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Société Publié

Portrait de Saida Kouzzi, activiste marocaine parcourant le monde pour défendre le droit des femmes

Saida Kouzzi milite depuis de nombreuses années pour le droit des femmes dans le monde. La Marocaine a parcouru le monde pour défendre cette cause. Portrait d'une militante déterminée.

Temps de lecture: 2'
Saida Kouzzi, associée fondatrice de l'association MRA à Washington. / Ph. Saida Kouzzi

Le 21 janvier dernier, avait lieu la «Marche des femmes» à Washington (Etats-Unis) : des centaines de milliers de femmes ont défilé dans les rues vers le centre de la capitale pour dénoncer l’investiture de Donald Trump, un président aux propos machistes et misogynes. Saida Kouzzi, activiste marocaine basée à Rabat y a participé. Cette dernière a dédié sa vie au combat pour le droit des femmes. Elle a parcouru le monde pour défendre cette cause chère à son cœur.

«J’ai commencé très jeune. Quand j’étais à Ouezzane je travaillais avec les différentes associations locales pour la cause de l’enfant. Je n’ai plus arrêté depuis», explique la Marocaine de 46 ans. Juriste de formation, elle a fait ses armes à l’université Mohammed V à Rabat, avec pour spécialité les sciences politiques. Très engagée, la militante devient membre de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), au bureau de Rabat.

«Je voulais créer le changement»

A travers son activisme, elle apprend les ficelles du métier. «J’étais dans le comité national central de l’association. C’est à ce moment-là que je commençais à différencier les droits humains en général, et ceux pour les femmes. Suite à cette expérience, j’ai su que je voulais me focaliser sur les droits humains de la femme», informe Saida Kouzzi à Yabiladi. «Je voulais créer le changement», ajoute-t-elle.

En 2000, la native de Ouezzane rencontre Stephanie Willman, une Américaine installée à Rabat pour le compte d’une ONG internationale qui n’existe plus de nos jours. Les deux militantes travaillent côte à côte depuis. Leur relation de travail se transforme en une amitié. Elles décident de se lancer en créant une ONG indépendante en 2013, inscrite à Paris, mais basée à Rabat : association MRA (Mobilising for rights associates).

«Saida est très engagée, elle a dédié sa vie à la cause des droits humains de la femme. C’est une femme à l’intelligence acérée, surtout en politique. Elle a une capacité accrue d’analyse des situations», décrit Stephanie Willman. «C’est une femme très loyale, pétillante et pleine d’énergie», ajoute-t-elle.

«Je considère que c’est pas moi qui importe, mais plutôt les actions que je mène»

Modeste, Saida Kouzzi nous dit d’emblée :«Je n’aime pas parler de moi parce que je considère que c’est pas moi qui importe, mais plutôt les actions que je mène». En insistant, la native de Ouezzane raconte ses pérégrinations à travers le monde :

«J’ai eu de la chance puisque l’ONG où je travaille me permet de voyager partout dans le monde et de connaître les droits humains des différents pays.»

«Je suis allée en Afghanistan, pour travailler avec un groupe de femmes à développer le code de la famille. J’ai partagé l’expérience du Maroc dans ce domaine», se remémore la juriste. La Malaysie pour «travailler sur les contrats de mariage, que ce document deviennent une garantie des droits des femmes pendant le mariage, mais aussi dans le cas de litiges» dit-elle. «En Egypte, j’ai travaillé pour la cause des mères célibataires, je cherchais a établir des stratégies pour que les enfants puissent avoir les documents avec une reconnaissance parentale, mais aussi légale», précise Saida Kouzzi. Les pays avec lesquels la Marocaine a travaillé le plus sont l’Algérie et la Tunisie. Elle explique que c’est plus sur du long terme, une certaine continuité est assurée avec les ONG locales, tout en renforçant les capacités de ces organismes.

Le fait d’avoir participé à la «Marche des Femmes» à Washington a redonné du souffle à Saida Kouzzi : «Ça m’a inspirée et m’a donné de l’espoir. Je suis convaincue et confiante plus que jamais dans ce que je fais. Même si ça ne donne pas de résultats dans l’immédiat, le but c’est d’atteindre le changement social. Et ça demande du temps.»

Saida Kouzzi (à droite), accompagnée de Stephanie Willman lors de la «Marche des femmes» à Washington. / Ph. Saida Kouzzi

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