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Société   Publié

Taroudant : Les travailleurs licenciés d'une ferme de Moulay Hicham revendiquent leurs droits

Les autorités locales de la ville de Taroudant sont intervenues pour interrompre un sit-in organisé dimanche par un certain nombre de travailleurs d’une ferme appartenant au prince Moulay Hicham. Contacté par Yabiladi, la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l'homme (LMCDH) revient sur la situation et les exigences des employés licenciés. Détails.

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Les autorités locales de Taroudant sont intervenues pour arrêter un sit-in organisé dimanche devant la ferme appartenant au prince Moulay Hicham. / Ph. DR

Après plusieurs mois de silence, le problème des ouvriers agricoles d’une ferme de Moulay Hicham située à Taroudant, «victimes de licenciements abusifs» de la part de la direction, refait surface. Dimanche, cinq travailleurs de la ferme ont organisé un sit-in pour protester contre leur licenciement. La manifestation, qui s'est déroulée devant la ferme, a ensuite été interrompue par les autorités locales de la ville. Celles-ci ont promis de revenir vers les ouvriers après une prise de contact avec les propriétaires de la ferme dans les prochains jours.

Après plusieurs mois de silence, les travailleurs de la ferme de Moulay Hicham ont décidé de faire part de leurs inquiétudes. Certains d’entre eux seraient victimes d’une vague de licenciements abusifs par l'administration de la ferme. Une information confirmée par la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l'homme (LMCDH), une organisation non gouvernementale qui défend les droits de l'homme au Maroc. Cette dernière a déclaré à Yabiladi que les travailleurs expulsés envisagent d’entamer une grève de la faim dans le but de récupérer leurs postes au sein du «Domaine El Boura».

Selon Hicham El Haouari, chef de la branche locale de la LMCDH, «le problème a commencé il y a plus d'un an lorsque l'administration de la ferme a décidé de licencier des travailleurs». L'ONG, qui assiste les travailleurs depuis plusieurs mois, a insisté sur le fait qu'ils ont été expulsés «afin de ne pas bénéficier de l'ancienneté, sachant que certains d'entre eux ont passé plus de 20 ans à travailler dans cette ferme».

«Lorsque la décision a été prise, les travailleurs agricoles ont estimé qu'ils ont été victimes d’injustices et ont décidé de se joindre à un syndicat. Une fois dedans, ils ont été renvoyés et environ 180 ouvriers ont organisé plusieurs sit-in. En conséquence, la direction a décidé de renvoyer certains travailleurs et d'en garder d’autres.»

Les travailleurs du «Domaine El Boura» menacent de recourir à d'autres formes de protestation

La Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l'homme soutient actuellement les cinq employés récemment licenciés, qui ont refusé de demander l'aide du syndicat. Ils croient, toujours selon le président de la LMCDH-Taroudant, que leurs droits ne seront pas acquis lors des négociations avec les responsables de la ferme et le syndicat.

Quant à la situation de ces travailleurs, Hicham El Haouari confie à Yabiladi qu'ils ont révélé «plusieurs choses qui se passent dans la ferme». «Des choses honteuses», lâche-t-il avant de préciser que l'un des employés licenciés souffre d'asthme mais qu’il a toutefois été forcé de travailler dans certaines «zones qui pourraient nuire à sa santé». Lorsque la direction de la ferme a reçu un certificat médical sur sa santé, elle aurait continué à l'obliger à travailler dans ces endroits, poursuit notre source.

Les travailleurs licenciés ne réclament que leurs droits, parmi lesquels le retour au travail. «Notre objectif concerne les droits de l'homme. Nous soutenons ceux qui ont décidé de protester pour obtenir leurs droits», assure El Haouari. Il exprime aussi le souhait que cette affaire arrive devant le propriétaire de la ferme «afin d'intervenir et de mettre un terme à la souffrance de ces travailleurs». «Actuellement, ils (les travailleurs, ndlr) ont suspendu leur sit-in même si les revendications ne sont pas encore exécutées. Ils menacent de faire appel à d'autres formes de protestation afin de parvenir à une solution à ce problème», conclut-il.

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