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France : Une photo choquante remet la lumière sur les mineurs marocains errant dans les rue de Paris

Trois paires de jambes qui dépassent de tambours de sèche-linge. Cette photo résume la détresse des mineurs marocains, qui errent dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris. Rapidement, le cliché est devenu viral et a ému les internautes, qui célèbrent Noëlet les fêtes de fin d’année en famille. Détails.

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Cette photo a été prise par hasard par Chrisitine S, alors qu’elle se dirigeait vers un gymnase voisin, dans le 18e arrondissement de Paris / Ph. Infernale75 - Twitter
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Une photo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit trois mineurs marocains sans domicile fixe, dormant dans les sèche-linge d’une laverie à Paris. «Ces enfants des rues de la Goutte d’Or (Paris), de jeunes marocains abîmés et agressifs, sont connus des autorités qui cherchent à prendre en charge ces mineurs refusant pourtant toute main tendue», écrit le quotidien français La voix du nord.

Les internautes ont été émus par cette photo, où de jeunes marocains tentent de trouver de la chaleur au sein des tambours d’une laverie, en cette période de grand froid en France.

Cette photo a été prise par Christine S, alors qu’elle se dirigeait vers le gymnase voisin, dans le 18e arrondissement de Paris, le 20 décembre dernier. «Cette rue de la Goutte d’Or, [la Parisienne de 53 ans] la connaît par cœur», écrit Le Parisien. En tournant la tête vers la droite, la Française «aperçoit trois silhouettes d’adolescents dans une laverie. Tous réfugiés dans des machines à laver», indique la même source.

Le cliché est frappant, parce qu’il montre le quotidien de ces Marocains, pour la plupart très jeunes, qui errent dans les rues de la Goutte d’Or.

A la recherche de chaleur en ce froid de décembre

«C’est la première fois que je voyais ça en douze ans», raconte Christine S au quotidien français. «Ça m’a touchée, j’ai trouvé choquant de voir ces jeunes migrants, dont au moins l’un dormait, dans cette situation. Quand j’ai montré cette photo à mon entourage, on m’a conseillé de la diffuser sur les réseaux sociaux car elle est frappante.»

Deux jours plus tard, la Parisienne diffuse le cliché sur Instagram et Twitter en expliquant que ces mineurs marocains «cherchaient un peu de chaleur dans le tambour des machines». En cette période de fête et de Noël, la photo a ému de nombreux internautes qui ont été émus par la détresse de ces jeunes.

Ces mineurs marocains sont connus dans le quartier de la Goutte d’Or. Ils sont arrivés il y a près d’un an. Environ une vingtaine au départ, «très jeunes – certains n’avaient pas dix ans – et se sont installés dans un square, dans l’un des coins les plus populaires du 18e arrondissement. Ils vivent de larcins», écrit La Voix du Nord.

Ces natifs du Maroc, surnommés «les enfants perdus», ne parlent pas français et sont pour la plupart accros aux drogues. Michel Delpuech, le préfet de police de Paris, avait déclaré en novembre dernier qu’ils étaient «80 dans cette situation dans ce quartier au nord de Paris. Tous refusent les prises en charge proposées», rappelle Le Parisien.

«Au début, ils se contentaient de menus larcins. Mais maintenant, ils sont passés aux vols à la tire, aux arrachages de colliers, aux cambriolages», déclare Valérie Goetz, commissaire principale du 18e arrondissement à la même source.

«Ils commencent à se mélanger avec des délinquants plus âgés, des trafiquants de cigarettes et des contrebandiers.»

La propriétaire de la laverie s’insurge, puisque plusieurs clients n’osent plus venir. «Le chiffre d’affaires de cette laverie a été divisé par quatre», précise-t-elle.

L’un des jeunes, âgé de 15 ans tout au plus, déclare : «On n’a rien à faire dehors, on vient là». A cause du froid, il profite des lieux pour se réchauffer, ajoute le quotidien d’information.

Touraya Bouabid, présidente de l’Association marocaine d’entraide aux mineurs en situation précaire (Amesip) déclare à La voix du Nord que ces mineurs «âgés de 14 à 25 ans» sont issus «de la classe moyenne et ont un membre de leur famille au Maroc» pour la plupart. Ils sont originaires de plusieurs villes (Fès, Tétouan, Tanger…). L’Amesip travaille d’arrache-pied à retrouver les familles de ces «enfants perdus» pour «leur assurer un meilleur avenir autre que l’errance à la Goutte d’Or», conclut Le Parisien.

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