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Société Publié

Affaire Félix Ramos : Un centre pour mineurs fermé à Tanger sur fond d’abus sexuels

Dans le cadre de l’affaire Félix Ramos, où cet Espagnol est poursuivi à Tanger suite à deux plaintes, dont une pour abus sexuel sur mineur, le nom de l’association «Ningún Niño Sin Techo» (Pas d’enfant sans toit) est cité à plusieurs reprises. Une raison pour laquelle sa présidente a quitté le Maroc pour Marbella alors que le centre de l’ONG à Tanger a été fermé.

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María Rodríguez Almendros en compagnie de Félix Ramos (d) lors d'un événement. / Ph. El Espanol

L’affaire d’escroquerie et d’abus sexuels présumés sur mineurs ayant éclaté à Tanger et dans laquelle des Espagnols seraient impliqués, ne cesse d’agiter la ville du Détroit. Après les révélations d’un jeune homme, accusant Félix Pedro Ramos et d’autres personnalités, dont un chanteur, de viol alors qu’il était mineur, voilà que le scandale touche désormais un centre pour mineurs à Tanger, géré par l’association espagnole «Ningún Niño Sin Techo» (Pas d’enfant sans toit).

Ainsi, selon le journal El Espanol, la fondatrice de l’ONG et directrice du centre tangérois basé à la maison «Al Amal» sise dans le quartier Val Fleuri, María Rodríguez Almendros, a fui le Maroc pour l’Espagne au moment où la police s’apprêtait à lui retirer son passeport et lui interdire de quitter le territoire national. Son centre, ouvert depuis plus de 14 ans à Tanger, a été sommé de fermer ses portes au Maroc après que le nom de l’association a été cité dans cette affaire.

Un centre où Félix Ramos a rencontré sa victime présumée

A Marbella, où réside depuis 1982 María Rodríguez Almendros, la présidente de l’ONG a assuré que son retour en Espagne a été décidé pour «des raisons de santé». Elle avait été entendue au commissariat. «J’ai dit la vérité», a déclaré la présidente de Ningún Niño Sin Techo, confiant que les personnages célèbres qu’elle avait reçus à la maison, par le biais de Félix Ramos, «n’avaient été en contact avec aucun enfant». 

Pourtant, c’est là-bas que le mineur vivant dans le centre au moment des faits avait rencontré Félix Ramos, selon sa plainte. De plus, ces propos peuvent être contredits, selon El Espanol, par les images du pédophile présumé entouré d’enfants bénéficiaires de l’ONG, partagées sur les réseaux sociaux. «Les photographies correspondent aux propos rapportés par la victime, M.B., âgée de 20 ans aujourd’hui et qui a rencontré Ramos à l’âge de 14 ans», poursuit le média.

Le jeune homme, qui a dénoncé Félix Ramos alors que ce dernier se trouvait au Maroc, en garde à vue suite à d’autres plaintes pour escroquerie, a aussi raconté en détail une soirée du Nouvel An chez Manuela Vilches, une galeriste de Marbella qui, jusqu’à la détention de Ramos, a également vécu à Tanger. Le plaignant s’y était rendu, accompagné d’un autre mineur accueilli par Ningún Niño Sin Techo et un tuteur de l’ONG.

Le centre et l’ONG fustigés pour une mauvaise gestion ?

Il ne s’agit pas ici du premier cas avéré. Selon les sources du média, María Rodríguez avait confié à des amis son intention d’«expulser» une volontaire espagnole qui donnait des cours d’informatique, car «elle a autorisé les enfants à fumer» et aurait été «très proche de l’un d’eux».

Comme indiqué dans la plainte, «au moins un autre garçon accueilli par l’ONG a eu des relations sexuelles avec Félix Ramos jusqu’à son arrestation». En outre, l’ONG marocaine Touche pas à mon enfant, qui suit ce dossier, a signalé qu’un autre Marocain était en prison pour avoir abusé d’un autre mineur résidant dans le centre de Ningún Niño Sin Techo.

Après l’arrestation de Felix Ramos en juin dernier, Maria Rodriguez «avait aussi dit à ses amis qu’elle avait l’intention de fermer le centre pendant les mois d’été», poursuit le média.

Une célébrité espagnole qui visitait fréquemment la maison et venaient présenter un gala de charité a confié au journal, lors d’une conversation téléphonique, que les enfants ne parlaient pas bien du centre et qu’ils n’aimaient pas sa directrice. Selon elle, les garçons se sont plaints qu’«elle voyageait avec son chien et les laissait seuls sans argent». 

Au cours de ce dernier trimestre, María Rodríguez a reçu une mise en demeure du propriétaire du foyer d’accueil pour six mois de loyer impayé. A Marbella, certaines des personnes qui ont aidé son association auraient aussi demandé des comptes, poussant cette ressortissante à «penser à changer le mode de subvention de l’ONG, en dirigeant l’argent directement vers les écoles».

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