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Diaspo #90 : Saad El Garrab, porte-voix de l’universalité de la musique

Né et grandi à Casablanca, Saad El Garrab a tracé son chemin dans le monde de la musique à Paris puis à Bruxelles, s’ouvrant à différentes influences musicales qu’il a eu l’art d’allier dans le cadre de son projet artistique en cours. Portrait d’un multi-instrumentiste tombé dans la musique tout petit.

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Saad El Garrab dans son home-studio à Bruxelles / Ph. Saad El Garrab
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Natif de Casablanca, Saad El Garrab s’est destiné rapidement à la musique, avec l’aide de son entourage familial qui l’a initié tôt aux univers de la musique marocaine telle que gnaoua ou le registre des Ghiwane, mais également le jazz et les musiques du monde.

Dès l’âge de dix ans, il accompagne ainsi son père, Rachid El Garrab, sur les routes de cette expérience humaine qui aura marqué à jamais son parcours de vie, où il a allié avec brio sa carrière d’ingénieur et sa passion pour les instruments auxquels il s’est exercé dans le studio de la maison parentale.

Saad El Guerrab en concert privé à Bruxelles pour son projet solo Saad Keys / Ph. Michel Van RhijnSaad El Garrab en concert privé à Bruxelles pour son projet solo Saad Keys / Ph. Michel Van Rhijn

«Mon père a toujours été un grand passionné de musique, nous confie Saad. Il était pharmacien en parallèle, mais j’ai toujours baigné dans une ambiance artistique où j’étais entouré d’instruments, avec des inspirations jazz, latino, africaines». Grâce à ce melting-pot musical, le musicien s’est forgé au fil des années un univers éclectique. Il apprend d’abord le piano à travers un enseignement classique, mais il maîtrise désormais la percussion, la guitare, la basse et le clavier, qu’il a tous appris en autodidacte.

Une passion pour les sciences autant que pour la musique

«Mes parents ont été conscients que j’aimais aussi mes études scientifiques et le savoir aussi bien que la musique et ils ont donc respecté mon choix d’être sur ces deux fronts à la fois», explique Saad avec fierté.

«Ma mère m’a transmis le goût de la connaissance, mais j’ai baigné parallèlement dans l’atmosphère du festival d’Essaouira depuis sa première édition et j’ai joué depuis plusieurs palettes», se rappelle celui qui dit avoir été marqué par le violoniste marocain Saad El Bouamri, ou encore Prince et Ravi Shankar dont il suivait religieusement les vidéos.

«J’ai pu jouer au Maroc où j’ai été en contact des musiques gnaoua et arabes. Je suis monté sur scène et j’ai beaucoup appris en termes d’improvisation durant les live, de contact avec le public. Lors de mes études en France, j’ai pu passer plusieurs heures dans les salles de musique, ce qui a eu un grand impact sur la suite de mon parcours.»

Saad El Garrab, multi-instrumentise

Saad explique en effet que tout cela l’a grandement aidé aujourd’hui : «Cela m’a apporté une grande dimension spirituelle en faisant de la musique. Aujourd’hui encore, cet ancrage musical marocain m’aide grandement à transmettre des émotions lorsque je suis sur scène ; c’est la meilleure école.»

Saad El Guerrab en concert avec le groupe The Big Huste à Paris / Ph. Vincent Le GallicSaad El Garrab en concert avec le groupe The Big Huste à Paris / Ph. Vincent Le Gallic

Son BAC en poche, il décide de faire des classes préparatoires en France puis une école d’ingénieurs, où il est fasciné par l’acoustique et le son. En gros, il a apprécié «tout ce qu’on [lui] demandait d’apprendre», se plait-il à raconter.

Le musicien se spécialise ensuite dans le management de l’innovation, rejoignant plus tard un cabinet de conseil et un grand groupe industriel. Pendant ses dix années passées à Paris, il fréquente des artistes de jam qui sont devenus des amis, avec qui il a pu jouer sur scène, notamment dans la prestigieuse salle du Trianon. «C’était une période charnière où le fait de côtoyer de grands instrumentistes m’a poussé à me perfectionner», souligne-t-il. Au fur et à mesure, l’instrumentiste collabore avec des groupes musicaux, au sein desquels il fait la première partie de grands artistes funk. 

Une révélation à Bruxelles

Au sein de sa société, Saad El Garrab s’est vu proposer un nouveau poste à Bruxelles. Là-bas, il découvre le festival Brussels electronic marathon qui lui fait connaître des artistes locaux. Il découvre plus largement une scène bruxelloise qui prête à l’expérimentation, lui permettant ainsi de tester son projet solo, Saad Keys. Il nous explique que celui-ci repose sur trois piliers : les musiques du monde, le groove-funk et la musique électronique.

Saad El Guerrab en concert privé à Casablanca / Ph. DRSaad El Garrab en concert privé à Casablanca / Ph. DR

«J’ai profité de mes déplacements professionnels, notamment aux Etats-Unis pour découvrir les villes musicales. Ayant voyagé aussi à Cuba et été professeur de salsa en France, j’ai pu être au contact d'univers musicaux très variés, jusqu’à Tokyo où je me suis produit par exemple, l’occasion de la Fête de la musique», nous raconte-t-il, expliquant que ces voyages aussi riches que variés ont façonné son identité artistique.

«Les voyages ont ce mérite de nous rappeler à quel point la musique est un langage véritablement universel», affirme le musicien. Depuis un an, Saad El Garrab a ainsi pris une retraite pour se recentrer entièrement sur son projet, qu’il fait évoluer actuellement entre le Maroc et l’Europe. De là à songer faire un album, il préfère ne pas précipiter les événements et prendre le temps d’effectuer de nouvelles rencontres artistiques qu’il peut inclure à Saad Keys.

Article modifié le 2019/05/11 à 14h02

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