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Pascal Lamy : Le Sahara occidental est un «cas rare où la politique coupe l’économie»

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Pascal Lamy, ex-directeur de l'OMC. / Ph. DR

Le conflit du Sahara occidental est un «cas, rare (…) où la politique coupe l’économie», a estimé vendredi Pascal Lamy, ex-directeur de l’Organisation mondiale du commerce. Dans une interview accordée à Tout sur l’Algérie, l’ancien parton de l’organisation internationale a évoqué le conflit du Sahara occidental. «Pour autant, quand je regarde avec mes yeux de géo-économiste le problème du Sahara occidental, je ne le comprends pas, c’est invraisemblable», a-t-il estimé.

«Quand vous regardez l’affaire du Sahara occidental, cette idée que l’Algérie a besoin d’un accès à l’atlantique est une idée héritée de la France coloniale.»

L’ancien directeur de l’OMC a aussi estimé qu’entre le Maroc et l’Algérie, «c’est une question de logiciel, de culture, qui a mené les deux pays sur deux chemins différents». «Le Maroc n’a pas de rente énergétique, ce qui, d’un certain point de vue, lui a bien servi. C’est un pays relativement stable sur le plan politique même s’il y a des tensions, mais aucune de ces tensions n’a dégénéré en déflagration comme en Algérie», commente-t-il.

Pascal Lamy rappelle ensuite que le Maroc a développé «pas à pas» une approche stratégique «faite de géo-économie, d’ouverture, et de géopolitique, au Nord européen et au Sud africain».

«Faute d’intégration maghrébine, il (le Maroc, ndlr) mise désormais sur une intégration en Afrique subsaharienne, comme en témoigne sa demande d’adhésion à la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ndlr))», dit-il en soulignant la «symétrie avec la Tunisie qui demande son adhésion à la COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe, ndlr)». «Un jour, il faudra que l’Algérie entre dans le monde d’aujourd’hui», conclut-il.

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