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Le Maroc menace la Turquie de rompre l’accord de libre-échange

En 2018, le gouvernement avait décidé, au grand dam du PJD, la levée des exonérations sur les produits de textile de la Turquie. Actuellement, Rabat se prépare à entamer une nouvelle phase, menaçant Ankara de rompre l’accord de libre-échange, à la veille de la visite de la ministre turque du Commerce au royaume.

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Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique. / DR
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Le Maroc hausse le ton contre la Turquie. Lundi 13 janvier à la Chambre des représentants, le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique a menacé de rompre l’accord de libre-échange avec le pays de Recep Tayyip Erdogan, conclu en 2006.

Moulay Hafid Elamay a expliqué que l’économie marocaine perd chaque année 2 milliards de dollars de l’ALE avec la Turquie. Le secteur des textiles est la principale victime de cet accord, a précisé le ministre.

«Aujourd'hui, nous avons un déficit de la balance commerciale (…) Et nous avons un grave problème avec la Turquie. Les produits textiles en provenance de ce pays achèvent des postes d’emplois au Maroc», a-t-il expliqué.

Il a annoncé la détermination du royaume à réviser l'ensemble des ALE (56 au total) qui ne bénéficient pas à son économie, mettant essentiellement l’accent sur celle avec la Turquie.

La ministre turque du Commerce attendue ce mercredi à Rabat

Elalamy a informé, par ailleurs, les parlementaires qu’il aura une nouvelle occasion d’aborder, le mercredi 14 janvier à Rabat, avec son homologue turc les revendications du Maroc.

En effet, Ruhsar Pekcan, ministre turque du Commerce, connait parfaitement le dossier sachant qu’elle a déjà rencontré Elamay, fin novembre à Ankara, en marge de la 34e session du Comité permanent de la coopération économique et commerciale de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

Anticipant la prochaine réunion, le ministre marocain a voulu adresser un message, en annonçant la disposition de Rabat à «rompre» l’ALE avec la Turquie en cas désaccord.

L’accord de libre-échange entre Rabat et Ankara a été également sur l’agenda des entretiens, du 12 décembre à Rabat en marge de la cérémonie de commémoration du 50e anniversaire de l'OCI, entre le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et Mevlüt Çavuşoğlu. Celui-ci a reconnu, dans une déclaration à la presse, que la balance commerciale penche plutôt en faveur de son pays. Il avait, d'ailleurs, émis le vœu de voir des échanges commerciaux s’équilibrer.

En 2018, le gouvernement El Othmani avait décrété la réinstauration des droits d’importation sur les produits textile en provenance de la Turquie et qui «inondent», selon certains, le marché marocain. Une mesure applaudie par la majorité des groupes parlementaires et les professionnels de l’Association marocaine de l’industrie et de l’habillement (AMITH) à l’exception du PJD. Les islamistes de la Lampe l’avaient considérée comme une «mesure sélective».

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