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Politique Publié

Maroc : Une association maghrébine demande à l’Etat d’accorder l’autonomie aux Amazighs

L’Assemblée mondiale amazighe demande à l’Etat marocain d’accorder une autonomie aux régions amazighes. Une demande vieille de plus de dix ans qui fut au cœur des revendications d’acteurs associatifs au Souss et au Rif.

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Le drapeau amazigh. / Ph. Tifsa Press

La célébration, dans quelques jours, du 6e anniversaire des marches du Mouvement du 20 février est l'occasion pour certaines ONG d’actualiser leurs cahiers revendicatifs. L’Assemblée mondiale amazighe (AMA) en fait partie. Surfant sur la vague de la contestation sociale que connaît le Rif, tout particulièrement la ville d’Al Hoceima depuis le décès de Mohcine Fikri, l’AMA a remis en selle une vieille demande du tissu associatif berbérophone au Maroc qui remonté à 2007, à savoir l’autonomie.

L’Assemblée appelle ouvertement l’Etat marocain à réviser le projet de régionalisation avancée, en vigueur depuis septembre 2015, par un autre accordant aux régions les pleins pouvoirs notamment sur les «ressources naturelles», et qui «prend en considérations les spécificités culturelles et historiques» de chaque zone.

Pour l’AMA, créée en 2009 à Bruxelles suite à une scission avec le Congrès mondial amazigh, l’autonomie est la solution idoine à même d’apaiser les relations parfois tendues entre les zones berbères et le pouvoir central.

L’appel à l’autonomie du Souss et du Rif lancé il y a dix ans

L’appel à l’autonomie de certaines provinces amazighes ne date pas d’aujourd’hui. Quelques mois après la présentation officielle du Maroc au Conseil de sécurité de son plan de paix au Sahara occidental, en mars 2007, une trentaine d’associations se sont réunies en juillet à Agadir pour réclamer que le Souss bénéficie du même traitement.

Les signataires de la Déclaration considèrent que le territoire du «Grand Souss s’étend de Tansift au nord jusqu’à l’oued Draâ au sud ; et de l’océan Atlantique à l’ouest jusqu’à la frontière algérienne à l’Est». Le tout, précisent-ils, s’inscrit «dans le cadre d’un Maroc fédéral et démocratique». Un comité de suivi composé de six personnes a été constitué à l’issue de la réunion. Depuis, la fameuse Déclaration a disparu graduellement des radars de l’actualité.

Après le Souss, des Rifains en conclave les 4 et 5 août 2007 à Nador à l’occasion d’un colloque international sur «[les] fédéralismes et [les] autonomies dans le monde et au Maroc», avaient lancé le Mouvement pour l’autonomie du Rif. Eux aussi parlaient du «Grand Rif» qui «recouvre tout le nord du Maroc et va de l’Atlantique jusqu’à la frontière algérienne, bordé au nord par la Méditerranée et au sud par la chaîne montagneuse du Rif». Par la suite, ce Mouvement a commencé à céder du terrain au profit d’un autre groupement séparatiste basé aux Pays-Bas, le «Mouvement du 18 septembre».

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