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Politique Publié

Insécurité à Tindouf : Madrid a envoyé son ministre de l’Intérieur apaiser la colère à Alger

La recommandation du ministère espagnol des Affaires étrangères d’éviter de se rendre dans les camps de Tindouf n’a pas fait qu’irriter le Polisario, mais aussi l’Algérie. Une colère prise très au sérieux par le gouvernement espagnol au point d’envoyer aujourd’hui son ministre de l’Intérieur.

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Image d'illustration. / DR

Vingt-quatre heures après la recommandation du département des Affaires étrangères aux Espagnols d’éviter de se rendre dans les camps de Tindouf, le ministre de l’Intérieur a effectué une brève visite ce jeudi à Alger.

La question de l’avertissement lancé la veille a été au cœur des entretiens de Fernando Grande-Marlaska avec son homologue algérien, Salaheddine Dahmoune. Et pour cause, le voisin algérien se sent directement visé par l’avertissement lancé par Madrid, sachant qu’il accueille les camps de sahraouis sur son territoire et que la recommandation concerne également ses zones sahariennes limitrophes avec le Mali.

Le responsable a tenté de rassurer son interlocuteur algérien en mettent l’accent sur la coopération des deux pays en matière de lutte contre le terrorisme. Elle est «très étroite» s’est félicité Marlaska dans des déclarations à la presse rapportées par l’agence APS. Et de rappeler que les deux pays avaient fait face à ce fléau de manière «efficace et importante» et «dans le respect de l'Etat de droit», ajoute la même source.

Le ministre espagnol de l’Intérieur a expliqué les motifs de la mise en garde lancée par le département de son collègue Josep Borrell aux touristes. «Il y a une situation de risque, principalement due à la déstabilisation du Mali. Ce qui a amené le gouvernement espagnol à conseiller à ses citoyens de ne pas se rendre dans «une zone d’insécurité».

«Une menace réelle», affirme la ministre espagnole de Défense

Si, à Alger, Marlaska a essayé de ménager la susceptibilité de ses hôtes, la ministre espagnole de la Défense n’a pas eu à se plier à cette contrainte. «C’est une menace réelle confirmée par les services de renseignement étrangers opérant dans la région. Le risque d’attaque est imminent contre les citoyens espagnols qui pourraient se rendre dans les camps de Tindouf», a assuré Margarita Robles dans une interview accordée ce jeudi à la radio Cadena Ser et dont des extraits ont été publiés par le média en ligne Info Libre.

La ministre a indiqué que les coopérants espagnols qui travaillent actuellement dans la région ont été informés des menaces pesant sur leur sécurité. «La situation est préoccupante», a-t-elle insisté.

Le même média ajoute que des sources au ministère de la Défense ont confirmé l’existence de «preuves» sur la commission d’«attaques imminentes» dans les camps.

«La situation d’instabilité à l’intérieur des camps inquiète le gouvernement espagnol. Les manifestations y sont fréquentes. Hier, des membres de la tribu d’Oulad Dlim ont pénétré au bureau de Brahim Ghali à Rabouni et organisé un sit-in devant le siège du secrétariat général du Polisario», nous confirme un expert du dossier sahraoui. «Ils protestaient ainsi contre la promesse non-tenue par le même Ghali de libérer un des leurs arrêté dans une affaire de trafic de drogue. Les Espagnols craignent que ce genre de protestation ne dégénère en prise d’otages de ressortissants étrangers», a-t-il ajouté.

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