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Journée mondiale du cancer : Le dépistage précoce, principal challenge au Maroc

40 000 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués au Maroc chaque année, selon le ministère de la Santé contacté par Yabiladi. La journée mondiale du cancer qui coïncide avec le 4 février est le rendez-vous incontournable pour faire le bilan de cette maladie morbide.

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L'OMS espère mettre en place des programmes de dépistage pour tous à l'horizon 2025. / Ph. Éric Gaillard / Reuters
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Les cancers les plus fréquents chez les femmes au Maroc sont les cancers du sein 36% (49,5 femmes/100 000) et du col utérin 11% (16,3/100 000), selon le Plan national de prévention et de contrôle du cancer 2010-2019.

Chez les hommes, les cancers du poumon 22% (32,8 hommes/100 000), de la prostate 12% (18,8/100 000) et le cancer du Coloréctum 6,7% (10,6/100 000), sont les plus dominants.

Le dépistage précoce, meilleure arme contre le cancer

Le meilleur moyen de combattre le cancer est de le diagnostiquer d’abord. «L’ultime challenge de lutte contre le cancer est de le dépister précocement», assure à Yabiladi Dr Chami, chef de projet de la détection précoce, responsable de la coopération avec l’Afrique et de la lutte contre le tabagisme à la Fondation Lalla Salma de lutte contre le cancer, créée en 2005.

La mise en place du programme sanitaire de dépistage au niveau national a vu la construction de petits centres de diagnostique accessibles à la population pour les cancers les plus fréquents. Avant 2005, 75% des cas diagnostiqués étaient dans un stade avancé du cancer, alors qu'aujourd'hui les malades sont dépistés aux stades 2 et 3.

De plus le dépistage et le diagnostique ne sont pas payants, assure le spécialiste, il faut juste être muni de sa carte RAMED pour assurer le suivi. Le dépistage du cancer du sein se fait tous les deux ans, celui du col de l’utérus tous les trois ans. 18 000 patients des 25 000 pris en charge par le secteur public disposent de la carte RAMED, évoque Dr Chami.

Couvrir les besoins de la population

Dr Chami, affirme à Yabiladi que les centres dont dispose actuellement le Royaume à Rabat, Casablanca, Tanger, Agadir, Oujda, Fès, Marrakech et Meknès répondent aux normes internationales. Trois nouveaux centres sont prévus,  ajoute-t-il.

«Chaque centre prend en charge une population de trois millions d’habitants, ils sont dispatchés», explique le chef de projet. Il ajoute que deux autres sont en cours de construction, à savoir, le centre d’oncologie de Béni Mellal et de Laâyoune, et un autre au CHU d’Oujda sera bientôt prêt.»

Des pôles d’excellence comme ceux de la cancérologie gynéco-mammaire à Rabat et Casablanca s’ajoutent aux centres oncologiques généraux, rappelle Dr Chami. L’oncologie pédiatrique est également traitée par des instituts de santé publiques à Rabat, Casablanca, Marrakech et Fès, les deux derniers étant à moitié prêts.

Traitement gratuit pour les RAMEDistes

L’infrastructure sanitaire d’oncologie humanisée au Maroc dispose de traitements incluant la radiothérapie, la chimiothérapie et la chirurgie, précise le médecin. Concernant la radiothérapie, Dr. Chami déclare que les patients sont traités gratuitement et bénéficient du même traitement qu’au secteur payant. «Avant 2010, seulement 11 000 étaient traités», annonce-t-il.

«Pour chaque 1000 patients, un accélérateur est nécessaire. En 2017, le Maroc dispose de 37 accélérateurs de dernière génération, dont 17 pour le secteur privé et 20 dans le public. Avant 2005, deux seulement existaient.»

Pour la chimiothérapie, un programme d’achat de médicament avec le ministère de la Santé a été mis en place. Tous les RAMEDistes sont pris en charge gratuitement pour les 1ère, 2ème et 3ème lignées souligne-t-il. Le budget est approximativement de 370 millions de dirhams, ses charges sont réparties entre le ministère de la santé, la Fondation Lalla Salma et les CHUs. 

L'une des principales causes du cancer est la faiblesse du système immunitaire, suite notamment à la contraction de divers maladies chroniques. Il faut aussi y ajouter le tabagisme, la mauvaise alimentation, la consommation excessive d'alcool et l'environnement. La connaissance des causes du cancer permet ainsi aux médecins de réduire le nombre de cas d'un tiers annuellement, sans oublier les bénéfices d'un diagnostic précoce des tumeurs qui permettent un rétablissement complet du patient. (MAP)

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