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Les leaders du Hirak ont été placés sur écoute pendant quatre mois

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Nasser Zefzafi, leader de la contestation née dans le Rif, lors d’une manifestation le 18 mai 2017 / Ph. Youssef Boudlal (Reuters)

Les autorités marocaines ont mis sur écoute pendant plusieurs mois trente leaders du Hirak, dont la majorité sont actuellement jugés à Casablanca, indique aujourd’hui le journal arabophone Al Masae, qui a pu consulter l’ordonnance judiciaire, cité par l’agence EFE.

Parmi les téléphones interceptés, celui de Nasser Zefzafi, figure de proue du mouvement de protestation rifain, ainsi que d’autres militants actuellement en détention préventive à la prison d’Oukacha, tandis que leur procès se poursuit.

D’autres mobiles mentionnés dans l’ordonnance appartiennent à des militants qui ne figurent cependant pas parmi les détenus, ajoute la même source.

L’ordonnance judiciaire, qui circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, a été émise par la cour d’appel de Rabat au début du mois de décembre 2016. Un document délivré pour quatre mois, prorogeables une fois, autorisant des mises sur écoute en raison de «la gravité et l’urgence» de la situation, et par crainte que «les preuves disparaissent», lit-on dans l’ordonnance.

Le procureur général avait réclamé que plusieurs activistes soient placés sur écoute, les accusant de «conspiration contre la sécurité de l’Etat, et pour permettre aux effectifs de la police judiciaire de suivre leurs mouvements, compiler des données sur ce réseau criminel et détecter des possibles ramifications à l’intérieur et en dehors du Maroc».

Al Masae rappelle que ces écoutes téléphoniques ont déjà été abordées lors du procès qui se déroule actuellement à Casablanca, entre les avocats de la défense et le procureur général, suscitant de vives polémiques.

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