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Sport Publié

Le bras de fer avec Rugby Afrique coûte au Maroc son affiliation à World Rugby

Le Maroc perd son affiliation à World Rugby et sa chance de participer au Mondial de 2023, suite à une décision de l'organisation internationale via la commission d’appel de Rugby Afrique. Samir Rhazali, secrétaire général de la FRMR, espère une réaction du ministère des Sports marocain.

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Photo d'illustration. / DR

Le Maroc a perdu, mardi, son affiliation à World Rugby suite à la décision de la commission d’appel de Rugby Afrique, réunie en Afrique du Sud. L’ancien président de la Fédération royale marocaine de Rugby (FRMR), Tahar Boujouala, a été également sanctionné avec cinq ans de suspension, rapporte mardi Rugby RAMA.

Les suspensions prononcées par l’instance africaine restent lourdes. La même source cite ainsi l’«interdiction de participer à toute compétition officielle jusqu’à régularisation de la situation», soit pour «toutes les équipes internationales, masculines, féminines, jeunes, rugby à VII», ou encore la «dissolution du nouveau bureau fédéral» élu en mars 2020.

L’appel de la Fédération marocaine rejeté par Rugby Afrique

World Rugby reproche également à la FRMR ses «faibles dispositions à collaborer à l’enquête». En effet, l’instance critique la «transmission de documents essentiellement rédigés en arabe» et fustige le refus d'accueillir Steph Nel, émissaire de Rugby Afrique, qui s'est déplacé au Maroc pour rencontrer les dirigeants de l’instance sportive marocaine.

Pour Samir Rhazali, secrétaire général de la FRMR, cette décision «émane principalement de Rugby Afrique». Pour lui, la mesure a déjà été prise le soir de la tenue, par la Fédération marocaine, de son assemblée générale de mars dernier. «Ils se sont appuyés sur des faits anciens», nous confie-t-il, rappelant le «rôle» de Nasser Bougja, membre de Rugby Afrique dans cette décision. Pour rappel, condamnée début mars par l’instance africaine, la Fédération marocaine avait interjeté appel. 

«Après avoir fait appel du premier jugement, l’instance africaine nous a demandé des explications», poursuit-il, en ajoutant qu’elle s’est basée sur le règlement intérieur de la Fédération selon lequel le président ne peut pas être élu pour un troisième mandat consécutif. «Tahar Boujouala a été élu au bureau de la Fédération et non pas à la présidence de la FRMR, ce qui ne constitue pas une violation dudit règlement intérieur», précise-t-il.

La FRMR tend la main vers son ministère de tutelle

Le secrétaire général de la FRMR reproche également à Rugby Afrique d'avoir «coupé tous les canaux de communication avec la Fédération marocaine», ignorant ses candidatures pour une formation au profit des arbitres et même l’aide accordée aux fédérations africaines dans le contexte de la pandémie du nouveau coronavirus.

«Nous attendons la réaction du ministère de la Jeunesse et des sports, car il s’agit d’une décision souveraine qui doit être prise. De plus, la commission d’appel de Rugby Afrique n’a été constituée que de deux membres, proches des représentants du Maroc à cette instance, contrairement au règlement qui évoque quatre membres.»

Samir Rhazali

Malgré cette remise en cause par l'organisation continentale et mondiale de l'ovalie, le responsable de la FRMR assure que «le bureau actuel est composé de jeunes hommes qui veulent servir les intérêts des clubs et faire avancer ce sport national», reprochant à «ceux qui veulent parasiter cette mobilisation» d’être «sans lien avec le Rugby national».

Selon lui, «les préparatifs de l'équipe nationale reprendront» comme prévu, car «la Fédération marocaine n’a pas encore reçu de décision de la part de World Rugby». Le Quinze national espère encore jouer son match de qualifications contre la Côte d’Ivoire pour le Mondial 2023 en France. 

«Nous avons la volonté et un ministère des Sports qui décidera», appuie-t-il en rappelant que la dernière assemblée générale de la FRMR a «eu la bénédiction» du ministère ayant dépêché ses représentants pour y assister. «Nous avons tout le potentiel pour faire avancer le rugby mais il y a des ennemis du succès», conclut-il.

A rappeler que la dernière assemblée générale de la Fédération marocaine a été l'epilogue d'un long bras de fer opposant deux familles : les Boujouala (Driss Boujouala ayant succédé à son frère Tahar à la tête de la FRMR), et les Bougja (Rugby Afrique). 

Il y a quatre mois, des anciens membres de la Fédération marocaines ont accusé Nasser Bougja, représentant du Maroc, et Aziz Bougja, président d’honneur de l’instance africaine, de «règlements de compte abjects» suite au différend qui s’est exporté des vestiaires du rugby national vers Rugby Afrique.

Article modifié le 2020.07.01 à 18h33

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