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Maroc : Le domicile d’Abderrahmane Youssoufi, futur musée accessible au public

Près de cinq mois après le décès du résistant, militant de gauche et ancien Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, ses proches ont documenté l’une de ses dernières volontés. Il a notamment exprimé sont souhait de faire de son domicile privé, à l’avenir, un musée ouvert aux visites.

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Abderrahmane Youssoufi en 1998 / Ph. Blondin - SIPA
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Marie-Hélène Youssoufi, veuve de l’ancien Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, a déposé le testament de son époux défunt auprès du notaire, afin de l’enregistrer et de mettre en œuvre ses dernières volontés. Parmi celles-ci, l’ancien dirigeant de gauche, résistant et défenseur des droits humains a émis le souhait que son appartement à Casablanca devienne un musée, tout en gardant ses meubles, sa bibliothèque, ses documents, ses photos et l’ensemble de ses pièces.

Les vœux de l'ancien Premier ministre ont été enregistrés auprès du notariat en septembre dernier, mais l’information vient d’être rendue publique. Ainsi, le testament prévoit de transférer le domicile à la Fondation nationale des musées, de manière à l’ouvrir au large public et qu’il accueille des visiteurs, à l’image des autres musées du pays. Dans le même document, Abderrahmane Youssoufi a émis le souhait que l’ensemble de sa fortune et héritage matériel, enregistrés à son compte, soient également transférée à l’institution culturelle, après le décès de Marie-Hélène Youssoufi.

Cette dernière occupera encore l’appartement jusqu’à son décès, date à partir de laquelle les souhaits du défunt prendront effet. Contacté par Yabiladi, le président de la FNM, Mehdi Qotbi, indique ne pas encore avoir été informé de l’initiative à titre officiel.

Une leçon politique en temps de polémique sur la retraite parlementaire

L'initiative est d’ores et déjà saluée et relayée par nombre de militant ou de membres de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), à la tête du gouvernement d’alternance de Youssoufi.

Membre du bureau politique de la formation de gauche, Jaouad Chafik s’est félicité de l’initiative, tout en rappelant le timing particulier où elle est connue du public. «Alors que certains se demandent si l’on va "travailler gratos", Abderrahmane Youssoufi nous donne une leçon depuis sa tombe», a écrit le dirigeant sur sa page Facebook, en allusion au débat actuel sur les retraites parlementaires, auxquelles les députés sont nombreux à tenir, particulièrement Driss El Azami El Idrissi.

«Le 8 septembre, Mme Marie-Hélène, épouse du moujahid Abderrahmane Youssoufi, accompagnée des professeurs Abbas Bouderka et Hamza Guedira, s’est rendue au cabinet du notaire Driss Miaj à Casablanca, pour documenter le testament de son mari», a-t-il rappelé, indiquant plus loin que «ce qui appartient à la patrie doit retourner à la partie».

C’est ainsi que Jaouad Chafik considère l’initiative comme «un message fort» qui traduit une nouvelle fois «l’intégrité, la transparence et la sobriété» ayant fait les valeurs quotidiennes du défunt.

A travers l’histoire, des leaders mondiaux de la paix, tels que Nelson Mandela en Afrique du Sud ou Ghandi en Inde, ont fait le testament que leurs domiciles soient ouverts au public après leur décès. Celui de Youssoufi rejoindra les résidences privées des grands dirigeants ayant marqué l’histoire même après leur mort, en enrichissant la mémoire de leurs pays et de l’humanité à travers l’intégration de leurs propriétés aux circuits culturels.

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