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Grand Angle  

Abdelilah Benkirane : «Le roi est mécontent» et «Akhannouch n’est pas fait pour la politique»

L’ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du PJD revient à la charge, dans une déclaration filmée, pour alerter sur la situation générale du Maroc et affirmer que «le roi est mécontent». L’occasion également pour critiquer indirectement les dirigeants de son parti, de faire un clin d’œil à l’USFP et affirmer qu’Aziz Akhannouch «n’est pas fait pour la politique».

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Abdelilah Benkirane, ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du PJD. / Ph. DR.
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L’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a affirmé jeudi à Rabat que le Maroc se dirige vers une situation «proche de celles de certains pays» ayant connu récemment des chamboulements. Un clin d’œil au Printemps arabe ayant frappé, en 2011, plusieurs Etats, dont la Tunisie, la Libye et l’Egypte.

Dans une déclaration filmée lors des membres du bureau national de la Fédération marocaine de l’agriculture, affiliée au bras syndicat du PJD, l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), Abdelilah Benkirane a rappelé la position de son parti du Printemps arabe. L’occasion pour lui de déclarer que «les Marocains ne doivent pas se taire» face à la situation générale du pays.

Le roi «est mécontent»

L’ancien secrétaire général du parti de la Lampe a considéré que les cinq ans qu’il a passées à la tête du gouvernement ont été «très honorables pour le Maroc, les Marocains et le PJD». «Même si ces cinq années ont été marquées par des coups et des méthodes tordues pour entraver le travail du gouvernement», ajoute-t-il.

Abdelilah Benkirane a affirmé que «le roi est mécontent». «Il a critiqué les partis politiques et exprime son mécontentement de l’administration tout en évoquant l’Enseignement et la Santé», détaille-t-il. «Le roi a sauvé le Maroc et les Marocains d’une faillite certaine», enchaîne-t-il, en évoquant le discours royal du 9 septembre, la Constitution de juillet 2011 et les législatives de la même année.

«Critiquez le gouvernement si vous le voulez, ou encore les partis politiques. Mais épargnez le roi parce que nous ne parlerons pas de notre roi comme parlent les Français de leur président.»

Abdelilah Benkirane

Le RNI et l’USFP critiqués, le PAM presque épargné

Tout comme Lahcen Daoudi dans son interview parue cette semaine sur les colonnes d’Akhbar Alyaoum, l’ancien chef de fil de la Lampe a reconnu que la popularité de sa formation politique a été négativement impactée.

L’ex-dirigeant de la Lampe refait aussi marche arrière sur ses déclarations précédentes. Alors qu’il a évoqué l’«intimidation» au sein du PJD, au point de la qualifier de «baltaja» lors de sa sortie médiatique du 14 octobre dernier, Benkirane change de ton. Jeudi, il a affirmé qu’«il n’y a pas de Baltaja au sein du PJD». Mais il fait état de «certains constats» qui lui déplaisent, citant «le monopole dans la prise de décision, l’ingérence et la loyauté envers certaines personnes, acquise de manière inappropriée». «Le parti fort est comme un corps fort qui ne doit pas succomber à la maladie, sinon nous deviendrons que comme l’un des partis politiques qui était autrefois très dominant», lance-t-il, comme un clin d’œil à l’Union socialiste des forces populaires (USFP) de Driss Lachgar.

Et comme il ne critique jamais le parti de l’USFP tout seul, Abdelilah Benkirane tire aussi sur le président du Rassemblement national des indépendants (RNI). Cette fois-ci, il appelle nommément Aziz Akhannouch à «s’occuper de son agriculture et abandonner la vie politique, puisqu’il n’est pas fait pour ce domaine». «Il a été hâtivement ramené pour résoudre un problème et doit quitter. C’est un conseil puisque malgré le désaccord, je l’apprécie toujours», conclut-il.

Jeudi, Abdelilah Benkirane n’a mentionné indirectement le PAM qu’une seule fois, l’évoquant en tant que «fameux parti» sans lui adresser ses flèches.

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