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Politique Publié

Le contrôle des mosquées de Ceuta au coeur d'une bataille entre l'Espagne et le Maroc

Les autorités de Madrid poursuivent leur grand projet de créer «un islam d’Espagne». Pour ce faire, elles ont lancé en 2017, le programme d’enregistrement des religieux. A Ceuta, il fait face à la réticence de groupes d’imams au point que certaines voix accusent les renseignements marocains.

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Mosquée Moulay El Mehdi à Ceuta / DR

A Ceuta, le ministère de la Justice entend relancer l'opération d’enregistrement des imams à partir de ce mois. Une campagne confiée à la Commission islamique d’Espagne (CIE), le bras religieux de l'Etat espagnol, indique El Faro de Ceuta.

L’enregistrement des religieux de toutes les confessions a été lancé en octobre 2017 mais sans pour autant convaincre les responsables de culte musulman à Ceuta. Il ne sont actuellement que trente imams à s’être inscrits sur le registre officiel. Un nombre largement inférieur au nombre des bouddhistes, relève la même publication. Plusieurs voix en Espagne n'hésitent pas à mettre l'échec de cette opération de recensement sur le dos du Maroc et de ses services de renseignements. Elles évoquent des pressions sur les imams pour qu’ils boycottent l’initiative.

Mohamed Hamido, le délégué de la CIE à Ceuta, pense que l'opération lancée par le ministère de la Justice est positive. Il espère atteindre 60 imams inscrits d’ici la fin de l'été.

Vers un renforcement du contrôle des mosquées

L’enregistrement des imams à Ceuta ou à Melilla est un pas de plus dans l’édification d’un «islam d’Espagne». La réorganisation de la Commission islamique d’Espagne est, d'ailleurs, la principale déclinaison de ce grand projet des autorités espagnoles initié en 2015 par le gouvernement de droite dirigé par Mariano Rajoy.

C'était quelques mois après la très sérieuse mise en garde lancée par le très influent institut royal Elcano sur l'influence du Maroc sur l'islam ibérique. Dans un rapport intitulé «Relations : Espagne-Maroc», le think tank avait en effet sommé les autorités espagnoles à «s’engager activement» dans la formation des imams des mosquées sur l’ensemble du territoire et ne pas laisser le champ libre au Maroc.

Au lendemain des attentats terroristes de Barcelone d’août 2017, le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq, avait plaidé pour une coopération maroco-espagnole «pour faire face à l’extrémisme» religieux. Pour sa part Abdellah Boussouf, le secrétaire général du CCME, avait appelé les autorités de Madrid «à suivre le modèle de l’islam marocain».

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