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France comme Etats-Unis : Un «système discriminatoire» de la police visant les minorités

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Un policier contrôle un homme à la Gare du Nord, à Paris, le 30 novembre 2012. / Ph. Fred Dufour - AFP
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Alors que les Etats-Unis sont secoués, depuis plusieurs jours, par une large vague de manifestations après le meurtre de George Floyd, tué lors d’un contrôle policier, les jeunes issus de l’immigration en France souffrent aussi d’un «système discriminatoire» de la police.

Dans ses conclusions publiée le 12 mai et révélées par Mediapart mardi, le Défenseur des droits, Jacques Toubon a mis en cause des actes de policiers à l'encontre de jeunes habitants noirs et arabes au 12e arrondissement de Paris, qui se sont déroulés entre 2013 et 2015.

Les faits remontent à décembre 2015, lorsque dix-huit jeunes ont déposé plainte, notamment pour «violences aggravées», «agressions sexuelles aggravées», «séquestrations et arrestations arbitraires» et «discrimination». Agés de 14 à 23 ans, ils dénonçaient alors un «harcèlement systématique» dont ils ont été victimes par une douzaine de policiers du Groupe de soutien des quartiers (GSQ), qui les contrôlaient en permanence et sans motif valable pendant des années.

Des contrôles discriminatoires et abusifs qui «s’accompagnaient de propos racistes, d’agressions physiques et de transferts injustifiés au commissariat», ajoute le média.  Après avoir obtenu, en avril 2018, la condamnation à des peines de prison avec sursis pour violences aggravées de trois policiers (ces derniers ont fait appel), ces mêmes jeunes ont assigné le ministre de l’intérieur et l’agent judiciaire de l’État pour «faute lourde», en l’occurrence des faits de «harcèlement discriminatoire».

Saisi dans le cadre de cette procédure, le Défenseur des droits déplore, dans son rapport, que des opérations de patrouille ont été accompagnées de «palpations, de fouilles et de conduites au commissariat» concernaient toujours les mêmes jeunes d’origine maghrébine et africaine, qualifiés «d’indésirables». «Certains policiers insultent ces mineurs de "sale singe", de "sale Noir", de "chien" ou encore de "babines de pneu"», écrit-il.

Le rapport évoque aussi une violence qui peut parfois être physique, avec des coups de matraque, des coups de poing et parfois même des «palpations dérivant vers des agressions sexuelles».

Dénonçant un «système discriminatoire» plutôt que des cas isolés, Jacques Toubon qui a demandé au juge chargé de cette affaire «d’interroger le ministre de l’intérieur sur la justification de telles violations encouragées» par la hiérarchie policière. 

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