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Le Maroc aura-t-il une place dans l’«OTAN» arabe voulue par Trump ?

Si pour l’instant, Donald Trump n’a pas encore inscrit le Maroc dans le tour de table de son «Alliance stratégique pour le Moyen-Orient», une adhésion du royaume pourrait le rapprocher de l’actuelle administration à Washington et des dons des monarchies du Golfe.

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Des dirigeants arabes en compagnie de Donald Trump lors d'un sommet organisé par Ryad en mai 2017. / Ph. Times Of Israel

Le président américain s’approprie une idée si chère au prince saoudien : former une «OTAN arabe». Au départ, l’ambition de Mohamed Ben Salmane, exprimée en 2015 en plein guerre du Yémen, était de réunir tous les Etas musulmans sunnites dans une même entité militaire. Ce qu’il a d’ailleurs réussi à réaliser, en novembre 2017, avec l’annonce à Ryad de la naissance d’une «coalition», composée de 41 Etats, destinée à combattre le terrorisme islamiste et l’influence de l’Iran.  

En revanche, Donald Trump a d’autres plans. Il entend réduire au maximum le tour de table de son projet, baptisé «Alliance stratégique pour le Moyen-Orient» (MESA), pour ne comprendre que les six monarchies du Conseil de coopérations du Golfe (Arabie saoudite, Emirats arabes unies, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman) en plus de l’Egypte et la Jordanie.

Pas de place pour le Maroc

Israël pourrait être le 9e membre, non-officiel, de la coalition voulue par Trump. Des considérations politiques et religieuses d’ordre interne empêchent, pour l’instant, l’annonce officielle de la participation de l’armée israélienne dans des opérations militaires aux côtés de pays arabes. Tel-Aviv entretient d’excellentes relations avec la majorité des Etats appelés à prendre part à la MESA. Elle partage, également, avec eux la même méfiance envers l’expansion de l’Iran dans la région.

Quant au Maroc, il n’a pas encore assuré sa place dans le projet du locataire de la Maison blanche. Et pourtant, son adhésion à l’«Alliance stratégique pour le Moyen-Orient», concoctée par Trump, le rapprocherait davantage de Washington et des aides sonnantes financières des pays du CCG.

Des aides ayant enregistré une chute durant les dernières années, suite à la baisse des prix du pétrole. En juin dernier, l’Arabie saoudite, les Emirats et le Koweït avaient accordé un don de 2,5 milliards de dollars à la Jordanie en proie à des protestations sociales, sans compter les pressions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sommant Amman de réduire les dépenses publiques.

Pour le Maroc une pareille somme serait la bienvenue alors que les revendications des citoyens sont pressantes. La réalisation de grands projets sociaux annoncés lors du discours du trône du 29 juillet, tels les Programmes Tayssir et RAMED, ou encore le coût du dialogue social, nécessitent des moyens financiers conséquents.

En octobre prochain, Trump compte réunir à Washington les membres de l’«Alliance stratégique pour le Moyen-Orient». Le Maroc y sera-t-il présent ?

Pour rappel, le 1er mai dernier, Rabat rompait ses relations diplomatiques avec l’Iran

Article modifié le 05.08.2018 à 21h30

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