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Environnement Publié

Changement climatique au Maroc : Le nombre de cigognes s’est effondré [Interview]

Les cigognes blanches qui venaient nicher chaque printemps au Maroc ont vu leur nombre s’effondrer  de 63% entre 1973 et 2005. Elles sont la preuve vivante et les premières victimes du changement climatique. Abderrahmane Chemlali, président de l’association marocaine de défense des cigognes Aprocib, a expliqué à Yabiladi les dangers qui menacent ces oiseaux.

Temps de lecture: 2'
(DR/cyrilili)

Yabiladi : Par quoi les cigognes blanches sont-elles menacées aujourd’hui au Maroc ?

Abderrahmane Chemlali : Le braconnage soutenu par la mauvaise légende qui veut que la chaire de cigogne blanche soit un remède contre le diabète dans l’Oriental est une menace pour l’espèce. Elles sont également opportunistes et se nourrissent en fonction des facilités qu’elles trouvent. Au Maroc, mais aussi en Espagne, elles meurent fréquemment après avoir ingéré des sacs plastiques qu’elles trouvent dans les dépotoirs, les décharges à ciel ouvert où elles viennent se nourrir. Il faut bien savoir que pour nourrir leurs petits, pendant les 70 jours après leur naissance, les parents doivent leur apporter au total de 130 à 140 kg de viandes. Avec la sécheresse et les décharges, les risques sont très élevés pour les cigognes qui décident de faire leur nid au Maroc. Le changement climatique a eu également un impact sur la population de cigognes blanches qui migre du sud de l’Espagne vers la Mauritanie. Elles deviennent de plus en plus sédentaires, ou plutôt erratiques.

Quel impact a eu le changement climatique sur leur passage au Maroc ?

La migration des cigognes est en mutation, c’est un fait général qui n’est pas propre au Maroc. On a retrouvé les cigognes qui d’ordinaires migrent à travers le détroit du Bosphore jusqu’en Arabie Saoudite où elles ne se rendent normalement jamais. A l’ouest, les cigognes migrent du sud de l’Espagne vers le Maroc et la Mauritanie. Au Maroc, le centre de nidation le plus important se situe au lac de Sidi Boughaba. Certaines continuent aujourd’hui à migrer, mais l’on constate que d’autres stationnent toute l’année au même endroit et abandonne la migration. Elles souffrent des sécheresses de plus en plus fréquentes. Alors qu’elles survenaient très rarement au siècle dernier, elles interviennent aujourd’hui une fois tous les trois ans en moyenne.

Comment a évolué le nombre de cigognes qui font leur nid au Maroc ?

Avant la seconde guerre mondiale, les premiers recensements de la population de cigognes nicheuses comptaient 24 000 couples au Maroc. En 1940, ils n’étaient plus que 12 000. Leur nombre s’est maintenu jusqu’en 1973 où l’on en a recensés 13 500, mais il s’est ensuite effondré. En 1995, seulement 5000 couples nichaient encore au Maroc. A partir de là leur nombre s’est stabilisé. Je pense que le recensement de 2015 devrait indiquer un nombre sensiblement équivalent, situé entre 4000 et 6000 couples, parce que nous observons toujours les mêmes nids aux mêmes endroits.

Vous appartenez à une association, comment valorisez vous le patrimoine que constituent ces cigognes pour le Maroc ?

Je souhaite valoriser l’image de la cigogne pour mieux la protéger. Avec APROCIB nous allons lancer un projet pilote d’un réseau africain des cigognes et d’un réseau des villages africains des cigognes pour promouvoir l’écotourisme. Nous envisageons également la mise en place d’écomusées. Nous espérons sensibiliser des bailleurs de fonds pour mettre en œuvre notre projet qui sera exposé au colloque africain de la cigogne à Saïdia le 11 mai.

2 commentaires
Ce n'ai le réchauffement qui fait fuire les cigognes
Auteur : Kouider de ZAIO
Date : le 25 mars 2014 à 21h24
Six millions de marocains ont fui le Maroc à cause des injustices sociales et économiques et des injustices de la justice corrompu jusqu'à la moelle .

Les cigognes ont beaucoup plus facile pour fuir cette injustice , malgré le beau climat du Maroc .
sédentarisation ?
Auteur : Hamid002
Date : le 23 mars 2014 à 20h39
Bravo pour ce que vous faites pour ce magnifique échassier qui niche le plus souvent sur les minarets.

J'imagine que vous n’êtes pas sans savoir qu'une tentative de sédentarisation de ces volatiles, non dénuée de succès d’ailleurs, a été tentée en Alsace...
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