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Politique Publié

Maghreb : Suite au Hirak algérien, un rapprochement avec le Maroc est «possible» selon Marzouki

Très attaché au projet d’un Grand Maghreb, l’ancien président tunisien Moncef Marzouki est revenu, dans une interview, sur sa position du Hirak en Algérie, les frontières de celle-ci avec le Maroc et l’«axe du mal» formé par les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Egypte. Une sortie médiatique qui déplaît au pouvoir algérien.

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L'ancien président tunisien Moncef Marzouki. / Ph. DR

Le 20 juin dernier, l’ancien président tunisien Moncef Marzouki accordait une interview à Sputnik France où il a notamment évoqué le grand Maghreb, l’Algérie, le Maroc et la relation entre ces pays et les monarchies du Golfe qui formeraient un «axe du mal».

Dans l’interview, partagée mercredi par l’ancien président de la République tunisienne et par Sputnik, il estime que la révolution populaire déclenchée il y a quelques mois en Algérie va non seulement servir de «bouclier» pour les changements à venir en Tunisie, mais elle devrait également permettre de relancer le projet d’un Grand Maghreb que les peuples maghrébins appellent de leurs vœux.

L’homme politique tunisien affirme aussi que contrairement aux Tunisiens, qui ont été «naïfs» en acceptant de faire la transition avec l’ancien régime, les Algériens, eux, n’accepteront pas que le système se perpétue. L’occasion pour Marzouki de prédire «une vraie rupture en Algérie» et «un rapprochement avec le Maroc» qui deviendraient enfin «possible».

Pour lui, c’est cette relation conflictuelle entre les deux pays qui constitue le principal obstacle à la réalisation d’un grand espace commun au Maghreb susceptible de regrouper plus de 100 millions d’habitants.

«L’avenir de la Tunisie est dans un espace maghrébin et un espace africain dont elle s’est longtemps exclue. Dès 2012, j’ai entrepris une tournée des capitales maghrébines pour tenter un rapprochement entre le Maroc et l’Algérie sur la question de l’abrogation des vielles frontières qui sont une aberration aussi bien pour les peuples que pour les États, mais le niet est toujours venu des dirigeants algériens.»

Moncef Marzouki

Des déclarations qui irritent le pouvoir algérien

Dans l’interview, l’ex-président tunisien accuse notamment les Émirats arabes unis d’avoir «mis toutes leurs billes dans la balance pour casser les révolutions arabes, sans y parvenir». Evoquant un «axe du mal» que forme Abou Dhabi avec l’Arabie saoudite et l’Egypte, il dénonce au passage le pourrissement de la situation au Soudan et en Libye. Mais il entrevoit un «sursaut» identitaire de la part des États du Maghreb pour ne pas se laisser à leur tour gangrener. «Je suis persuadé qu’il va y avoir un sursaut du Maghreb par rapport au Machrek pour mieux marquer, désormais, son pré carré, car les Maghrébins en ont assez des puissances moyen-orientales qui exportent le chaos chez eux !», lance-t-il.

Cette réaction fait suite à une sortie médiatique de Moncef Mazouki en mai dernier où il a dit parier «beaucoup» sur le Hirak en Algérie pour une réouverture des frontières avec le Maroc et une relance du projet maghrébin. Mais sa dernière interview déplait au pouvoir algérien. Hier, Algerie Patriotique, site d'information proche de l'armée, a fustigé l’ex-président tunisien, lui reprochant d’avoir «utilisé les espoirs suscités par la transition politique en Algérie comme ‘cheval de Troie’ pour donner une seconde vie à son agenda pro-marocain».

«En visite au Maroc dans le cadre d’une activité partisane à l’occasion de laquelle il a été également reçu en audience par le roi Mohammed VI, l’ancien président tunisien Moncef Marzouki a cru bon de déballer ses platitudes bouffies de ressentiments contre l’Algérie sur les raisons du blocage de l’intégration maghrébine», dénonce encore le média habitué au règlement de compte et attaque ad hominem.

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