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Société Publié

Genève : Les familles espagnoles de trois filles saharouies déposent des plaintes contre le Polisario

Trois familles espagnoles qui accusent les dirigeants du Front Polisario d’emprisonner leurs filles adoptives et de les empêcher de regagner l’Espagne viennent de porter plainte auprès du Haut-commissariat aux droits de l’homme à Genève.

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Les familles Contreras Calvo, Campillo Manaokel et Hernandez Deniz viennent de porter plainte contre le Polisario. / Ph. Forastin

Les scandales qui ont éclaté suite aux violations des droits de l’homme dans les camps de Tindouf, en Algérie, refont surface. Ce mercredi, le Forum de soutien aux autonomistes de Tindouf (Forsatin) rapporte que trois familles espagnoles viennent de déposer plainte auprès du Haut-commissariat aux droits de l’homme à Genève. Objectif ? «Dénoncer la détention de leurs filles par les milices du Polisario à Tindouf contre leur volonté», précise le Forsatin dans un communiqué de presse.

Il s’agit, selon cette même source, de Daria M'Barek Selma, Najiba Mohamed Belkacem et Elkouriya Bedbed El Hafed, adoptées très jeunes pas les familles espagnoles Contreras Calvo, Campillo Manaokel et Hernandez Deniz.

Les familles rapportent qu’elles autorisaient fréquemment leurs filles respectives à se rendre dans les camps de Tindouf pour rendre visite à leurs parents biologiques. Elles soutiennent également que les jeunes filles auraient été empêchées de rentrer en Espagne lors de leur dernier séjour dans les camps et que leurs documents d’identité auraient été confisqués.

Multiples lettres et correspondances restées sans réponse

Après avoir fait appel à «tous les moyens de négociation», les familles espagnoles ont décidé de monter au créneau par le biais de trois plaintes déposées auprès du groupe de travail sur la détention arbitraire au Haut-commissariat aux droits de l'homme. Elles veulent faire la lumière sur cette affaire et exhortent le Polisario à s’exprimer sur les multiples lettres et correspondances restées sans réponse.

Elles espèrent aussi que leurs filles bénéficient de la liberté et de leurs droits, sans contrainte ni pression. Les responsables du groupe de travail onusien ont promis d’ouvrir une enquête pour déterminer l’implication des dirigeants du camp de Rabouni et élucider cette affaire, poursuit le Forastin.

Selon cette même source, les trois filles auraient été retenues entre 3 et 6 ans dans les camps de Tindouf, privées de rejoindre leurs familles en Espagne. Cependant, il ne s’agirait pas d’un cas isolé : l’ONG fait état de près de 50 cas similaires de femmes sahraouies qui «souffrent en silence». La même source précise aussi qu’il ne s’agirait pas d’un différend entre les familles espagnoles et sahraouies mais bel et bien d’une «dangereuse problématique humanitaire».

Le Front Polisario et les autorités algériennes ont toujours refusé de recenser les populations des camps de Tindouf. Une situation que pointe régulièrement du doigt le Maroc, évoquant notamment le détournement massif et systématique des aides humanitaires destinées aux Sahraouis des camps en Algérie voisine.

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