de la solidarité et de la cohésion sociale».

«Cela aura aussi des impacts négatifs, comme l’anxiété ou encore l’inquiétude pour son état de santé et celui de ses proches. Cette peur pèse sur la psychologie de l’humain.»

Abdelhak Azdad

De son côté, le spécialiste en psychiatrie clinique et en psychologie, Ahmed Al Hamdaoui estime que «les sentiments d’ennui et de stress dépendent de la façon dont les gens sont convaincus de l'utilité de la quarantaine ou de l'isolement». Il explique que «le fait de sentir une pression, une volonté de reprendre une vie normale et d'avoir des contacts le plus tôt possible contribuent à amplifier le sentiment d'être enfermé et coincé». «Cela signifie que ces personnes ne sont pas convaincues par l'idée qu'elles se protègent et protègent les autres à travers le confinement», enchaîne-t-il.

Ainsi, dans des circonstances pareilles, des sentiments malsains commencent à se développer. «Être enfermé crée de la panique et du stress, voire de la peur. Les personnes qui éprouvent ces sentiments essaient de les gérer en adoptant de mauvaises habitudes, comme une alimentation excessive», explique encore Ahmed Al Hamdaoui, mettant en garde contre un comportement «malsain» qui s’ajoute à l’absence d’activité physique.

Rester positif et éviter les mauvaises habitudes

Les trois experts émettent un certain nombre de recommandations pour maintenir une bonne santé mentale. Ainsi, «il faut s’adapter à ce nouveau mode de vie», nous déclare le directeur de l'hôpital psychiatrique Béni Makada à Tanger.

«Cette adaptation peut être comportementale, à travers des hobbies comme la lecture, les sports, l’apprentissage, l’écriture ou la communication avec d’autres personnes. Il faut aussi instaurer une dynamique au sein des familles et se débarrer de l’anxiété à travers des activités.»

Mohamed Hassoun

Et de suggérer la mise en place d'«un programme pour diviser sa journée et son temps libre, car une programmation restreinte a un impact psychologique sur l’être humain».

De son côté, Ahmed Al Hamdaoui recommande de «bien dormir, se réveiller tôt, boire beaucoup d'eau et surtout faire de l'exercice à la maison». «Les parents doivent avoir un emploi du temps et aider les enfants à étudier. Les hommes doivent reconsidérer leur comportement à la maison, car ils seront à la maison et doivent ainsi écouter leurs enfants et leurs femmes et être là pour eux au lieu de passer du temps à l'extérieur», suggère-t-il.

L’expert avertit les parents sur l’importance d’informer et de sensibiliser ses enfants, tout en les laissant jouer. «Nous ne devons pas les en empêcher car il est très important pour ceux âgés de moins de 12 ans d'être actifs deux à trois heures par jour», souligne-t-il.

«Il faut innover et mettre en place des activités collectives, comme faire le ménage ensemble, réarranger les chambres, préparer des plats ensemble par exemple», complète Abdelhak Azdad pour qui il faut «s’éloigner de tout ce qui est négatif et inquiétant et chercher les informations instructives et positives». Et l’expert d’énumérer des symptômes qui doivent alerter et peuvent nécessiter l’intervention de spécialistes, comme «le manque d’appétit, les troubles de sommeil, les cauchemars ainsi que certains symptômes physiques, comme les palpitations».

«Si les symptômes deviennent aigus, il faut consulter un expert pour des séances thérapeutiques afin de les atténuer», conclut Mohamed Hassoun.

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