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Culture   Publié

Gad El Maleh : « Faire de l’humour dans une autre langue me révèle des choses sur moi-même »

Installé aux Etats-Unis depuis plusieurs mois avec à son actif des spectacles quotidiens dans une salle new yorkaise, Gad El Maleh entamera une tournée à partir du mois de septembre dans plusieurs villes américaines. L’humoriste franco-marocain se confie à Yabiladi sur ses premiers pas, son expérience d’humoriste anglophone et son contact avec le public américain. Interview. 

Temps de lecture: 4'
Gad El Maleh en tournée en Amérique du Nord / DR

Vous vivez aux Etats unis depuis quelques mois. Comment ça se passe ?

Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un déménagement définitif, mais je compte aller jusqu’au bout de ce projet parce qu’il fallait que je sois présent sur place pour le faire à fond. J’ai vraiment l’impression de vivre un challenge, comme il faut se mettre en synergie totale dans la vie américaine. Je suis donc installé pendant quelques mois à New York où j’ai commencé à faire des shows. C’est vraiment très excitant.

Votre installation aux Etats-Unis est-elle la résultante de ce nouveau défi artistique ou bien c’est justement cette installation qui a donné l’idée de la tournée ?

Je crois qu’il y a un peu des deux. Mais il est question d’un vrai challenge personnel : la peur de ne pas pouvoir se renouveler un jour et de me lasser de moi-même. En fait, j’ai envie d’être excité par ce que je fais. Il y a cette volonté de retrouver l’excitation et l’enthousiasme du début. Je n’ai pas totalement perdu mais quand-même, quoi qu’on dise, on s’estompe avec ses années et avec l’habitude. C’est comme un couple, comme n’importe quel métier, à un moment donné, il faut trouver une manière de lui redonner un petit boost. Là, le fait de recommencer à zéro est une sorte de renaissance, et c’est justement à New York que je repars de zéro. Je suis complètement anonyme : personne ne m’accompagne au théâtre, j’y vais à pied et il n’y a pas de fans à la sortie. Et je ne gagne pas d’argent (rires).

Vous avez commencé vos premiers sketchs aux Etats-Unis au Joe's Pub, qui est une petite salle. En plus d’aller à la rencontre d’un nouveau public et donc d’une nouvelle culture, l’idée est de faire de l’humour dans une autre langue, ce qui n’était pas le cas au Canada et en France, puisque vous étiez francophone…

Oui, complètement. Encore une fois, il y a la nouveauté mais il y a aussi le fait que faire de l’humour dans une autre langue te révèle des choses sur toi-même et te permet d’expérimenter de nouvelles sensations. Un jour une amie m’a dit : ‘‘ce que tu es en train de faire, c’est comme si tu séduisais une femme qui ne sait pas que tu es connu ailleurs, ou que tu as de l’argent ou du pouvoir. Bref, une femme qui t’aime pour toi-même. Les Américains rient de tes blagues parce qu’ils te trouvent drôle et ne savent rien sur toi’’.

Dans vos précédents spectacles et notamment le passage du Canada vers la France, où vous êtes devenu célèbre, vous insistiez sur le décalage culturel. Allez-vous aborder cette même question, notamment par rapport aux cultures française et marocaine pour montrer qu’on peut justement rire de ces bizarreries ?

Oui complètement, parce que je regarde l’Amérique travers les yeux de quelqu’un qui découvre et à travers un filtre qui est celui de mon background à moi, c’est-à-dire de mes origines marocaines et de toutes les années que j’ai passées en France et au Canada où j’avais déjà été en contact avec l’Amérique du Nord. Le public américain m’étonne beaucoup. J’avais l’impression que les références internationales allaient les faire plus rire que celles françaises, mais parfois je suis très surpris du rire que j’entends dans la salle sur des choses dont ils n’ont jamais entendu parler et qui sont des blagues sur mes origines par exemple, quand je raconte des choses sur le Maroc, le décalage culturel, sur ma vision, l’éducation des parents.

Je parlais par exemple du manque de communication des pères marocains avec beaucoup d’humour et de tendresse. On a reçu beaucoup d’amour mais les mots n’étaient pas là. Les Américains étaient morts de rire parce que quelque part, c’est universel, même pour ceux qui ne connaissent pas le Maroc. Ils ont pas mal d’autodérision. Il y a aussi des Américains qui ne connaissent pas trop la géographie donc je rigole là-dessus et j’essaie de rester le plus authentique possible.

Aujourd’hui, ce qui est formidable c’est que j’ai vingt ans d’expériences donc je suis ancien, mais je suis tout nouveau aux Etats-Unis. Ce mélange des deux me donne du plaisir. Bien sûr j’ai le trac, je doute, mail il n’y a plus cette même peur des débuts. C’est un vrai bonheur de monter tous les soirs sur scène en anglais.

Comment se prépare-t-on pour une tournée d’une dizaine de jours, allant de Washington à Los Angeles et passant par deux villes canadiennes ?

Avant, je ne me préparais pas physiquement mais quand tu prends de l’âge, tu es obligé. Déjà, New York est une ville où tu peux marcher énormément. Moi j’ai grandi à Casablanca et j’ai marché toute ma vie. J’ai tout fait à pied et j’adorais marcher. Je ne sais pas pourquoi (rires). Avec mes copains, on allait à la piscine, à la plage, au cinéma, à l’école à pied. On a tout fait à pied. C’est comme ça que j’ai commencé à avoir beaucoup d’inspiration. Ca m’a vraiment marqué, ça m’a formé et a forgé mon regard. Je marchais et j’observais. La marche aujourd’hui est devenue une activité physique. J’essaie de courir un peu et de faire du sport parce que si ne t’en fais pas aujourd’hui, c’est difficile.

Espérez-vous retrouver vos compatriotes marocains et français dans le public des différentes villes américaines que vous allez parcourir ?

Ça a été déjà le cas dans des endroits totalement inattendus. J’ai joué à Dallas l’année dernière et dans la salle il y avait des drapeaux marocains. Il y a même des parents marocains qui ont immigré aux Etats-Unis il y a quelques années et ramènent leurs enfants anglophones, arabophones mais très peu francophones. Ils échangent à travers mon show entre générations, leurs valeurs, leur héritage et leur patrimoine culturel. Très souvent, j’ai des témoignages assez touchants de parents marocains qui viennent me voir avec leurs enfants et me disent ‘‘merci d’être venu, parce que nous avons pu montrer, en anglais, ce que nous sommes et d’où nous venons avec humour’’ et ça me touche énormément.

Bien sûr, il y a beaucoup d’expatriés français. Je dois dire qu’il y a quelque chose d’assez étonnant dans les communautés d’expat’ qui s’identifient à mon travail, pas parce que je suis Arménien ou Algérien ou autre, mais parce que c’est l’histoire d’un immigré, d’un voyageur, de quelqu’un qui est décalé. Parfois, j’ai des Arméniens qui me disent ‘‘on se retrouve tellement dans votre show’’ et je me dis ‘‘waouh’’. Il y a une connexion que je réalise comme ça et qui vient du fait que je suis de plus en plus heureux.

Tournée "Oh my Gad" en Amérique du nord

Tournée Gad El Maleh aux Etats-Unis et au Canada

vraiment ? ? ?
Auteur : Oujdaoui.
Date : le 04 août 2016 à 19h33
Mr Mohamed Ezzouak
C'est tout se que vous aviez trouvé comme sujet , vraiment c'est du n'importe quoi , comme dab ? ? ? ? .
Ce genre de sujet ne nous intéressent nullement .
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