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Politique Publié

Elections législatives : Anfass Démocratique lance un programme alternatif, une boite à idées pour les partis

Il dénonçait lundi dernier «les accusations politiques graves» au sujet des élections et «qui ne rassurent pas l’électeur» au lendemain du rendez-vous électoral ainsi que «l’opportunisme» et «l’absurdité politique» dans le changement d’affiliation qui concernent désormais des chefs de partis et des ministres. Le Mouvement Anfass démocratique vient d’élaborer un programme politique alternatif, chiffré et avec des mesures concrètes, dans lequel il propose 91 préconisations. Le point sur les mesures phares de ce programme.

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Photo d'illustration. /DR

Face aux programmes politiques présentés la semaine dernière par les principales formations participantes aux élections législatives du 7 octobre, le mouvement Anfass démocratique, qui se définit comme mouvement politique de gauche, vient de publier un programme alternatif. L’objectif étant de mettre à la disposition du citoyen de la «data pour pouvoir comparer les programmes politiques». Le document, intitulé «ce Maroc que nous voulons, nous le construisons ensemble à gauche !», propose 91 mesures dans le cadre de 11 secteurs clés définis par Anfass démocratique. Pour l’emploi et la formation, le mouvement estime que «les politiques publiques doivent œuvrer par tous les moyens à créer un climat économique propice à la création permanente d’emploi et la résorption du chômage ».

Réduction de la durée hebdomadaire de travail à 40 heures

Pour se faire, Anfass démocratique propose la création annuelle, dans la fonction publique, de 50.000 postes d’emplois pour satisfaire les besoins prioritaires «contrairement aux recommandations des institutions financières internationales répandant le néo-libéralisme ». Il propose aussi la réduction des heures travaillées de 44h à 40h par semaine dans le but de créer 90.000 emplois dans la seule fonction publique et un total de 300.000 emplois et la mise en place un système transparent de redéploiement productif de la masse des fonctionnaires de l’Etat en prenant en considération les besoins des régions, la compétence des ressources humaines ou encore la performance. Le mouvement suggère, entre autres, de renforcer et améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi, de faciliter la reconversion vers les métiers d’avenir, et de mettre en place d’un dispositif pour améliorer l’adéquation de la formation et le développement des compétences.

Pour le secteur Economie et Finances, Anfass démocratique plaide pour «une politique des possibles qui interroge les potentialités du Maroc, cherche à les développer et doter le Maroc d’une ambition qui le place sur un chemin d’émergence socio-économique ». Pour cela, le document propose d’augmenter les recettes fiscales et les cotisations sociales de 10% du PIB au bout du quinquennat, afin d’accompagner l’investissement dans les infrastructures, les secteurs sociaux et la culture. Il préconise un «investissement public massif dans les infrastructures », pour notamment le désenclavement des régions reculées à travers de nouvelles liaisons ferroviaires, des nouvelles autoroutes et routes nationales, en consolidant les ports nationaux pour encourager les échanges et en renforçant les capacités des aéroports.

Le mouvement propose d’instaurer des contrats programmes entre l’Etat et les régions pour réaliser 5% de croissance de PIB régional contre investissement de l’Etat dans l’infrastructure régionale, d’installer un impôt sur la fortune et la succession et une fiscalité de ménages et de réserver 30% des achats de l’Etat et entreprises publiques aux PME et coopératives. Il veut également rendre le SMIC universel à 4 000 dirhams par mois.

Abaisser la part supportée par les ménages dans la santé

S’agissant des droits humains, Anafass propose de supprimer les articles liberticides et des peines privatives de liberté dans le cadre d’une réforme du code pénal et celui de la presse. Le mouvement veut aussi renforcer les mesures garantissant la liberté de culte et les libertés individuelles et veut abolir la peine de mort par le biais d’une proposition de loi. Autres mesures : intégrer le processus IER dans les manuels scolaires, réformer de la loi 02-03 relative à l'immigration et l’asile pour garantir aux immigrés un accès aux services sociaux de bases, dans la dignité et dans le respect de la loi et annexer les services gérant l’Initiative nationale du développement humain (INDH) au département ministériel de gestion des affaires sociales.

Pour que la solidarité soit «au cœur du projet de société du Maroc avec une réelle politique de redistribution», le mouvement suggère de rendre universelle la couverture maladie, de réformer les retraites en combinant la réforme paramétrique avec la réforme systémique et de repenser l’éducation et rendre l’école publique au centre du projet de société. Le mouvement politique de gauche veut aussi appliquer une «ristourne fiscale» contre les dépenses de l’enseignement par les ménages et abaisser la part supportée par les ménages dans les dépenses de la santé pour atteindre 30% au cours du quinquennat au lieu 55% actuellement.

Concernant l’environnement, et hormis les propositions législatives, Anfass suggère de s’engager pour le boisement de plus d’un millions d’arbres par an pour régénérer les forêts et dans les zones limitrophes et d’établir un plan d’action urgent pour faire face aux résultats inquiétant des qualités de l’air et de l’eau potable.

Généraliser le quota des personnes en situation de handicap pour l'emplois

Le mouvement s’est aussi intéressé aux questions en rapport avec l’aménagement du territoire et la politique de la ville. Pour le premier domaine, Anfass démocratique propose d’atténuer les disparités entre le milieu urbain et le milieu rural, doter l’ensemble du territoire national d’équipements publics de base, et de rationnaliser l’utilisation du foncier et de lutter contre toute forme de rente. Pour l’habitant, le mouvement évoque une production de 50.000 logements locatifs par an, soit le tiers des logements construits annuellement par l’Etat, une lutte contre la cherté du foncier et la mixité sociale dans les logements en exigeant un minimum de 25% de logements sociaux dans toute opération immobilière dépassant les 100 logements.

Anfass préconise d’associer la société civile et politique dans la mobilisation et la défense des intérêts de la nation à l’échelle internationale suivant un programme et procédures transparents mais aussi l’instauration d’une politique de migration plus humaniste et inclusive. Le mouvement propose une réforme la loi sur l’audiovisuel pour faciliter la mise en place des radios communautaires et radios de proximité et une augmentation du budget de la culture de 0,3% actuellement à 1% à l’horizon 2019 et 2% en 2022.

Pour les personnes à mobilité réduite, une batterie de mesures leur est dédiée dans le document. Le mouvement propose notamment de généraliser le quota réservé aux personnes en situation de handicap pour l'emplois public au secteur privé, d’instaurer une pénalité importante aux structures défaillantes et de mettre en place une allocation parentale pour les parents des enfants en situation de handicap ainsi que pour les adultes.

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