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Pascal Lamy : Le Sahara occidental est un «cas rare où la politique coupe l’économie»

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Pascal Lamy, ex-directeur de l'OMC. / Ph. DR

Le conflit du Sahara occidental est un «cas, rare (…) où la politique coupe l’économie», a estimé vendredi Pascal Lamy, ex-directeur de l’Organisation mondiale du commerce. Dans une interview accordée à Tout sur l’Algérie, l’ancien parton de l’organisation internationale a évoqué le conflit du Sahara occidental. «Pour autant, quand je regarde avec mes yeux de géo-économiste le problème du Sahara occidental, je ne le comprends pas, c’est invraisemblable», a-t-il estimé.

«Quand vous regardez l’affaire du Sahara occidental, cette idée que l’Algérie a besoin d’un accès à l’atlantique est une idée héritée de la France coloniale.»

L’ancien directeur de l’OMC a aussi estimé qu’entre le Maroc et l’Algérie, «c’est une question de logiciel, de culture, qui a mené les deux pays sur deux chemins différents». «Le Maroc n’a pas de rente énergétique, ce qui, d’un certain point de vue, lui a bien servi. C’est un pays relativement stable sur le plan politique même s’il y a des tensions, mais aucune de ces tensions n’a dégénéré en déflagration comme en Algérie», commente-t-il.

Pascal Lamy rappelle ensuite que le Maroc a développé «pas à pas» une approche stratégique «faite de géo-économie, d’ouverture, et de géopolitique, au Nord européen et au Sud africain».

«Faute d’intégration maghrébine, il (le Maroc, ndlr) mise désormais sur une intégration en Afrique subsaharienne, comme en témoigne sa demande d’adhésion à la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ndlr))», dit-il en soulignant la «symétrie avec la Tunisie qui demande son adhésion à la COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe, ndlr)». «Un jour, il faudra que l’Algérie entre dans le monde d’aujourd’hui», conclut-il.

1 commentaire
LePatriote
Date : le 01 mai 2017 à 12h37
Le 21 décembre 2016,sous prétexte d'invalider l'aspect des accords d'association et de libre échange Maroc-UE relatif à leur applicabilité sur une partie pourtant "effective" du sud du territoire marocain-le critère de l’effectivité étant dominant en droit international régissant la souveraineté des Etats-et en statuant"en dernier ressort" sur la "non appartenance" au Maroc de ses provinces sahariennes colonisées pendant 90 années par l’Espagne et restituées au Maroc suivant les accords de Madrid de 1975 à l'instar de l'enclave d'Ifni récupérée en 1960 selon le même procédé , la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)s’est permis de se positionner dans un conflit : -de nature purement politique et non pas juridique -ne relevant pas de ses attributions mais -dont l'objet doit être d'abord examiné et faire matière d'une décision ad hoc rendue exécutoire des organes compétents des nations unies qui en sont saisis avant de produire tous ses effets juridiques à l’égard des parties concernées et des tiers. . En agissant de la sorte , la CJUE fait fi et foule aux pieds le principe fondamental de séparation des pouvoirs.
charmeur de serpent
Date : le 29 avril 2017 à 13h33
Mon passage préféré de l'interview de Pascal Lamy est : «Un jour, il faudra que l’Algérie entre dans le monde d’aujourd’hui»
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