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Sport Publié

Zineb El Briouil, l'une des plus jeunes cavalières marocaines

Du haut de ses 18 ans, rien n’arrête Zineb El Briouil. Et c’est sur l’hippodrome de Marrakech qu’elle a su prouver qu’elle avait sa place dans une discipline dite pour les hommes. Portrait.

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Zineb El Briouil et son entraîneur, qui n'est autre que son papa. / Ph. AFP

Le monde équestre, un univers purement masculin ? C’est bien le contraire que semble vouloir prouver Zineb El Briouil, et pour cause elle est la troisième femme marocaine, à l’instar de Bouchra Marmoul, à fouler les hippodromes du royaume sur quelque 300 jockeys que compte le Maroc, rapporte l’AFP relayée par Le Parisien. Un point dont elle est fière et qu’elle compte perdurer, d’où un entraînement intense au quotidien : «Zineb monte tous les jours, au moins une heure, et pratique d’autres sports comme la course à pied en appui de son entraînement».

Le pied à l'étrier dès l'âge de 9 ans, avec au départ un goût prononcé pour l’obstacle, la jeune fille a été initiée à la discipline par son papa pour plus tard porté son dévolu sur la course. Un papa toujours présent lors des compétitions de sa fille puisqu’il n'est autre que son entraîneur. «La première fois qu'elle a essayé, ses jambes sont sorties des étriers, elle s'est énervée et a dit qu'elle refusait de continuer», se remémore Mbarak El Briouil. «Je lui ai dit: remonte, ça marchera demain. Si tu n'essaies pas encore, tu n'apprendras jamais. Tu dois monter, monter et encore monter pour apprendre», confie-t-il.

Zineb vient d’une famille qui vit du cheval, un univers qui n’aurait pas pu l’épargner et dont elle n’a jamais pu se passer. Elle a alors intégré l’Institut national du cheval de Dar El Salam à Rabat, où elle y a étudié trois ans : «une année comme soigneuse et deux ans en tant que jockey». 

Zineb lors de sa dernière compétition à Marrakech. /Ph. AFPZineb lors de sa dernière compétition à Marrakech. /Ph. AFP

La discipline équine, un sport encore trop masculin

La jockey a concurru le 7 mai dernier pour un prix international sur le tout nouveau hippodrome merrakchi. Le lieu, qui vient d’être inauguré dans la ville ocre, a accueilli une compétition qui a permis à Zineb de se mesurer «à des femmes jockeys venues du monde entier.» Elle a ainsi été la seule femme jockey au Maroc à avoir gagné 12 épreuves nationales face à la gent masculine, ajoutant qu’elle est «fière de participer à une course internationale». Elle s’est ainsi hissée à la sixième place, un résultat moyennement décevant pour la cavalière.

Le secteur connait aujourd’hui une croissance notamment économique puisqu’il génère 30 000 emplois, selon l’AFP. Ainsi, le royaume dénombre plus de 3 000 propriétaires de chevaux et sept hipprodromes où chaque année ce sont 2 400 courses qui y sont organisées. Bien que le secteur soit en plein essor, l’hippisme au Maroc a encore du chemin à faire quant à la mixité notamment concernant la place faite aux femmes. Simple exemple, l’hippodrome où Zineb a mené sa compétition est totalement neuf et ne compte pourtant aucun vestiaire réservé aux femmes ; les concurrentes ont du se diriger vers l’infirmerie pour revêtir leur tenue. Mbarak El Briouil insiste : 

«Il faut maintenant un effort au niveau national, il y a huit courses par semaine au Maroc, réservons-en une pour les femmes !»

Des femmes qui aujourd’hui sont quasi inexistantes dans les courses puisqu’elles préfèrent se tourner vers l’obstacle ou la ‘tbourida’ (fantasia équestre, ndlr). Des sports équestres en vogue chez les femmes car ils leur sont plus accessibles car moins difficile selon Zineb. Et la jockey d’ajouter : «En plus, on ne voit que des garçons sur les champs de courses, les filles pensent qu’elles ne peuvent pas le faire». L’entraîneur et papa de la jeune fille reste optimiste : «elles sont seulement trois aujourd’hui, mais seront peut-être cinq demain, et en voyant cela, d’autres viendront».

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