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Société Publié

La fratrie Sebti divisée sur le retour de Nabil au Maroc

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Nabil Sebti est l’aîné d’une famille de trois enfants. Alors qu’il vient de quitter la France pour rentrer définitivement au Maroc, son frère Hakim, âgé de 22 ans est actuellement en troisième année en faculté d’économie à Paris et la dernière, Kenza, 19 ans, est en première année de droit à Nice. La fratrie est extrêmement solidaire mais Hakim et Kenza n’ont pas fait le même choix que Nabil.

 Hakim Sebti a quitté son école de commerce

 «Quand vous êtes dans une école de commerce en France, on vous répète sans cesse que vous avez 98% de chances de trouver du travail à la fin de vos études mais au final on n’a rien. C’est de la publicité mensongère !», lance Hakim. Le jeune homme raconte que lui aussi a fait une année dans une grande école de commerce mais qu’il a été déçu du manque de soutien de la direction de l’établissement au Collectif du 31 mai. Il a donc préféré quitter cette grande école pour s’inscrire à l’Université.

«En ce qui me concerne, je cherche à quitter la France pour de bon pour étudier dans un autre pays comme la Belgique ou l’Angleterre. Ma vie ne se construira pas dans ce pays. Je suis en train de négocier cela avec mes parents mais je dois valider avant tout cette année universitaire. Ca me fait de la peine pour mon frère de le voir quitter la France mais j’espère qu’il trouvera sa voix au Maroc», ajoute-t-il. Le plus difficile pour Hakim, est d’avoir perdu la présence et le soutien de Nabil à ses côtés. Néanmoins, les deux frères se parlent régulièrement au téléphone. A l’instar de Nabil, Hakim confie que lui-même n’aurait pas accepté cette situation et qu’il serait certainement rentré au Maroc.

 Kenza Sebti ne comprend pas son «sacrifice»

 Du côté de la ville de Nice, Kenza Sebti se dit très fière de son grand frère et impressionnée par la cause qu’il a défendu jusqu’au bout. C’est la première année de Kenza en France et malgré le retour précipité de son frère au Maroc, elle ne tire pas, pour autant, un trait sur la France, pays où elle souhaite poursuivre ses études pour le moment. «Mon projet d’études n’est pas encore tracé. Je suis en colère par rapport à ce qui arrive à ces étudiants étrangers mais pas assez révoltée au point d’en faire une affaire personnelle. Peut-être que je comprendrais plus tard», explique-elle timidement.

 Kenza n’a pas eu l’opportunité de discuter avec Nabil du choix de son retour, certainement par pudeur, Nabil ayant 7 ans de plus qu’elle. Pourtant, ce choix, elle ne le comprend pas. «Je ne trouve pas qu’il ait fait un bon choix. C’est par fierté qu’il a décidé de rentrer. Il aurait pu rester en France ne serait-ce que pour sa carrière. C’est bien d’être militant et de défendre ses convictions mais il faut penser aussi à soi, on ne se sacrifie pas pour une cause. Mais ce qui est sûr c’est que je ne me serais pas permis de lui dire ce que je pensais. C’est difficile d’avoir ce genre de conversation avec lui. Il ne l’a pas entamé, je trouvais difficile de le faire», conclut-elle.

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